BU PRINCIPE
GhrétiflOB. Ell«6 oombaltiffent sans reMche les héritiers
des conquérants; puis, à force de travail, de lumières acquises et de patieote énergie, elle» grandirent en richesses, en influence, en pouvoir, et parvinrent h atteindre, parfois môme i dépasser, le niveau de leurs anciens maîtres.
Ces grandes évolutions de la société» depuis les invasions des hordes germaniques jusqu'à la fin du ivm* siècle, se résument dans les deux faits suivants :
V Le développement, chez les races barbares.venues sur notre sol, de l'idée d'une supériorité native du conquérant, du pouvoir souverain du seignenr sur sa terre, source de la féodalité;
SI" La réaction des races indigènes contre cette domination des envahisseorsy réactwn qui, de siècle en siècle, s'est accrue, et a fmi par emporter, en \ 789, les derniers débris du régime féodal.
Avant la France, qu'on le remarque, l'Angleterre .'avait, elle aussi, accompli une révolution : en 1648 et 1688, elle avait oonqoi& la liberté politique, ou plutôt die avait entouré de garanties nouvelles des institutions préexistantes, dont le principe était inscrit dans la grande Charte de 1 21 5, arrachée au roi Jean par les hauts barons coalisés^ Mais cette liberté resta sans sajoonnement, parce qu'elle ne s'adressait pas à l'humanité, et qu'elle avait exclusivement en vue la nation anglam^
La Veance, au contraire, obéissant à son tempéram-*
USA NAfMNALlTÉd. SI
ment sympathique , à une misâon divine d'apostolat homaiiilm, fbrmola, au dâ)ut de sa révoloCiiMit, le symbole des nouvelles croyances sociales et politiques, et, loin de borner sa prédication à son propre territmre, elle proclama, sous le titre de Déclaration des droits de Vhmme et du ràoym, la eluote immortelle des Ubertës humaines.
Comme elle s'adressait à Ihommef le cœur et Tei^rit humain Tentendirein^ et la révoIutioA se répandit Ains le monde.
Nos années» après avoir repoussé l'invasion de TSurope coalisée, portèrent sur le sol étranger et nos prin- ' ^pes et nos kis. Après- une hille gigantesque^ Napo^ léon I*' fut vaincu, et la France épuisée perdit,* une à une, ses conquêtes *, mais, en se retirant, elle laissa chez tentes fes nationis doni ses soldats avaient feulé lé sol, le germe de ses idées; semblable au grand fleuve égyptien, qui, en abandonnant les plaines où stô eaux se sont épanchées, y dépose le limon fécondant d'où surgiront d*aboBdante8 et riches moissons.
Le noble pays dut subir, à son tour, les douîeut^s dé l'invasion. L'empereur abdiqua et partît spontanément pour Texil; Dans te traité deChanmont^ de 1811, les Coalisés se maintinrent, à Tégard de la France, dans les bornes de la justice : ear, en repmiant ded possessions qu'elle avait, depuis peu, ravies aux nations voisines; ils lui laissaient du moins presque tous les* terri-
toircs occupés par les membres de cette grande famille.
L empereur, sorti de Tile d'Elbe, rentra triomphalement à Paris. On connaît cette merveineuse et terrible épopée des cent jours : la marche d'abord rapide et victorieuse de nos armées, mvfie de la défoite sanglante de Waterloo ^ la France envahie et occupée par rétranger.
Animée d'un esprit de vengeance et de crainte (jiii lui fit perdre tout sentiment de. justice, la Coalition arracha A son adversaire vaincde, outre les conquêtes récentes, des provinces que des hens séculaires y tenaient attachées. Tout le territoire â*entre là Meuse et le Rhin, que les monuments de nos origines et la géographie physique proclamât gaulois et français, fut partagé entre la Hollande, la Prusse et les princes de la Confédération germanique ; nos forteresses furent prises ou démantelées, de manière è laisser la route de Paris ouverte à l'ennemi du nord ; la Savoie, c'est-à-dire les sommets et les versants occidentaux des Alpes, furent remis au roi de Piémont, afin que la route de Lyon et du centre fût ouverte à Tennemie de Test ; enfin au sud-est, notre frontière fut reculée jusqu'au Var. Actes d'imprudence aveugle, fautes graves des vainqueurs : car, après une telle mutilation, la France né pouvait plus accepter . honorablement le repos; et, si elle devait, suivant * une parole devenue célèbre S subir les traités de
« M. Thien.
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18l5y les respecter même, c'était en hs dàenUmt.
Mais, il sortit de cette situation, imposée à notre pays, deux fiiits décisifs dans son histoire moderne :
D'une part, il ne cessa jamais d'associer, dans sa pensée, la restauration de la branche aînée des Bourbons aux désastres et aux humiliations de Toccupation étran* gère, et nul ne contestera que ce douloureux souvenir n'ait été une des principales sources de Timpopularité de cette dynastie, Tune des causes les plus actives de la révohition de 1 830.
D'autre part, la France, démembrée et démantelée, fut désormais excitée p§r sa propre condition à soutenir et à répandre, par les voies de la diplomatie et des ar<mes, le principe des nationalités. Elle, qui était, depuis 4 789, le représentant du dogme de la liberté politique et sociale, est devenue, depuis 1815, le champion du droit des peuples à la recouvrance de le^r autonomie.
Puis, à tout prendre, ces sympathies réciproques, cette communauté d'instincts et de sentiments, cette solidarité, qui font reconnaître entre eux les enfants d'une même patrie, et qui tendent incessamment à passer de l'état latent dans la vie extérieure, se confondent avec les aspirations vers la liberté, vers cette souveraineté populaire, qui rend les aggrégations d'hommes ^ maîtresses de leurs propres destinées.
Il ne faut donc pas s'étonner que réclusion de l'esprit d'affranchissement des nations aitsuivi de près le rayôn-
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nea^i^tdes idées foa(]i!vnen(0les de 1 7S9. La révolution ft^AÇdîso ^* pour ainsi dire, le soleil dont la chaleur fécondante a fait germer et fleurir, comme des Heurs naturaiki de notre continenty les nationalités dont les nioLivementsébranlent le vieil édifice européen. Cela fait cojwprendre encore mMSUx pourquoi chacune de nos révolutions politiques a été le signal du révdl^ ou, plus eitactement, de l'explosion nouvelle de la volonté des nations mutilées ou opj^irimées^ qui réplament leur intégrité ou leur délivrance.
Or, à répoque où nous sommes, par ^ite de Télévation progressive Aé& conditions humaines, à raison des communications multipliées et rapides qui se sont éta* bliesratreles divers pays, dans Tatmosphèrede publicité où vivent les sociétés modernes, les groupes qui les composent sont liés oitre eux par une solidarité trop^étroite,. pour {|ue les uns restent longtemps en arrière des autres, et subissent, sans murmurer y un sort plus dur qu9 celui de leurs voisins.
Aussi, voyons-nous les nations victimes d'un morcellementou d'une dominationétrangère, s*agiter au souffle des idées françaises , chercher à conquérir leur indé^ pendance, et à réunir leurs membres dispersés. Par toutes les issues, sous toutes les formes, éclatent leurs protestations contre le joug qui pèse sur elles, les vives tendances vers la patrie d*originc, le retour du rayon au foyer. Et, lorsqu'il se produit un de ces grands mour
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vements d'émancipation^ une de ces crises violentes, dont tes résultats ont besoin d*étre régularisés, c*est par la voie du suffrage universel, cette institution gouvernementale de la démocratie française, que les peuples sont appelés à exprimer leur volonté.
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