‹ Du problème de la misère et de la solution chez les peuples anciens et modernesChapitre 4 sur 82 · CLASSIFICATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION GÉNÉRALE

tiques ou génies^ lesquelles n'étaient pas composées seulement d'hommes du même sang, mais aussi d'hommes liés entre eux par de mutuelles obligations, par le culte d'un héros vénéré, comme l'aïeul commun (sacra genttlta), et par le droit d'hériter les uns des autres, en l'absence d'un testament ou d'héritiers naturels.

Les premiers formaient la bourgeoisie souveraine, la noblesse héréditaire, les citoyens véritables, les patrons ou PATRICIENS.

Les autres étaient des étrangers domiciliés dans la ville, des vaincus transportés à Rome, d*anciens habitants du territoire, des pauvres, tous ceux enfin qui avaient préféré à l'isolement et à une liberté sans garantie la dépendance vis-à-vis des grands et des forts, mais aussi leur protection : c'étaient les clients, colentes, espèces de vassaux liés par foi et hommage envers leurs seigneurs et pères, patres.

A côté de ce peuple des maisons patriciennes qui seul formait l'État, faisait les lois, fournissait des se- «tores au sénat et des chevaliers à l'ordre équestre, qui avait tout : la religion, les droits politiques et privés, les terres, et, dans la foule de ses clients, une armée dévouée; au-dessous, enfin, de cette noblesse, de cette chevalerie, de cette bourgeoisie souveraine, se trouvaient des hommes qui n'étaient ni clients, ni serviteurs, ni membres des gentes ; qui ne pouvaient entrer par mariage légal dans les maisons patriciennes; qui n'avaient ni la puissance paternelle, laquelle dérivait exclusivement du mariage patricien par confarrmlto, ni le droit de tester, ni celui d'<adopter; qui n'intervenaient dans aucune affiiire, et ne prenaient part à aucune délibération; qui restaient, en un mot, en de-

hors de la cité politique comme ils habitaient en de-hors de la cité matérielle, au delà du Pomœrium^ sur les collines qui entouraient le Palatin. Ces hommes, c'étaient les plébéiens, c'était la plèbe, plehs.

Transportés autour de Rome par la conquête, ou attirés par Tasile, les plébéiens vivaient comme sujets du peuple qui lés avait reçus ou forcés d'habiter sur ses terres : étrangers au gouvernement et aux droits de cité; libres pourtant et ayant des propriétés, propriétés qu'ils avaient conservées sur le territoire des villes conquises ou qui leur provenaient des assignations des rois, mais sans connubium ni commercium avec les patriciens ; exerçant des métiers et le petit commerce ; réglant par des juges choisis dans leur sein leurs contestations; ne recevant d'ordres que du roi et combattant dans les rangs de l'armée romaine pour défendre les champs qu'ils cultivaient et la cité à l'abri de laquelle ils avaient bâti leurs cabanes * .

Tels étaient les plébéiens avant le roi Servius Tullius.

Depuis Romulus leur nombre s'était sans cesse accru ; car tous les rois étaient restés fidèles à cette habile politique, d'appeler les vaincus à Rome pour augmenter sa population militaire. Servius, dont la naissance aussi était étrangère et qui redoutait Tinimitié des patriciens, comprit de quel secours serait au roi ce peuple nombreux et opprimé. Il le réunit donc sur l'Aventiu et força l'aristocratie quiri taire à recevoir les étrangers plébéiens comme membres d'une même cité. A ce titre, ils furent appelés, dans la proportion de leur fortune, à délibérer et à voter sur les affaires publiques. Mais

* Duruy, Hùt. des Rom , I, p. i 19-123.

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