LOIS. CONTRE LES MAUVAISES MOEURS. 43S
basse condition, et, s'ils étaient d'une condition plus élevée, on les reléguait dans une île ou bien on les exilait.
Paul nous apprend que celui qui exerçait des violences contre nature envers un homme libre était puni de mort y et que celui qui, volontairement, souffrait cette action infâme était condamné à une amende de la moitié de ses biens, et ne pouvait pas disposer de l'autre moitié par testament ; et lors même que la circonstance aggravante dont parle Paul n'existait pas , l'empereur Constantin établit contre les auteurs de ce crime la peine du glaive , qui fut conservée par Jus-, tinien.
D'après une constitution de Théodose, ils devaient expier leur méfait dans les flammes, et celui qui prétait sa maison pour le commettre subissait la même peine que ceux qui l'avaient commis ^
Voilà la loi !
Mais qu'impuissante était cette barrière pour arrêter le torrent d'infâmes luxures qui débordait de tous côtés!
Nous l'avons vu : en dépit de la loi, les vices les plus honteux corrodaient jusqu'au cœur la société romaine» et toutes les conditions, comme tous les âges, en étaient également infectés ^.
Comme le concubinage, d'ailleuins, la prostitution de soi-même était un acte permis, approuvé, réglementé.
La prostitution n'était autre chose que l'une des formes légales sous lesquelles le droit à l'oisiveté pouvait se manifester librement, à Rome, chez les femmes
> Voy. F. RiTÎère, u6. 5up., et les autorités qa'il cite, p. 105 et 106. * Voy. ci-dessus, p. i05 et sui?., 21i et suiv.
mt mflriëeii Nulle Idi^ en effet, ti'intef disait à la fettiitie, libre de ëoâ torpSi de le donûer ou de le vendre.
Qudtit àti« flllee de <$bndition eerre, comme elles n'ëtaiént pas libres d^ëlles-méme , elles rentraient de droit dans Texploitation oifieielle des plaisirs du peuple*
La prostitution peuplait de celles-ci ses lupanaria* H lui en fallait par milliers; mais elle savait où lee prendre* Elle allait les hsimasser) non pas comme au* jourd'hui, en se cachant danâ \é fange et dans la misère^ tiiail ûtt gt^ild jour> Vot tsii âîain, sur tous les marchés, sûr tous, les t^amps dé bataille. Elle les tratnait de là dans son antre, malgré leurs cris, malgré leurs larmes^ tout au travers des cités» aidée> isoutcnue par les lois, par les magistrats, par les at'mées. Après la défaiM des GimbreS) les femmes offrirent de se rendre, si l'Mi voulait s'engager à respecter leur chasteté^ mais Marins refusa. Qu'aurait dit le peuple souverain si> de cette grande victoirf^, il ne lui était revenu ni des gladiateurs pour ses cirques> ni des femmes et des enfants pour ses lupanars?
Comme à Athën^, nn impdt, impôt honteux I était levé à Rome Eût là pl*oiMitutioni
Établi par Caltglila , cet impôt Se continua sotts «Si successeurs, même sous les empereurs chrétiens^.
Cet impôt, joint à Tobligatiou pour toute iemm^ de condition libre qui voulait se livrer à la prostttutioa d'en faire la déclaration préalable au3L édiles, Mus peine d'amende et dé bannissement^ avait pour but de placer dans lé honte d'uii aveu public le A^ein qui de» vait préserver de sa tache les familles les plus illustres.
^ Voy. Du droit à V&fmBté, p. 148.