‹ Du problème de la misère et de la solution chez les peuples anciens et modernesChapitre 79 sur 82 · INEFFICACITÉ BES MOYENS PRATIQUÉS · texte numérisé non relu

INEFFICACITÉ BES MOYENS PRATIQUÉS

encore que sous la dent du ver rongeur du vice et do la misère y la tête de la société romaine toipba, que resta-t-il du peuple romain?... Un esidavre.

Ce cadavre y encore chaud au cœur, deux grsinds hommes, les deux frères Gracchus, avaient entrepris de le rappeler à la vie par la propriété et le travail * ^ xaaisi la propriété et le travail, devant nécessairement éloigner de renceinte et de la vie oisive de Rome la: vile multitude qu'ils avaient pour but de moraliser, la vile multitude, par horreur du soc et de l'outil, assa»« sinay poufisée par les patnciisnft, Ws deux uoUe» tri^** bons qui voulaient la sauver ^

C^ csMiavre, à leur tour, les empereurs tentèreat dci la galvaniser par l'éleetriçUé de leurs latgeases ; maia ees largesses, en achevant de coirrompre le peuple, firent seulement que les plus, odieux empereurs en fu« rentA#s plus sûmes, les plus respectés^ les plus regrettas ', et que Rome^ jadis la tête des nati<)ns,. re^ta plua que jamais l'aristocratie des populaces.

Gçs largesses, d'aîUeurs^ bornées à une seule vîUe, CftNQSti tuaient un privilège exorbitant, dont avaient k aauâi'ir toutes les autres; car « Rome n'était plus seu* lement dans Rome, »- et le titre de citjpyen: romain était étendu à tous les habitants de l'empire* Or, tandis que la foule pvivil^ée de la vifia éternelle touchait régu-^ lièrenaent la rente de la li^te civile frumeiitaire quo lui avait constituée Céaajr, comme suf^lém^^tt aux tables des censeurs^ le peuple desi provinces», qui en payait les frais, jeûnait de sa propre abondance et se ruinait

* Voy. ci-deg$u9,,p. 322.

* Voy. ci-dessas, p. 328,

* Voy. ci-dessus, p. 365.

de sa propre richesse. De sorte que, en eutrete^ant la paresse 9 c'est-à-dire la misère du peuple oisif auquel elles étaient faites , les largesses des empereurs produisaient la misère du peuple laborieux qui était forcé d'y subvenii*.

Quant au travail que les empereurs avaient pré^ tendu affranchir y cet affranchissement ne fut, pour les travailleurs y qu'un changement de servitude. Sous l'empire^ d'ailleurs^ comme sous la république,, l'industrie romaine s'étant restreinte aux besoiQ& usuels de k famille ou de la cité, l'absence de tout commerce, de tout échange, de toute transaction dei négoce avec les autres peuples, dut frapper de stéri-lîté et d'impuissance les forces productives dont etiei eût pu disposer.

Le commerce agricole lui-même, le commerce des» grains et des subsistances, le seul que fissent les cultivateurs, et qui nourrit l'homme longtemps, finit par lui manquer également, et par lui devenir même une source nouvelle de misère.

. Autrefois les petits cultivateurs nourrissaient Rome ; mais, depuis qu'on y amenait les blé^ d'Afrique, de Sicile et de Sardaigne, cultivés à meilleur compte par des troupeaux d'esclaves, dans des terras plus fertiles, cet immense marché leur était fermé. Ils voyaient donc baisser, par la concurrence des blés étrangers, le produit de leur travail, et, par la concentration des propriétés, la valeur de leur patrimoine. Chez nous, l'équi-* libre se conserve dans les conditions par la diversité des sources de fortune, dont une seule classe ne peut avoir le monopole. Les agriculteurs, les industriels et les commerçants renouvellent sans cesse, par leur concurrence, cette classe moyenne qui est la plusi sûre gar-

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