‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 2)Chapitre 15 sur 76 · Ouvriers esclaves · texte numérisé non relu

Ouvriers esclaves

Deux (ortei : mancipia rutiica, mancipia urbana. — Officiait» et fabrila. — Hommes et femmes. — Leur nombre. — Quelles sources les alimentaient. — Les Mangones, — Condition des ouvriers esclaves préférable à celle des ouvriers libres ; — Malgré le mauvais trailement des maîtres : — Ces mauvais Iruitements étaient l'exception ; — L'intérêt des maîtres en était la mesure. — Le pécule. — Le Code noir des femmes esclaves.

Il résulte de ce qui précède que l'industrie professionnelle se partageait à Rome, sous la république, en deux classes ouvrières bien distinctes : la classe ouvrière libre, l’exception ; la classe ouvrière servile, la règle.

La classe ouvrière servile comprenait : les esclaves publics, servi pubUci, appartenant aux villes ou à l’État, et les esclaves privés, servi privait, appartenant à des particuliers.

Les esclaves des particuliers, ou privés, se divisaient en esclaves ruraux, mancipia rustica, et en esclaves urbains, mancipia urbana, subdivisés en officiales ou esclaves domestiques, et en fabriles ou esclaves ouvriers.

J’ai parlé des mancipia rusiica dans le paragraphe 2 de ce chapitre (ci-dessus page 38); il me reste à parler, dans celui-ci, des mancipia urbana.

Les mancipia urbana embrassaient, dans la modulation indéfiniment variée de la servitude, la gamme

‘ Voy. Du droit à l'oisivété, p. 26t à 308 ; cl ci-après, chap. VI.

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entière des industries et de la domesticité ; c’est dire que les esclaves urbains, ofj^ciales et fabriles, étaient en si grand nombre à Rome que, à la fin de la république, on comptait moitié moins de citoyens que d’esclaves*.

Le travail industriel confié aux esclaves comprenait : l’industrie domestique et de ménage, l’industrie professionnelle et commerciale.

J’ai exposé ailleurs les procédés d’organisation et les conséquences économiques de cette double industrie inutile, dès lors, d’y revenir ici.

J’ajouterai seulement aux documents que j’ai fournis sur la condition des travailleurs esclaves quelques détails nouveaux, qui feront ressortir encore mieux tout ce que le joug de l’esclavage avait de dur pour les épaules condamnées à le porter.

La guerre était le grand réservoir de l’esclavage. En tout temps, les Romains ont vendu comme esclaves leurs prisonniers de guerre. Les mangones ’ les achetaient de la république * ou des soldats auxquels les généraux les avaient donnés comme part de butin ‘, et les revendaient ensuite aux plus offrants, selon le mode et les différences de prix que nous avons indi-

‘ Voy. les développemenis dans lesquels nous sommes entrés h ce sujet : Du droit à l'oisiveté, etc., p. 140 et suiv., 13:2 et suiv., 153 et suiv.

’ Voy. Ibid., p. 203 et suiv., et ci-après, chap. VI.

* Les marchandsd’esolavess’appetaient mangones, maquignons ou es~ claviers {Digest., tit. XVI, Ieg.207). On les appelait aussi trafiquants de chair humaine (Plaut., Captiv., l, 2, vers 29). Ceux qui se livraient à ce trafic étaient les plus méprisés des hommes, indignes même du nom d’hommes (Plaut., Pœnul., prol., vers 89).

» Til.-Liï., 1,17; V,22; VI,4.— Cæs., De bell. gall, III, 16.‘

• Den. d’Hal., IV, 6. — Cæs., De bell. gall., VII, p. 89.

qués dans notre précédent ouvrage *. On ii’épargnait ni les femmes ni les enfants la victoire se faisait ainsi la pourvoyeuse de la servitude.

A défaut de la guerre, la piraterie pourvoyait les marchés d’esclaves.

Hors de la ville dont il était citoyen , l’homme libie devenait la proie légitime des plagiaires qui le volaient. L'homme volé, dans ce cas, était une sorte d’épave appartenant par droit de prise au premier occupant. C’était le droit des gens, en temps de paix. Le seul fait de sa possession valait titre pour le voleur. C’est ainsi que des femmes, des hommes, des enfants de condition libre étaient journellement volés dans les villes et sur les grands chemins : «L’homme, dit Heeren, était alors le principal moyen d’échange; c’était la denrée qui rapportait le plus, parce que le débit en était assuré et l’acquisition facile. » Que d’illustres personnages ainsi tombés en servitude : Platon, Diogène, Térence, Ésope, Phèdre, Gniphon , le maître de Cicéron , et la plupart des grammairiens illustres cités par Suétone !

Ce qu’il y avait dé plus exorbitant dans cette traite des blancs libres, c'est que la loi de la cité ne reconnaissait même plus le citoyen à qui la violence avait ravi la liberté ; il restait, à ses yeux, môme après l’affranchissement , marqué d’une tache indélébile, et s’il voulait recouvrer ses biens et ses droits, il devait rentrer, sans être vu, par le toit de sa maison, ou par la porte secrète de l'impluvium , pour permettre à la loi d’accepter l’excuse de l’absence. L’union même de sa fcinniC remariée en son absence était valable * !

• Du droit à l'oisiveté, p. 149.

’ C{e$., De bell. gatl., III, IG. — Plut., Vie de Caton, 43.

’ Duniy, Hist. des Rom., II, p 100.

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A défaut de la guerre et de la piraterie, ic cuimncrce régulier foiiroissait les marchés d’esclaves. Entouré d’une ceinture de peuples barbares le monde romain trouvait, comme un négrier sur les côtes d’Afrique, une foule de petits chefs qui vendaient leurs prisonniers, au besoin, leurs sujets. Des extrémités de la Gaule, de la Germanie et du pays des Scythes, descendaient incessamment vers les bords de la Méditerranée de longues files de barbares enchaînés, que conduisaient les marchands de Marseille , de Panticapce, de Phanagorée, et de Dioscurias. 11 venait jusqu’à des Bretons. Un peu d’argent, quelques étoffes, des armes, ou des denrées dont on manquait : — en Thrace et en Afrique, du sel ; en Gaule, du vin, — étaient les objets d'échange. Chez les Gaulois, dit Diodore, pour la coupe on a l’échanson*.

Un état contre nature ne se maintient que par des lois contre nature. Pour refouler dans la servitude, e’est-à-dire dans la douleur, souvent dans l’infamie, l’esclave jadis libre, guerrier, même chef, que la guerre avait enchaîné , U fallait une pression d'autant plus forte que la résistance morale était plus énergique. De là, cette dureté pour l’esclave et ces lois de sang qui formaieut le Code noir de l’antiquité. « Point de repos pour l’esclave, » disait Aristote ; « qu’il dorme ou travaille, » disait Caton. Il ne fallait pas qu’il pût penser^.

Pour un délit léger, pour un caprice de maître, l’esclave expirait sous les verges, sur uue croix, écrasé entre deux meules, ou abandonné sur la terre nue, les pieds , les mains, le nez et les lèvres coupés , ou sus-

' Duruy, Hist. des Rom., p. 101.

’ Duruy, ub. sup., p. 103. — Voy. Du droit à l'oisioeté,p. 161,162 et SUIT., el 214.

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pendu en l’air par quatre crochets de fer pour être dévoré tout vivant par les oiseaux de proie. Si, pour venger de longs tourments, un esclave tuait son maître, en f!l-il l'aveu , tous scs compagnons de servitude périssaient dans les tortures. S'ils n’étaient pas ses complices de fait , ils l’étaient d’intention, et, après tout, ils étaient toujours coupables de n’avoir pas défendu leur maître*. Pollion, le favori d’Auguste, faisait jeter tout vivants ses esclaves à ses murènes. Auguste luimême fit mettre en croix un de ses intendants qui avait tué et mangé uue caille de combat*.

Si, pour échapper à ces tortures, aux prisons souterraines, au fouet toujours levé du lorarius, l’esclave se faisait marron , s'il fuyait dans les montagnes, bientôt il y était traqué comme une bête fauve, et vite reconnu à sa tête rasée, à son dos couvert de cicatrices, à ses pieds déchirés par les entraves, et aux marques tracées en fer rouge sur son front. Alors, il expirait sous le bâton, à moins que l’avarice ne le sauvât pour l’envoyer aux mines et au moulin d'où l’on ne sortait guère L’esclave n’avait rien en propre , pas même son fécule, gagné sur le repos et la nourriture que le maître lui donnait, et que le maître pouvait lui reprendre^ ; il n’avait ni femme ni enfant, car il s’accouplait au hasard, et ses petits, comme disait Aristote, apparteuaient au maître de la mère, par l’application des principes sur la propriété des animaux*. Quand il devenait malade, vieux, infirme, on le portait autour du temple

‘ Diiruy, Hisl. des Rom., p. 104.

* Voy. Ibid., p. 161 el 163.

» Voy. Ibid , p. 219 et 233.

* Voy. Du droit à l'oisivelé, p. 217.

* Pellat, Droit privé des Romains, p. 131.

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d’Esculape ; qu'il y guérit ou mouiolt, cela regardait le dieu ' .

Les hommes n’étaieut pas seuls coupables de ces rafiinements, de ces excès de cruauté sur leurs esclaves : les dames romaines eu usaient de même avec leurs servantes.

Jadis, dans les temps vertueux et fortunés de Rome, la femme d’un sénateur, entourée de ses esclaves laborieuses, filait avec elles dans l’alrtum de sa maison mais cet usage disparut avec la simplicité des mœur.*^, et, du temps d’Auguste, on regardait comme une affectation et comme une orgueilleuse humilité que Livie , femme de cet empereur, voulût faire elle-même les vêtements de son mari Une dame romaine avait à peine alors le temps de vérifier, une fois par décade, les comptes de la surveillante de ses esclaves, et de lui donner de nouveaux modèles pour le tourment de ('.es malheureuses ouvrières *.

Malheureuses, en effet! Voici quel était l’emploi de leur journée et la distribution de leur travail :

Dans chaque maison patricienne de quelque importance, il y avait un corps de bâtiment spécial affecté aux femmes esclaves. Ce bâtiment était divisé en plusieurs cellules fort étroites, et en quelques grandes pièces où certains ouvrages se faisaient en commun Dans son savant ouvrage de Sabine, l’Allemand Bœt-

‘ Duruy, II, p. t03.

* Voy. la description qu’Ovide fail de Lucrèce filant au milieu de ses esclaves (Fost., III, v. 741). Voy. aussi Du droit à l'oisiveté, p. 205.

* Suet., Aug., c. 74.— Bcelliger, Matinée d’une dame romaine,

* Bceltiger, ub. sup.

‘ C’étaient les alœ et les celles familiariea don! parle Vitruvc, VI, 4 et tO.

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tiger nous en a fait cette description : « La première pièce est celle des filcmes, où sont aussi les esclaves qui tissent les ëloffes. Nous le reconnaîtrons, avant d’y entrer, aux chants de ces ouvrières diligentes car c’est la distraction favorite de ces infortunées créatures qui travaillent, sans relâche, du matin au soir, pour faire la tâche pénible qu’on leur prescrit. Quelquesunes sont condamnées, pour punition, à faire un travail double de celui des autres. — La pièce à côté était celle destinée aux esclaves qui faisaient des vêtements, vestificœ, et que nous appellerions les couluriéres Une dame romaine n’achetait des marchands étrangers de la Syrie ou d’Alexandrie que les étoffes précieuses. Les esclaves arrangeaient ces étoffes à la taille de leur maîtresse — On passait de là dans la salie des brodeuseï; venait ensuite la pièce où l’on tenait les habillements, vesiiarium. Les esclaves qui en avaient soin s’appelaient vesli'plicœ, c’est-à-dire repasseti$es ou plisseuses *. Quantité de presses, de polissoirs et de coffres étaient disposés dans le vesiiarium pour leur usage *. »

’ Ovide dit : « L’esclave aime h chanter en tournant son fuseau, parce que le chant adoucit les peines » [Eleg., IV, t, 13). — Dans l’Odÿssée, Circé et Calypso chantent en faisant de la toile.

’ Il n’y avait prcsijuu rien U faire aux vêtements des anciens quand ils sortaient du métier. Les manches et les coulures principales du vêtement de dessous étaient les seules choses où l’on eût besoin de mcilre l’aiguille. Les garnitures du bas des vêtements étaient cousues h part.

* On les nommait Sareinatrices ou Sartrices. Il en est question dans les lois romaines comme d'esclaves appartenant aux dernières classes {Digest., XV, 1 ; leg. 27).

* Les anciens aimaient que leurs vêtements fissent beaucoup de plis. Martial, voulant peindre le front ridé d’une vieille femme, dit; « La bordure de ton vêlement n’a pas pins de plis » [Epigr. III, 93, 4).

‘ Sabine ou une Matinée d’une dame romaine, p. 300, notes 16 et 17.

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Rien n égalait la dureté de la niattresse de maison, lorsque, faisant sa ronde dans les ateliers des domestiques, elle trouvait une de ses ouvrières en faute, ou que l'ouvrage commandé n’était pas fait à sa fantaisie.

Mais c’était surtout pendant leur toilette que les dames romaines donnaient l’essor à leurs caprices cruels et sanguinaires. Accoutumées aux combats des gladiateurs et a ceux des animaux de l'amphithéâtre; faites, dès leur enfance, à voir infliger aux esclaves les punitions les plus sanglantes; elles se vengeaient sur celles qui étaient à leur service de toutes les contrariétés qu’elles éprouvaient, des désagréments qu’elles pouvaient avoir essuyés la veille, de tout ce qui n'allait pas à leur volonté. Tout ce qui, dans un moment d’impatience, se trouvait sous la main do leur maltresse, devenait un instrument de punition contre ces pauvres créatures '.

(( Si ta parure ne va pas à ton gré, ne détruis pas avec dépit ce qu’ont fait tes femmes, dit l’auteur de l'Art d’aimer. Que ton esclave n’ait rien à craindre de tes ongles; je hais l’humeur sanguinaire qui lui perce le bras avec des épingles. Elle arrange alors ta tâte en maudissant les cheveux sur lesquels a rejailli son sang*. »

Le même poète, eu louant, dans une de ses Élégies, la chevelure de Corinne, ajoute, comme preuve de sa douceur et de sa bonté, que jamais le sang de la coiffeuse n’a coule par des coups d’épingle ou par des coups de peigne qu'elle lui eût donnés sur le sein ou sur les bras *.

* Boettiger, So6in«, (rad. de 1813, p. 199.

* Ovide, Art d'aimer, 11!, v. 23S-243.

* Ovide, Elégies, 1, v. IA, 13-18.

Martial, dans une de ses Ëpigrammes, parle d’une dame romaine qui jeta un miroir à la tête de sa malheureuse esclave, lui arracha les cheveux, la renversa par terre, l’accabla de coups, uniquement parce qu’une seule mèche de ses cheveux, dans toute sa coiflure, avait échappé à l'unique épingle qui devait la tenir

Les femmes esclaves étaient obligées de paraître entièrement nues jusqu’au sein, pendant la toilette de leur maîtresse et toutes les fois qu’elles approchaient d’elle, afin qu’elles fussent toujours prêtes à recevoir la correction qu’il lui plairait de leur infliger * ; heureuses quand cette correction leur était administrée par leur maîtresse elle-même dans un premier moment de colère; car elles en étaient quittes pour quelques écorchures, pour quelques coups de poing, d’ongles ou de dents’; mais, quand c’était une autre esclave attachée spécialement à cet emploi odieux qui en était chargée la punition était bien plus terrible. Alors, la malheureuse qui s’était rendue coupable d’oubli, de négligence, de maladresse, était saisie sans pitié; on l’attachait au codex immundus ’, ou bien on la suspendait par

’ Martial, Epigr., II, 66.

* Juven., Sot., VU, 473.

* Voy. Burigny sur les esclaves romains dans les iiém. de l'Àead. des inscript. et belles-lettres, l. XXXV, p. 330. — L’esclave X qui sa maîtresse voulait donner un coup sur le visage devait gonfler sa joue et la présenter lui-méme, afin que le soufflet à doigts fermés, eolaphum, fût mieux appliqué. C’est ce qu’on appelait os presbere. Voy. Bœttiger, Sabine, p. 336.

* C’est de ces esclaves que les poële.s latins ont emprunté l’idée de leurs euménides. Voy. Rœltiger, u6. svp., p. 315, note 9.

' Nom donné par Properce (IV, 7, 40) X un bloc pesant et creusé des deux bouts auquel on attachait la coupable, et qui, fixé aux cuis-

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les cheveux au montant d'une porte ou à une colonne ‘ ; là, on la frappait sur le dos avec des courroies de cuir de bœuf (taurea), ou avec des cordes garnies de nœuds ou avec un fouet fait de fil d’archal garni au bout de petites boules de métal jusqu’à ce que la grande dame fit entendre un horrible : « Va-t’en, — £ici*I » Quelques dames romaines faisaient même appeler pour ces exécutions les correcteurs publics, compris sous la dénomination de carntfiees, et qui battaient de verges les criminels condamnés à ce supplice ' . Dans ce cas, elles les payaient à l’année *. — Dans Pétrone, la dame en colère fait faire cette exécution par ses valets de chambi*e, cubicularii

Saint Jean Chrysostôme parle, dans ses Uomtlies, d’une furie domestique de ce genre. «Les passants, dit-il, entendent les emportements de cette femme et les hurlements de ses esclaves; elle les fait déshabiller, les attache au pied de son sofa, et leur donne ellemême de violents coups de fouet »

Ces malheureuses filles, après avoir été battues impitoyablement, devaient montrer à tout le monde leur

ses, lui servail de siège, jour et nuit. Nous apprenons par Juvénal que les jeunes femmes surtout faisaient infliger ce châtiment à celles des esclaves qui avaient eu le bonheur, ou plutèt le malheur, de plaire à leur maître avant son mariage (Sot. II, 57).

‘ Properce, IV, 7, 4.

• Bcetliger, p. 203.

• Voyez-en la gravure dans la Ualinée d’une dame rommne, 4* scène.

• — Donec lassis cœdcniibns Ext

Intonat horrendum... (Juven., VI, 484).

• Voy. Juven., VII, 48S.

• Bœttiger, p. 214, note 2.

’ Pétrone, c. 132.

' Cbrys., Homel., t. XI, p. 112, ed. Montfauc.

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dos couvert de sang, lorsqu’elles accompagnaient leur maîtresse au bain

Comme on le voit, les matrones romaines le disputaient à leurs maris en raflinementsde cruauté, vis-à<-vis des malheureuses créatures que- les hasards de la naissance ou de la guerre avaient rendues leurs esclaves.

Cependant, les actes de barbarie auxquels les maîtres se livraient sur la personne de leurs esclaves, actes que les circonstances et les préjugés du temps pouvaient faire passer pour des rigueurs nécessaires, durent, en grande partie, cesser lorsque les Romains eurent tout vaincu, lorsqu'il n’y eut plus de nation à réduire en servitude, et lorsqu’il fallut, par conséquent, se contenter des esclaves qu’on possédait. Alors la nécessité de conserver ces esclaves fit naturellement adopter à leur égard des habitudes moins cruelles. «L’existence d’un esclave, observe Gibbon, devint un objet plus précieux ; et, quoique son bonheur tint toujours au caractère et à la fortune de celui dont il dépendait, la ciainte n’étouffa plus lu voix de la pitié, et l’intérêt du maître lui dicta des sentiments plus humains. »

Cicéron et Alticus se montrèrent toujours bienveillants envers leurs esclaves. Horace faisait manger les siens avec lui. Un peu plus tard, Columelle recommandait de traiter les esclaves avec douceur, et Sénèque appelait les siens humiles amici, d’humbles amis

Voilà, sans doute, pourquoi si peu d’esclaves désiraieut devenir libres. Liber si sim, meo perido xham,

* Yoy. Huiler, De genio, moribtu et luxu moi Theodosiatû, part. I, r- 107.

’ Voy. Du droit à l'oisiveté, p. 172 et 176.

AFFBAMCBfS.

nune vivo tuo, dit l’esclave de Plaute à son maître Beaucoup qui avaient fui leurs maîtres, uue fois libres, retournaient au même râtelier \

C’est ce qu’explique ou ce qui explique le sentiment du devoir qui lia si fortement l’esclave au maître, et qui enfanta, parmi les esclaves, plus de traits d'affection et do dévouement sublime que la vengeance et la haine n’enfantèrent de rébellion et de meurtres

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