LIBÉRATION DES ESCLAVES
c*est là son lot. Et s'il ne vous obéit pas , faites-le se courber sous le poids des chaînes. Mais vous n'agirez pas ainsi sans causes graves.
u Quant au bon esclave, si vous en avez un qui vous soit fidèle, traitez-le comme votre frère, et qu'il vous soit cher comme votre vie, car c'est au prix de votre vie que la guerre vous l'a livré ^ »
Les Israélites avaient chez eux d'autres esclaves que ceux faits à la guerre. Ceux-ci n'étaient pas des étrangers, des ennemis vaincus; c'étaient des concitoyens, des frères que la misère avait forcés de se vendre à leurs concitoyens, à leurs frères. A proprement parler, ce n'étaient pas des esclaves; ils n'en portaient que le nom, servi» « Si la pauvreté réduit votre frère à se vendre à vous, dit le Lèvitique , vous ne l'opprimerez point en le traitant comme un esclave, mais vous le traiterez comme un mercenaire et un fermier*. »
(( Car , dit Job , celui qui m'a créé dans le sein de ma mère n'a-t-il pas aussi créé celui qui me sert ? Et n'est-ce pas le même Dieu qui nous a formés tous deux*. »
C'étaient donc des serviteurs, des mercenaires, qui aliénaient leur liberté^ et vendaient leurs services, pour un temps.
Ce temps avait été fixé à six années par Moïse, et, dans tous les cas, au retour périodique du jubilé, si la servitude s'était prolongée au-delà de six ans.
Voici ce que porte à ce sujet la loi de Moïse :
« Lorsque votre frère ou votre sœur. Hébreux d'ori-
1 £ccR, XXXin, 25 à 31.
« Levit., XXV, 39, 40.
3 Jo6, XXXI,i5.
gîne, vous ayant été vendus, vous auront servi six ans, vous les rendrez libres la septième année ; et vous ne laisserez pas aller les mains vides celui à qui vous donnerez la liberté, mais vous lui donnerez pour viatique quelque ebose de vos troupeaux, de votre aire et de votre pressoir, parce que ce sont des biens que vous avez reçus de la bénédiction du Seigneur votre Dieu * .
« Si vous acbetez un esclave hébreu, il vous servira pendant six ans, et, au septième, il sortira libre sans vous rien donner. Il s'en ira de chez vous avec le même habit qu'il avait en y entrant ; et si, en entrant à votre service, il avait une femme, elle sortira aussi avec lui. Mais si son maître lui en a fait épouser une qui soit étrangère , et dont il ait eu des fils et des filles , les femmes et les enfants seront à son maître, et pour lui il sortira avec son habit. Que si l'esclave dit : J'aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux point sortir pour être hbre ; son maître le conduira devant les magistrats, et ensuite, l'ayant fait approcher des poteaux de la porte de sa maison, il lui percera l'oreille avec une alêne, et il demeurera son esclave pour toujours^.
« Mais vous sanctifierez la cinquantième année, et vous publierez la liberté générale à tous les habitants, parce que c'est l'année du Jubilé ^
(c II travaillera donc chez vous jusqu'à l'entrée du Jubilé , et il sortira avec ses enfants et retournera à sa famille et à Théritage de ses pères; car ils sont mes esclaves à moi ; c'est moi qui les ai tirés de l'Egypte.
* Deut., XV, 12.
« Exod., XXI, 2.
» Uv., XXV, iO.