HOSPITALITÉ
Ainsi, qu'on ne les vende point comme les autres esclaves*. ))
Gomme on le voit, la condition d'un esclave Israélite, chez les Hébreux, ne différait pas beaucoup de la condition de nos domestiques. Si c'était un pauvre père de famille qui s'engageait pour six ans au service d'un homme riche, la somme qui en était le prix jservait à payer ses dettes ou à faire subsister sa femme et ses enfants en bas âge , lesquels , en attendant, devenaient capables de travailler et de secourir leur père à leur tour. Quelquefois c'était un des enfants qui contractait cet engagement au profit de son père , de sa mère et de ses frères. Ce dévouement avait quelque chose de grand, et ce nouveau genre d'esclavage, loin de ravaler l'homme, l'ennoblissait aux yeux de tous'^..
Hospitalité.
Vertu chère aux Hébreux primitifs. — Mais moins chère aux Israélites. — Ceux-ci, malgré les prescriptions de Moïse, avaient en horreur les gentils, et ne se montraient hospitaliers qu'envers les leurs, ou envers les prosélytes. — Encore n'était-ce pas sans restriction.
Nous avons vu, dans le tome P"* de cet ouvrage, que l'hospitalité était une vertu chère aux Hébreux ^
La dure servitude qu'eux-mêmes avaient endurée en Egypte, pendant les deux cents ans de leur captivité, leur en faisait pour ainsi dire la loi.
« Si un étranger habite dans votre pays, ne lui faites
< Ibid., ÂOeiAi.
' Tailhant, De la Bienfaisance ^ p. 249.
8 Voy. tom. I«% p 269.
52 INSTITUTIONS DE 3I0ÏSE.
aucune insulte ; mais qu'il soit parmi vous comme s'il était né dans votre pays : aimez-le comme vous-mêmes, car vous avez été , aussi vous , étrangers dans la terre d'Egypte \
« Votre Dieu est le Dieu des dieux, le dominateur des dominateurs, le Dieu puissant, le Dieu terrible, qui ne fait acception de personne, qui aime l'étranger, qui lui donne la nourriture et le vêtement ; donc, aimez les étrangers, car vous avez été vous-mêmes étrangers en Egypte ^ «
Mais ce précepte, qui leur fut renouvelé vingt fois par Moïse pendant leur séjour dans le désert, et que nous verrons reproduit sous toutes les formes dans le paragraphe suivant qui traite de l'aumône, resta lettre morte, dans le cœur comme dans les actes des Israélites, une fois qu'ils furent en possession de la terre promise,^
L'histoire sainte témoigne , en effet , de l'horreur profonde que les Israélites ont constamment ressentie pour les étrangers. C'était, sans doute, en grande partie, par suite des lois sur les purifications et le choix des viandes. Un Israélite avait toujours droit de présumer que l'étranger avait mangé du porc, ou touché à quelque bête immonde. De là vient qu'il n'était permis ni de manger avec les gentils (nom qu'on donnait à tous les étrangers), ni d'entrer dans leurs maisons. Ils n'exceptaient de la prohibition que ceux qui se faisaient circoncire, en s'obligeant à observer toute la loi. On appelait ces étrangers prosélytes ^
La seule hospitalité que pratiquassent les Israélites,
1 Ley.,XlX, 33.
* DeuL,\, 17.
» Voir, surtout cela, Fleury, uh. sup.jWW
surtout les Israélites des derniers temps, était celle qui consistait à se secourir, à s'héberger mutuellement. C'était donc entre eux seulement qu'ils étaient hospitaliers, et cela en quelque lieu du monde qu'ils fussent * . Encore n'était-ce pas sans restriction, et sans traiter de vagabonds, de gens sans aveu, les pauvres Juifs forcés de voyager, ou de s'absenter de leur domicile. « Quelle confiance peut-on avoir, dit V Ecclésiastique^ en celui qui n'a pas de nid, qui non habet nidum, qui va chercher le couvert partout où la nuit le prend , et qui erre de ville en ville comme un voleur toujours prêt à fuir \ »
§ VIII
Aamône.
Deux sortes : volontaire et forcée. — En quoi consistait et qui s'imposait l'aumône volontaire. — Préceptes des livres saints à son sujet. — Admirable» paroles de Job, de Salomon, de Tobie, de l'auteur de Y Ecclésiastique, des prophètes. — En quoi consistait l'aumône forcée ; — Droit à l'assistance et taxe des pauvres institués par Moïse ; — Dîme triennale ; — Fruits spontanés de l'année sabbatique ; — Glanage légal j — Sanction pénale.
La triple institution du travail, du sabbat et du jubilé, quelque savamment coordonnée qu'elle fût par Moïse, fut impuissante à extirper la mendicité et la misère du sol Israélite. C'est pourquoi Moïse y ajouta, comme ciment et comme lien, l'institution complémentaire de l'aumône.
Les livres saints mentionnent deux sortes d'aumônes chez les Israélites : l'aumône volontaire et l'aumône forcée.
* 76»rf.,xxxm.
« EccU., XXXVI, 28.
L'aumône volontaire était celle que les riches sïmposaient d'eux-mêmes envers les malheureux.
Les prophètes de l'ancienne loi ont été les premiers prédicateurs de l'aumône.
(( Heureux celui qui est attentif aux besoins du pauvre et de l'indigent, dit le Psalmiste. Le Seigneur le délivrera au jour de l'affliction ; il le conservera, le vivifiera , le rendra heureux sur la terre , et ne le livrera point à la méchanceté de ses ennemis *. »
i( Faites part de votre pain à celui qui a faim, dit Isaïe, et faites entrer dans votre maison les pauvres et ceux qui ne savent où se retirer. Lorsque vous verrez un pauvre nu, donnez-lui des vêtements , et ne méprisez point votre propre chair; alors vous invoquerez le Seigneur, et il vous exaucera. Vous crierez vers lui, et il vous dira : Me voici... Si vous assistez les pauvres avec effusion de cœur, et si vous remplissez de consolation l'âme affligée, vos ténèbres deviendront comme le midi. Le Seigneur remplira votre âme de ses splendeurs. Vous deviendrez comme un jardin toujours arrosé, et comme une fontaine dont les eaux ne tarissent jamais*. »
(( Rachetez vos péchés par des aumônes , et vos iniquités par des œuvres de miséricorde envers les pauvres, dit Daniel ^ »
Celui de tous les Israélites qui enseigna et pratiqua le mieux l'aumône fut Tobie.
Emmené captif, lui, sa femme et son fils, avec les dix tribus réduites en esclavage, « ïobie allait, tous les
« David, ?5., XL, 1 * Isaïe, LVni, 7.
» Dan., IV, 24.
AUMONE. 5o
jours, visiter ses frères malheureux ; il les consolait ; il distribuait de son bien à chacun d'eux , selon son pouvoir; il nourrissait ceux qui avaient faim, revêlait ceux qui étaient nus, et avait grand soin d'ensevelir ceux qui étaient morts*. »
Tobie, au moment de mourir, dicta à son fils cet admirable testament sur l'aumône :
« Soyez charitable, ô mon fils! en la manière que vous le pourrez. Si vous avez beaucoup, donnez beaucoup; si vous avez peu, donnez de bon cœur de ce peu que vous avez, car vous amasserez ainsi un grand trésor et une grande récompense pour le jour de la nécessité; parce que Faumône délivre de tout péché, et qu'elle sera le sujet d'une grande confiance devant le Dieu suprême pour tous ceux qui l'auront faite ^. »
Ainsi fit le saint homme Job :
« La compassion pour les malheureux, loin de s'éteindre en moi, sest accrue, dans mon cœur, avec les années. J'ai toujours été le père des pauvres...; jamais je ne leur ai refusé les secours qu'ils m'ont demandés. J'ai toujours ouvert ma porte à l'étranger, et je n'ai point vu pleurer les yeux de la veuve sans les essuyer... Dans les assemblées publiques, quoique roi entouré de mes gardes, je ne cessais pas, pour cela, d'être le consolateur des affligés; j'ai été l'œil de l'aveugle et le pied du boiteux.
« Je n'ai pas mangé mon pain tout seul ; l'orphelin l'a partagé avec moi... Je n'ai pas négligé de donner des vêtements à l'indigent qui mourait de froid...; la toison de mes brebis a servi à réchauffer les membres
» Tobie, l, 19.
« Tobie, IV, 7 k 12, 17, 23.
de son corps.... Aussi ai -je reçu pour récompense, avec la bénédiction de Dieu, la bénédiction de celui qui allait mourir.... Et je suis resté, depuis, comme un arbre dont la racine descend le long des eaux ; la rosée du ciel est tombée sur mon feuillage *. »
L'ancienne loi contient sur l'aumône les autres préceptes suivants :
(c Ne méprisez point le pauvre parce qu'il est pauvre, car l'homme qui méprise le pauvre fait injure à celui qui l'a créé ; et, tandis que celui qui donne au pauvre ne tombera point dans la pauvreté, celui qui méprise sa prière tombera lui-même dans l'indigence*. »
«Ne méprisez point celui qui a faim, et n'attristez point le cœur du pauvre. — Ne détournez point non plus vos yeux de l'indigent, et ne rejetez point la prière de l'affligé. — Surtout, ne différez point de donner à celui qui souffre, et ne le privez point de son aumône : Eleemosynam pauperis ne de fraudes. Car celui que vous repousserez vous maudira, et Dieu exaucera son imprécation^.
« Ne dites point : allez et revenez , je vous donnerai demain, alors que vous pouvez donner à l'heure même.
— Et si vous ne pouvez donner, n'empêchez point de donner celui qui le peut. — Car donner c'est s'enrichir.
— Qui donne prête à usure, et le Seigneur lui rendra plus qu'il n'aura prêté *. »
« L'aumône sème dans le temps pour moissonner dans l'éternité*.
1 Job, XIX, 12, d3, iS, 19. —XXXI, 16 à 20, 32.
* Prov., XVII, 5. — XXn, 22. — XXYIII, 27. » Eccli.,n, là 6.
* Frov., III, 27, 28. —XI, 24. —XIX, 17. — Ecclù, XXIX, 1. » EGcles,f XI, 1.
K Semez votre grain dès le matin, et que, le soir, votre main le sème encore ; parce que vous ne savez qui du grain du matin ou du grain du soir lèvera le plus tôt. Heureux si tous deux lèvent à la fois * !
« L'aumône renfermée dans le cœur du pauvre s'élève à Dieu comme une prière ^.w
c( La miséricorde plaît plus à Dieu qu'une victime^. C'est pourquoi l'aumône rachète le péché *. »
« L'aumône est comme le paradis ; les fruits en sont éternels \
« L'aumône est le cachet qui sert à l'homme pour se faire marquer du sceau de Dieu^
« L'aumône est contre l'ennemi une arme plus forte que la lancée
« L'aumône est un bienfait que Dieu garde comme la prunelle de l'œil ^ »
Pour cela, il ne faut pas que donner vite, il faut donner avec joie, et sans un mot qui sente le regret ou le reproche.
(( Mon fils! ne mêlez point de reproches au bien que vous faites et ne joignez jamais à la douceur de votre don la tristesse d'une parole amère. — La rosée tempère l'ardeur du soleil ; ainsi une bonne parole rafraîchit le cœur de l'affligé ; une bonne parole, souvent, fait plus de bien que le don ^ »
» Eccles.y XI, 6.
« EcclL, XXIX, IS.
» Prov., XXI, 3.
* Prov., XVI, 6.
» Ecclù, LX, 17.
6 Lccli., XVII, 18.
•^ J?cd«.,XXIX, 16.
8 Eccli., XVII, 18.
• Eccli.y XVUI, 15 el 16. ■
Maintenant, à qui faut-il donner?
(c Si votre ennemi a faim, dit Salomon, donnez-lui à manger; s'il a soif, donnez-lui de l'eau à boire*. )>
Mais, n'y a-t-il pas de distinction à faire entre les bons et les me'chants, et faut-il donner également, c'est-à-dire indifféremment, et aux uns et aux autres?
« Quand vous donnez, sachez à qui vous donnez. 5* heneficeris sciio cui feceris,
u Faites du bien au juste, mais n'assistez point l'impie. Benefac justo, et non dederis impio,
a Empêchez même qu'on ne donne du pain au pécheur, Prohibe panes illi dari ; autrement, tout le bien que vous lui feriez vous tournerait à maP. »
Ces distinctions étant arbitraires, et nulle sanction pénale n'étant attachée à l'inexécution de préceptes qu'il dépendait des volontés individuelles d'interpréter ou de suivre diversement. Moïse fît plus que de recommander l'aumône volontaire ; il fit du devoir de secourir le pauvre une dette obligatoire dont il greva les biens du riche.
En conséquence. Moïse proclama le droit à l'assistance en instituant, au profit des indigents, une taxe des pauvres consistant en une dîme triennale prélevée sur tous les fruits de la terre ; dîme augmentée des fruits spontanés de l'année sabbatique, et du glanage, autorisé comme droit, sur toutes les récoltes annuelles :
Aux petits des oiseaux Dieu donne la pâture, Et sa bonté s'étend sur toute la nature ''.
» Prov., XXV, 21.
« ^cdi., XII, i,2, 6 el7.
' Racine, Athalie. — Voici une leçon d'humanité, bien naïve et bien
La dîme triennale au profit des indigents est instituée en ces termes par Moïse :
(( Voici ce qu'ordonne le Seigneur :
« Vous ne différerez point à payer les dîmes et les prémices de vos biens *.
« Outre la dîme qui est due aux lévites ^, tous les trois ans vous séparerez encore une autre dîme de tous vos biens, vous la mettrez en réserve dans vos maisons, et l'étranger, la veuve et l'orphelin, qui sont dans vos villes, viendront en manger et se rassasier, avec les lévites ; alors Dieu bénira tout le travail de vos mains ^. »
Le lévite, l'étranger, la veuve, l'orphelin représentent ici toute la classe pauvre dans ce qu'elle a de plus digne d'intérêt : — le lévite, par son détachement des choses de la terre ; — l'étranger, par l'éloignement de sa patrie; — la veuve, par la faiblesse de son sexe; — l'orphelin, par son âge et son délaissement*.
touchante, donnée par les livres saints : « Si, marchant dans un chemin, vous trouvez sur un arbre, ou à terre, le nid d'un oiseau, et la mère qui est sur ses petits ou sur ses œufs , vous ne retiendrez point la mère avec les petits; mais, ayant pris les petits, vous laisserez envoler la mère. » (Dent,, XXU, 6.) 1 Exod., XXII, 29.
* Les lévites ne furent point compris dans le partage primitif des terres d'Israël , pour les détacher davantage des soins temporels , et leur donner plus de loisirs de vaquer aux choses de la religion. Mais ils avaient la dîme de tous les fruits que recueillaient les onze autres tribus, et, quoique leur tribu fût la moins nombreuse, elle se trouvait par-là la plus riche. Ils avaient en outre les prémices de tous les animaux, sans compter les bestiaux qu'ils avaient en propre, et les offrandes journalières dont les prêtres subsistaient quand ils servaient à l'autel. — Fleury, ub. sup., XX.
3 Deut., XIV, 28 et 29. — XXVI, 1 à 12.
* Les Juifs des derniers temps, étant fort dispersés, ne pouvaient, à cause de leur éloignement, payer les dîmes en nature. C'est pourquoi
A la dîme triennale venaient s'ajouter, tous les sept ans, les fruits spontanés de toutes les terres en repos.
(( Vous ne cultiverez point votre terre la septième année, et vous la laisserez reposer, afin que ceux qui sont pauvres parmi votre peuple trouvent de quoi manger. Vous ferez la même chose à l'égard de vos vignes et de vos plants d'oliviers *. »
Pour ce qui est du glanage, voici ce qui est prescrit par le Lévitique et par le Deuléronome :
(( Lorsque vous ferez la moisson dans vos champs , vous ne couperez point les tiges jusqu'au pied, et vous ne ramasserez point les épis qui seront restés ; mais vous les laisserez pour les pauvres.
« Vous ne recueillerez point non plus dans vos vignes les grappes qui restent et les grains qui tombent; mais vous les laisserez prendre aux pauvres et aux étrangers^.
« Après que vous aurez coupé vos moissons, si vous avez oublié une gerbe dans votre champ, ne retournez pas pour l'emporter ; vous la laisserez prendre à l'étranger, à la veuve, à l'orphelin^.
« Quand vous aurez cueilli les fruits de vos oliviers, vous ne reviendrez point pour reprendre les olives qui sont restées sur les arbres ; vous les laisserez à l'étranger, à la veuve, à l'orphelin '.
ils convertissaient en argent tout ce qu'ils devaient k Dieu. Ces contributions rassemblées faisaient un tribut considérable que chaque province envoyait, tous les ans, k Jérusalem pour les frais des sacrifices, l'entretien des prêtres et des pauvres. (/o5., XIV, 12.) C'est de cet or judaïque que parle Cicéron. {Pro Flacc.)
1 Exod., XXni, H. — Voy. ci-dessus, p. 35.
« Levit,, XIX, 9 et 10. — XXIII, 22.
» Deu^,XXIV, 19,20, 21.
« Quand vous aurez vendangé votre vigne , vous n'irez point cueillir les raisins qui y seront restés ; ils seront pour l'étranger, pour la veuve et pour l'orphelin *. »
Noémi étant devenue veuve, et s'en étant retournée à Bethléem avec Ruth, sa belle-fille, du pays de Moab, devenue veuve aussi , Ruth s'arrêta dans le champ de Booz, et se mit à glaner derrière les moissonneurs. Booz étant survenu : Quelle est cette étrangère? demanda-t-il. — C'est, répondit le chef des moissonneurs, Ruth la Moabite qui est venue avec Noémi du pays de Moab; elle nous a priés de trouver bon qu'elle ramassât derrière nous les épis échappes de nos mains. — Quand même elle voudrait moissonner avec vous, reprit Booz, ne l'en empêchez point ; mais laissez tomber exprès des épis de vos javelles , et laissez-en dans le champ, afin qu elle en ramasse le plus possible. — Elle glana donc ainsi dans le champ jusqu'au soir; et ayant battu avec une baguette les épis qu'elle avait recueillis, et en ayant tiré le grain, elle trouva environ la mesure d'un éphi d'orge, c'est-à-dire trois boisseaux. Ce que voyant, Noémi s'écria : Béni soit celui qui a eu pitié de vous ^ î
Tous les riches n'étaient pas comme Booz. Tous ne s'accommodaient pas aussi volontiers que lui d'une loi qui, non contente d'ouvrir leurs champs aux pauvres , leur ouvrait aussi forcément leurs greniers. Cette loi , cependant, était imposée aux Israélites au nom de la religion, et l'on ne pouvait l'enfreindre sans crime et sans sacrilège , car voici la protestation que tout Israé-
« Deu^,XXlV, i9,20, 21.
> nuth, II, 1 et suiv. fek^L'^^
lite était obligé de faire, chaque année, dans le temple du Seigneur, après avoir mis entre les mains du prêtre les prémices des fruits de la terre : « Seigneur, j'ai ôté de ma maison ce qui vous était consacré, et je l'ai donné au lévite, et à l'étranger, à la veuve et à l'orphelin, comme vous me l'avez commandé. Je n'ai point négligé vos ordonnances, ni ce que vous m'avez prescrit '. »
Quiconque, d'ailleurs, violait la loi des pauvres était dévoué par Moïse aux plus terribles châtiments.
« Si vous refusez de faire pour les pauvres ce que le Seigneur vous ordonne de faire pour eux, ils crieront vers lui, et il écoutera leurs cris, et il vous fera périr par l'épée, et vos femmes deviendront veuves, et vos enfants orphelins^.
(( Si vous ne gardez pas tous ses commandements, le Seigneur vous frappera de pauvreté et de misère , de fièvre, de froid, de chaleur, de peste. Il enverra au milieu de vous l'indigence et la famine. Le fruit de votre ventre et le fruit de votre terre seront maudits, aussi bien que vos celliers, vos greniers, vos étables, et tous les travaux de vos mains. — Vous sèmerez beaucoup de grains dans votre terre, et vous ne récolterez rien, parce que les sauterelles mangeront tout. — Vous planterez une vigne et la bêcherez, mais vous n'en boirez pas de vin, parce qu'elle sera rongée par les vers.
— Vous aurez des oliviers dans tous vos champs, mais vous n'en tirerez point d'huile, parce que tout coulera.
— Vous mettrez au monde des fils et des filles, et vous n'aurez point la joie de les posséder, parce qu'ils seront
• Veut., XXVI, 13.
2 Exod., XXII, 22, 23, 2i.
emmenés captifs en Egypte. — Enfin, le Seigneur vous fera tomber devant vos ennemis ; vous marcherez par un seul chemin contre eux, et vous fuirez devant eux par sept ; et vous serez dispersés parmi tous les peuples, depuis une extrémité de la terre jusqu'à l'autre *. » Et les commandements de Dieu n'ayant point été suivis, toutes les menaces de Moïse se réalisèrent^