CHAPITRE II
Remèdes an mal.
Abolition de l'esclavage. — Affranchissement des communes. — Organisation du travail. — Institutions répressives. — Institutions de bienfaisance. — Monastères. — Croisades.' — Résultats obtenus.
A tant de maux, le moyen âge chercha-t-il, trouva-t-il quelques tempéraments, quelques adoucissements, quelques remèdes? Il en essaya plusieurs qui, s'ils n'atteignirent pas le but, en indiquèrent du moins la voie. Étudions-les dans leur origine, dans leurs développements, dans leurs effets.
Abolition de l'EselaTafe.
Mission sociale du clergé. — Charité tempérée par la prudence. — Affranchissements graduels. — Serfs de corps, serfs de la glèbe. — Leur condition en droit. — Id, en fait. — Le servage substitué à l'esclavage. — Différences de ces deux états. — Ordonnances célèbres de Philippe le Bel et de Louis le Hulin. — Les serfs refusent la liberté qui leur est offerte. — Pourquoi.
Lorsque les Francs s'établirent dans les Gaules, l'an 420, ce pays pouvait contenir de dix-sept à dixhuit millions d'hommes, sur lesquels cinq cent mille chefs de famille tout au plus étaient de condition à payer la capitation romaine *. Cela veut dire que les deux tiers au moins des habitants étaient de condition servile; cela veut dire que les Francs prirent ces deux
* Chateaubriand, Etudes historiques, (. III.