‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 39 sur 40 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE I^'. — DE LA MISÈRE CHEZ LES ISRAÉLITES, ET DES IN- STITUTIONS DE MOÏSE POUR Y REMÉDIER. — Christianisme et mosaïsme. — L'un procède de l'autre. — Pourquoi, avant d'étudier la misère chez les premiers chrétiens, nous commençons par examiner ce qu'étaient : — Les riches et les pauvres ; — Le travail ; — Le sabbat ; — Les prêts gratuits et la remise des dettes; — L'année jubilaire; — La libération périodique des esclaves; — L'hospitalité; — L'aumône volontaire et l'aumône forcée; — Enfin, la communauté de vie et de biens — chez le peuple hébreu 1

§ L — Riches et pauvres. — Richesses au temps des patriarches. — Quand naquit et s'accrut la misère. — Causes. — Polygamie et concubinage légal. — Excès de population et exposition d'enfants, etc.

— Détails sur la vie privée des Israélites. — Pauperes, egeni, vagi, mendici, leprosi, etc. — Les cinq doigts de la main de la misère. -- Mauvais riches — Portraits. — Antagonisme et parallèle du riche et du pauvre. — Exemples. — Causes. — Problème de la misère posé et résolu par Moïse. — « Il y aura toujours des pauvres, mais il peut, mais il doit n'y avoir ni indigents ni mendiants mrmi vous. »

— Distinction des livres saints entre pauvreté ei misère. — Moyens proposés par Moïse pour adoucir l'une et éteindre l'autre. — Le Décalogue 3

§ II. — Travail. — In sudore vultûs tui vesceris pane. — Conséquences de cette condamnation. — Applicable à tous les hommes, à toutes les conditions. — Formes diverses du travail, suivant la diversité des temps et des besoins. — Hébreux, pasteurs et agriculteurs;— Tous l'étaient, rois et sujets. — Exemples. — Travaux des femmes. — Industrie domestique et de ménage. — Vente de leurs denrées, seul négoce qu'ils fissent. »— La Porte. — Deviennent induslriels et commerçants quand deviennent Juifs. — Alors le tra- , vail professionnel se développe et se généralise. — Mais il y avait dès longtemps des artisans et des artistes. — Exemples. — Travail manuel en honneur. — Toutefois, rendait impropre à certaines , charges. — But du travail : est-ce pour devenir riche? — Avantages , du travail. — Dangers de l'oisiveté. — Proverbes de Salomon contre les fainéants. — Salaire ; sa légitimité. — Vertus de l'ouvrier. ■— L'épargne 13

464 TABLE DES MATJÊRES.

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§ III. — Le sabbat. — Ce que c'était que le sabbat ou jour du repos. — Commandé sous peine de mort. — Travaux permis et défendus. — Exagérations des Juifs à ce sujet. — Raison de la périodicité fixe et régulière qui coupe à intervalles égaux la succession des œuvres et des jours. — Origine physiologique de la semaine. — Sabbat de l'homme et sabbat de la terre. — Ce que c'était que le sabbatum lerrœ. — La terre se reposait tous les sept ans. — Comment vivre, pendant l'année sabbatique, en l'absence de toute récolte? 30

§ IV. — Prêts gratuits. — Remise des dettes. — Outre l'année sabbatique de la terre, Moïse avait institué l'année sabbatique des débiteurs. — Remise ou banqueroute générale des dettes, tous les sept ans. — Prohibition de l'usure. — Échange et prêts gratuits seuls autorisés. — Mauvaise foi des débiteurs n'en était pas moins condamnée. — Mais peu de prêteurs consentaient à donner ou à perdre même leur superflu. — Peu ou point de prêteurs dès lors ; — Et, dès lors aussi, point d'emprunts. — C'est tout ce que voulait Moïse. . . 37

§ V. — Année jubilaire. — Jubilé agraire; institution magistrale de Moïse. — Toutes les ventes à réméré. — Au bout de cinquante ans toutes les terres aliénées rentrent aux mains de leurs premiers possesseurs. — Distinction entre les fonds de terre et les maisons. — Partage primitif des terres entre les douze tribus d'Israël — Conséquences du système agraire de Moïse 42

§ VI. — Libération périodique des esclaves. — Les esclaves avaient aussi leur année sabbatique. — Distinction à ce sujet entre les esclaves étrangers et les esclaves hébreux. — Sort et condition domestique des uns et des autres 47

§ VII. — Hospitalité. — Vertu chère aux Hébreux primitifs. — Mais moins chère aux Israélites. — Ceux-ci, malgré les prescriplions de Moïse, avaient en horreur les yeuiil.s, et ne se montraient hospitaliers qu'envers les leurs, ou envers ïm prosélytes. — Encore n'étaitce pas sans restrictions 51

§ YIII. — Aumône. — Deux sortes : volontaire et forcée. — En quoi consistait et qui s'imposait l'aumône volontaire. — Préceptes des livres saints à son sujet. — Admirables paroles de Job, de Salomon, de Tobie, de l'auteur de V Ecclésiastique, des prophètes. — En quoi consistait l'aumône forcée ; — Droit à l'assistance et taxe des pauvres institués par Moïse ; — Dîme triennale ; — Fruits spontanés de l'année sabbatique ;— Glanage légal;— Sanction pénale 63

§ IX. — Communauté de biens. — Individualités excentriques sont de tous les temps. — Secte des pharisiens. — Secte des esséniens. — En quoi différaient. — Les esséniens vivaient en communauté. — Leur nombre, leurs habitations, leurs mœurs, leur régime, etc. — Célibat. — Comment se recrutaient. — Les thérapeutes. — Repas égaliluires. — Résullals de cet essai de communisme G3

§ X. — Résultats obtenus. — La solution du problème de la misère

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tel quMl avait été posé par Moïse est-elle sortie de ses institutions ? — Non. — Pourquoi? 68

CHAPITRE II. — DE ?L4 MISÈRE CHEZ LES CHRÉTIENS DE LA PRIMI- TIVE ÉGLISE, ET DES MOYENS PRATIQUÉS POUR Y REMÉDIER. —

État des iuifs à la venue du Messie, — Loi du Jubilé et autres institutions de Moïse abolies. — Misère juive, misère universelle. — Même problème à résoudre. — Moyens de solution : — Des riches et des pauvres au temps de Jésus ; — Transmutation de la richesse en pauvreté ; — Transmutation de l'esclavage païen en servitude chrétienne. — Du travail et de son organisation. — De la Gliarité et de ses oeuvres : aumône; prêts gratuits; hospitalité. — De l'administration de la Charité : diaconies ; hôpitaux. — Communauté de biens ; — Droit à l'assistance ; taxe des pauvres. — Lois contre la mendicité, etc. — Peines et prisons pénitentiaires. — Résultats obtenus. 71

§ L — Des riches et des pauvres, au temps de jésus. — Inégalité des fortunes et des conditions selon le christianisme ; — Doctrine de saint Paul à ce sujet. — Pourquoi Jésus, qui pouvait se faire noble et riche, s'est fait pauvre et artisan. — Mêmes égards dus aux pauvres qu'aux riches. — Malédiction de Jésus contre les riches. — Distinction du bon et du mauvais riche. — Légendes de Zachée et de Lazare. — Autres exemples de mauvais riches. — Tourments qui leur sont réservés. — Le Laslhenès des Martyrs. — Bons et mauvais pauvres. — Exemples des uns et des autres. — Les bons seuls sont appelés heureux. — Semper pauperes habetis vobiscum.- — Masse de pauvres qui suivaient et obsédaient Jésus. — Moisson abondante, mais moissonneurs peu nombreux ! — Multiplication des pains. — Moyen pour nous de renouveler ce miracle 73

§ II. — Transmutation de la richesse en pauvreté. — Pauvreté chrétienne, milieu égalilaire où misère et richesse doivent se confondre désormais. — Jésus repousse les riches, et appelle à lui les pauvres. — Est le pam de vie; — Son joug est doux à porter. — La porte large et la porte étroite. — S'amasser des bourses que le temps n'use point. — Se faire des trésors dans le ciel. — A quoi bon les trésors de la terre, et pourquoi se tourmenter du lendemain ! — Dieu ne pourvoit-il pas à tous nos besoins? — Explication de ces paroles.— Exemples de pauvreté pratique donnés par Jésus, ses disciples et les clercs de la primitive Église. — Différences, à ce sujet, avec la pauvreté des païens. — Tout cela est plus qu'une doctrine, c'est une révolution. — Ses disciples ne la comprennent pas d'abord. — IN'élail-ce pas, en effet, renverser la loi de Moïse, que Jésus disait être venu compléter? — Parabole du jeune homme riche qui veut devenir parfait. — Vendez tout, quittez tout, et suivez-moi ! — Comparaison du chameau et du trou d'aiguille. — Qui donc alors pourra être sauvé ! — Explication de cette parabole. — Plusieurs y ont vu l'abolition de la propriété individuelle et de la famille. —Réfutation de cette double erreur. — Dures vertus de l'apostolat. — La

vie chrétienne ordinaire ne les comporte pas. — Célibat. — Origène et ses imitateurs. — On peut entrer dans la vie et ne pas tout donner aux pauvres. — Doctrine contraire des Pères de l'Eglise. — Textes,

— Dissertation sur la compatibilité des richesses avec la doctrine évangélique. — On peut être bon chrétien et rester riche, — Mais, à quelle condition? — Heureux les pauvres d'esprit. — Heureux les grands qui se font petits. — Les docteurs de la loi appelaient cela folie : — Folie de la croix ! — C'était sagesse. — C'est à cette transmutation de l'or en plomb, du superflu en nécessaire, qu'aboutit toute la doctrine du Christ. — Mode, difficultés, conséquences de cette transmutation. — S'est opérée sous les apôtres. — Peut s'opérer de même, chez nous, par la charité 86

§ III. — Transmutation de l'esclavage païen en servitude chrétienne. — Liberté, fraternité, égalité, trois mots qui eussent bouleversé le monde sans cet autre : Servitude commune en Jésus-Christ,

— Jésus-Christ n'a point aboli l'esclavage. — Pourquoi ? — Mais il l'a transformé. — Comment? — Opinion des Pères de l'Église.

— Transformé en principe, l'esclavage reste, en fait, avec ses vices et ses monstruosités d'autrefois. — Vains efforts des empereurs chrétiens. — Cependant, des affranchissements nombreux ont lieu, mais pas si nombreux qu'on le dit. — Condition de l'esclave préférable à celle du pauvre. — Peu d'esclaves donc désiraient devenir libres.

— L'esclavage, d'ailleurs, n'avait-il pas été divinisé par Jésus? — Le premier exemple d'affranchissement purement chrétien ne date que de la fin du sixième siècle. — L'Église avait pourvu, du reste, à ce que les affranchis pussent vivre affranchis. — Deux sources leur étaient ouvertes: travail et charité 130

§ IV. — Du travail et de son organisation. •— Réhabilitation du travail. — Condamnation de l'oisiveté. — Qui non vult laborare ne manducet. — La sanction de l'exemple se joint à la leçon du précepte. — Jésus, saint Paul, les apôlres travaillaient de leurs mains ; — Idem, évêques, prêtres et clercs de la primitive Église. — Idem, communautés religieuses. — Ce n'était pas seulement pour vivre, mais pour pouvoir faire vivre les malheureux. — Occupations qui rapprochaient de la perfection chrétienne, occupations qui en éloignaient. — Les vendeurs du temple. — Institution du dimanche. — Piopriétédu travail.— Tout travail mérite salaire. — Règle pour la fixation du taux des salaires : — A chacun selon sa capacité, à chacun selon ses œuvres ; — Sauf conventions des parties. — Parabole du père de famille, et des ouvriers envoyés à sa vigne, à différentes heures. — Travail individuel et travail sociétaire. — Leur mode d'organisation. — De viagères et libres, les corporations de métiers deviennent obligatoires, perpétuelles, héréditaires, depuis Constantin. — Ce fut alors que chacun porta sa croix. — Moins lourde, toutefois, que la liberté d'aujourd'hui.— Finit par n'être plus supportable. — Mesures prises contre les ouvriers déserteurs. — Les jurandes romaines meurent de la qjort de rempi,re; — Renaissent plus tard en jurandes du moyen âge. . 147

Pages.

§ V. — De la charité et de ses oeuvres ; — Aumône ;— Prêts gratuits; — Hospitalité , . . 1G5

1. De LA charité. — Définition et caractères de la charité. — Qu'est-ce qu'aimer son prochain comme soi-même? — Qu'est-ce que lé prochain? — Nos ennemis, les méchants, sont-ils nôtreprochain ? — Égoïté fraternelle substituée à l'égoïsme individuel. — Compelle inlrare. — Des actes et non des paroles. — La foi de saint Jacques. — Explication du mystère de l'inégalité des conditions. — Aumône, prêts gratuits, hospitalité en découlent , 165

2. De l'aumône. — Définition et caractère de l'aumône. — C'est une dette. — Obligation de l'acquitter. — Fruits spirituels et temporels de l'aumône. — Objet de l'aumône. — Quels pauvres doit-on soulager? — Quantum de l'aumône. — Faut-il tout donner aux pauvres ? — L'Évangile et les Pères en discord sur ce point. — Les Pères font la règle de l'exception admise par Jésus. — Toutefois, distinguent entre le nécessaire et le superflu.

— Notre superflu est le nécessaire du pauvre, — C'est son bien.

— Ne pas le lui donner, c'est le voler. — Mais qu'est-ce que le nécessaire, et qu'est-ce que le superflu, d'après les Pères de l'Église ? — Leur doctrine à cet égard taxée d'exagération révoltante. — Cette exagération tenait aux mœurs du temps. — Exemples. — Finit par se rendre à la raison. — Da secundum vires tuas. — Aumônes des premiers chrétiens. — Jalousie qu'en ressent Julien l'Apostat. — Plus de mendiants ! 176

3. Du prêt gratuit. — Deux sortes : à fonds perdu, à fonds remboursable. — Jésus encourage le premier. — Dîner qu'on ne rend pas. — Dettes. — Remise volontaire. — Quid, quand pas payées? — Contrainte par corps. — Loi romaine appliquée en Judée. — Dès lors, prêts à intérêt permis. — Les Pères et les conciles sont d'un avis contraire. — Unanimes contre l'usure.

— Textes qu'ils invoquent. — Textes que nous leur opposons.

— Parabole du talent et de la mine d'argent 197

4. De l'hospitalité. — Différences et similitudes entre l'hospitalité des païens et celle des chrétiens. — Les premiers semblent avoir l'avantage. — Pourquoi les chrétiens pas aussi faciles à accueillir tout le monde. — Pourquoi l'hospitalité a cessé peu

à peu d'être pratiquée depuis le christianisme? 208

§. VL — Administration de la charité. — Deux modes d'exercice :

— Diaconies; — Hôpitaux 210

1. Diaconies. — Qu'était-ce? — Par qui administrées. — Les sept diacres de Rome. — Origine de leur institution. — Évêques, administrateurs suprêmes du trésor des pauvres. — Diaconesses.

— Qualités et fonctions des évêques, des diacres et des diaconesses.— Diaconesses pouvaient-elles vivre avec les diacres?— Ltis agapètes sous-introduites» — Abus réprimé,— En quoi con-

Pages, sistait le trésor des pauvres. — Diverses sources : — Aumônes ; —Troncs publics et troncs privés ; — Oblations, comment et par qui recueillies ; — Collectes j — Dîmes ; — Biens de l'Église ; richesses immenses ; d'où provenaient. — Part revenant aux pauvres dans les biens de l'Église.— A qui était appliqué le trésor des pauvres. — Distinctions à ce sujet. — Comment et sous quelles formes était distribué. — Statistique des pauvres secourus.— Fratres sportulantes. — La communion. — L'agape, — Allare componere. — Minislrare mensis. — Secours à domicile.

— Supériorité de ce mode de distribution. — Quand cessa. —

Le diacre Laurent. — Voilà nos perles et nos vases d'or! .... 211 2. Hospices et hôpitaux. — Naissent, quand la charité meurt :

— Avec l'ère du luxe et de la richesse. — Époque et causes de cette transformation. — Le concile de Nicée. — Maintenant qu'il faut des palais aux évêques, faut des Hôtels-Dieu aux pauvres. '— Xenodocbia; — Nosocomia; — Orphanotrophia, etc., eic.

— Un hospiiium pour chaque genre de misère. — Leur multiplicité dépassée par la croissante multiplicité des pauvres. — Un pauvre sur deux habitants. — Appelés Gymnases des pauvres. — Gymnases, en effet! — La pauvreté s'y exerce à devenir paupérisme. — V hospiiium entretient la misère et ne la guérit pas. — Bien plus, il la fomente. — Uhospiiium est à la charité ce que la manufacture est à l'industrie. — Pour tarir

la misère, faut en disperser les sources, non les concentrer. . 235

§ yil., — Communauté de biens. — Communisme pratique des saints de Jérusalem. — Communisme théorique des Pères de l'Église. — Communisme religieux des cénobites 245

1. Communisme pratique des saints de l'église de Jérusalem. — Sectes mosaïques dominantes, en Judée. — A laquelle de ces sectes appartenait Jésus? — Jésus vécut en communauté avec ses apôtres. — Idem, les apôtres avec leurs disciples. — Église de Jérusalem. — Nombre de fidèles qui la composaient. — Ce n'était point entre tous les fidèles, mais entre les disciples, entre les saints seulement, que erant omnia communia. — Preuves.

— Légende d'Ananias et de Saphira. — Communauté de biens, non de vie, — Même, plutôt communication ^que communauté. — Pas d'indigents, d'abord, — Bientôt, indigents abondent. — La communauté ne se soutient plus qu'à l'aide d'aumônes. — Ce résultat était forcé. — L'Église de Jérusalem seule adopte le système communautaire et meurt. — Toutes les autres le rejettent et vivent 245

2. Communisme théorique des pères de l'église. — Textes de saint Clément, de saint Ambroise, de saint Grégoire, de saint Jérôme, de saint Augustin, etc. — Ces textes sont clairs ; — Tous professent le dogme de la communauté de vie et de biens.

— Raisons de celte doctrine, — N'a rien d'étonnant j — C'a été

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le rêve de toutes les âmes ardentes à toutes les époques. — Ce fut celui du bon abbé Fleury. — Et de l'abbé Lacordaire. —Théorie de ce Père de l'Église moderne. ^ Différences et similitudes entre la communauté évangélique et le communisme égalitaire. 263

3. Communisme religieux des cénobites. — Impossible dans la vie civile ordinaire, la communauté de vie et de biens est seulement praticable dans la vie religieuse. — Pourquoi. — Origine des communautés monastiques. — Leur développement. — Nombre des premiers moines. — Démocratie du désert. — Vie érémitique ou solitaire. — Vie cénobitique ou conventuelle. — Antoine, Pacôme, Basile, Bernard. — Leurs règles. — Toutes ont pour base :1a chasteté, la ■pauvreté, Y obéissance; — Pour modes d'action : la cellule, le travail^ l'abnégation ; — Pour instrument de conservation, d'expiation, de pénitence : la prière, le silence, les macérations corporelles. — Polémique entre les docteurs au sujet du système cellulaire. — Le système de la vie en commun prévaut. — Classification par familles. — Idem, par moralités. — Monastères, refuges de tous les pauvres. — Problème de l'extinction de la misère par la pauvreté résolu 276

VIIL — Droit a l'assistance. — Taxe des pauvres. — Pourquoi les empereurs chrétiens n'ont rien dit du droit à l'assistance. — Pourquoi les conciles seuls ont consacré ce droit. — Quœque civitas suos *^j^ pauperes alito. — D'où dérive cette obligation. — Théorie de« Pères '^ de l'Église, de l'archevêque de Paris, de l'abbé Lacordaire sur le droit à l'assistance: — La terre est le patrimoine du genre humain.

— Les pauvres y ont droit comme les riches. — Les riches ne sont que dépositaires des biens qu'ils possèdent. — Dieu en est seul propriétaire. — Les riches sont les administrateurs et les économes de sa providence. — Dieu n'a donné une plus grande part de biens aux uns que sous la condition d'en faire jouir les autres. — Il ne la leur a donnée, d'ailleurs, qu'en considération de la plus grande somme de leurs besoins. — Là où expire le besoin légitime, là expire l'usage légitime de la propriété. — Au delà commence la propriété du pauvre. — Le superflu du riche est son bien. — L'en priver, c'est le priver de sa propre chose ; — C'est le voler. — L'assistance n'est

donc pas un don, c'est une dette. — Quand le pauvre la réclame, .,#«»•

ce n'est pas le vôtre qu'il demande, c'est le sien. — Sua non tua,

— Mais cette dette, si le riche ne la paye pas, le pauvre est-il en droit de l'exiger? — Non ; — Car ce n'est point aux pauvres personnellement, mais à Dieu, dans la personne des pauvres, que la créance appartient. — Ce n'est donc point du pauvre, mais de Dieu qu'on est débiteur. — C'est donc affaire de conscience à régler avec Dieu, non affaire d'obligation légale à régler avec la justice. — C'est ainsi que les doctrines les plus hardies du christianisme portent avec elles leur frein et leur cpntre-poids. ..,«.... ^ . . 293

Pages.

§ IX. — RÉPRESSION DE LA MENDICITÉ, ETC. — Est-il vfai que la mendicité ne date que du christianisme? — Preuves du contraire. — Est-il vrai que le christianisme favorise la mendicité et la fainéantise?— Doctrine de Jésus, de saint Paul, de saint Basile et de saint Ambroise contre les mendiants et l'oisiveté. — Autre doctrine plus indulgente pour la mendicité. — Ne sommes-nous pas nous-même8 les mendiants de Dieu? — Scandales donnés par les faux mendiants.

— Lois des empereurs chrétiens contre les mendiants. — Id. contre la prostitution. — Vains efforts. — Saint Augustin défenseur des lupanars 305

§ X. — Peines et prisons pénitentiaires. — Adoucissement introduit dans les lois pénales depuis Constantin; — Principalement dans les prisons. — Parallèle du sort du détenu sous Rome païenne et sous Rome chrétienne. — Régime disciplinaire. — Classifications. — Femmes détenues. — Visites des magistrats et des évêques dans les prisons. — Liberté individuelle. — Grâces et indulgences. — Diacres et diaconesses. — Procuratores pauperum. — A la différence du droit civil, le droit canonique admet la prison comme peine. — Peines civiles et peines canoniques. — Celles-ci ne remettent point les premières. — Canons pénitentiaux. — En quoi consistaient les pénitences. — Quatre degrés d'épreuves ; quatre ordres de pénitents : Pleurants; auditeurs ; prosternés ; consistants. — Lapsi et récidivistes.

— Excommunication; interdit; suspense; monitoire. — Couvents et monastères. — Prisons pénitentiaires proprement dites. — Repentir efface le péché ; à quelles conditions : — Pain de douleur et eau d'angoisse. — Expiation, repentir, intimidation, pierre triangulaire du système pénitentiaire de l'Église 313

§ XL RÉSULTATS OBTENUS. — Mosaïsme et christianisme. — Monde présent et monde futur. — Amour des richesses chez l'un ; mépris des richesses chez l'autre. — Tous deux se rapprochent en un point :

— Faut s'enrichir, comme s'appauvrir, pour les autres. — Mais si christianisme règne, paganisme gouverne. — Exemples. — Charité est de doctrine. — Pratique, d'exception. — Nombre et condition des pauvres, des nécessiteux, des mendiants. — Vices de Rome chrétienne. — Misère, cause et effet. — Dépopulation des campagnes.

— Le fisc. — Les Bagaudes. — Vains efforts des empereurs. — Impuissance du christianisme. — A foi nouvelle, peuple nouveau. — Viennent les Barbares 332

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