‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 10 sur 168 · Répression de la Mendicité · texte numérisé non relu

Répression de la Mendicité

Esi-il vrai que la papaulé favorise la mei»dic'.lé? — Mesures prises pour l'extirper. — Sbirri. — CoUellale.

Loin de favoriser la mendicité, comme on l'en a accusée à tort, la papauté, à l'exemple des Pères de la primitive Église % employa, de tout temps, tous ses efforts, à l'extirper du sol de la chrétienté. C'est dans ce but, et pour la tarir dans sa source, que les papes créèrent ou autorisèrent les établissements de bien-

* Voy. (le Prony, Description hydrographique et historique des marais Pontins. Paris, 1823, in-4.

2 Voy. t. II, p. 307 et suiv.^

faisance et de travail dont nous venons de faire connaître l'organisation. C'est dans le mênie but, et pour la r(?(3rimer dans ses écarts, qu'ils prirent les mesures de rigueur dont il nous reste à parler.

Le grand pontife Sixte V, effrayé des vices qu'engendre l'oisive mendicité, prit, le premier, des mesures énergiques pour enlever de Rome cette plaie hideuse. C'est dans ce but qu'il fit élever, en 1587, un hospice destiné aux pauvres des deux sexes, et ordonna que tous s'y tinssent renfermés sans plus parcourir les rues et les places en demandant l'aumône. La bulle qu'il écrivit à cet effet retrace, avec les couleurs les plus vives, le tableau de la mendicité d'alors; on croit y voir les traits de la mendicité d'aujourd'hui. Il rappelle qu'un concile avait ordonné que chaque commune nourrît ses pauvres, et il part de là pour renvoyer dans leurs foyers tous les vagabonds étrangers à Rome. Enfin, il prononce des peines sévères contre les mendiants valides qui refusent de prendre asile dans le dépôt de mendicité. Mais, Sixte-Quint mort, l'herbe parasite, à peine coupée dans sa tige, poussa, de ses racines, de nouveaux et plus nombreux rejetons.

Innocent XÎI reprit l'œuvre inachevée de Sixte- Quint, en 1691; mais, malgré la création de nouveaux dépôts de mendicité, et encore bien que Léon XII, cet autre grand pontife, eût sanctionné les mesures par lui prises et dont nous avons parlé (ci-dessus p. 21), en punissant sévèrement la mendicité étrangère, en prescrivant la réclusion des mendiants romains aux Thermes de Dioclétien, et la condamnation des récidivistes aux travaux forcés ' , enfin en ne permettant de men-

* Voy. de Gérando, De la Bienfaisance publique^ t. IV, p. 541.

dier qu*à ceux qui en auraient reçu la permission, après enquête préalable sur leurs moyens d'existence, permission dont la preuve résultait d'une plaque en cuivre qu'ils devaient porter sur la poitrine avec ces mots : Questuante in Roma, n° ... , Léon XIÏ mort, l'abus reprit le dessus, et la mendicité reparut de nouveau, sans formalités, sans entraves, plus hideuse, plus effrontée, plus désordonnée que jamais;

Et des efforts tentés pour en extirper la racine il n'est resté, dans la ville de Rome, qu'un plus grand nombre de gueux, de sbires * et de coUellate ^.

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