ASSEMBLÉE CONSTITUANTE. — COMITÉ DE SECOURS
habituels, et cinquante mille de malades sur la totalité des deux classes.
(c D'après les documents les plus complets que nous ayons pu nous procurer, la dépense des pauvres des deux classes peut être évaluée ainsi qu'il suit :
Pour cinquante mille malades, à raison de 12 à 15 sous par jour^ ou de deux cents à deux cent cinquante livres par année et par malade 12,000,000
Pour 300,000 pauvres, composant la classe des infirmes, enfants, vieillards, à raison de 50 à 60 livres 27,600,000
Pour les secours pour le travail des valides ou les ateliers publics, àïaison de 60,000 livres par département. . . 5,000,000
Pour la répression des mendiants, les maisons de correction et les frais de iransportation 3,000,000
Pour la caisse de réserve et les frais d'administration 4,000,000
Total. . . . 51,500,000
« Ainsi, moyennant cinquante^un millions par an, la mendicité serait extirpée et des secours publics permanents assurés à la classe indigente, dans tout le royaume,
« Ainsi, moyennant cinquante-un millions par an acquittés comme dette nationale et confondus avec les autres revenus ou impositions de la nation, cesseraient les abus graves, les partialités et les vexations qui sont naturellement attachés au système de mettre l'assistance des pauvres à la charge particulière des municipalités et des départements, »
Maintenant; comment pourvoir à cette dépense ?
Vente des biens des hôpitaux, — Necker avait proposé,
en 1784, crordonner la vente des biens de tous les hôpitaux et leur remplacement en rentes sur le roi, les états, ou le clergé. Il pensait que ces établissements auraient échangé par là un faible revenu contre un grand, et une administration compliquée contre une très simple. Cette proposition fut reprise, en 1790, par le Comité de l'Assemblée constituante. « Le plus grand avantage qui résulterait de la mise à exécution du plan proposé ci-dessus, dit le rapport, c'est que, quelque élevée que soit la somme annuelle qu'il faudrait payer pour cela, la France a en mains les moyens de le faire, sans rien ajouter au montant de ses taxes ordinaires. Il suffît, pour cela, de réunir dans une masse commune, entre les mains de la nation, tous les biens des hôpitaux, lesquels ont successivement passé dans les revenus ecclésiastiques. Devenus les revenus de VEtat, ils redeviendraient les revenus des pauvres, »