‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 123 sur 168 · DIRECTOIRE. — HETOUR AUX HOPITAUX · texte numérisé non relu

DIRECTOIRE. — HETOUR AUX HOPITAUX

serait d'environ trente millions par an, sans y comprendre les fonds affectés à l'exe'cution de la loi de floréal ; 4^ enfin, que, pour faire face à ces dépenses, il fallait expier Tenvahissement du patrimoine de l'indigence, opéré en vertu de la loi de 1793, en faisant concourir à leur acquit le produit des biens invendus, les fonds limités du trésor national et les cotisations particulières d'après un mode déterminé. « C'est avec ces trois leviers unis, dit le rapporteur, que la masse des indigents peut être soulevée dans chaque commune. On laissera aux administrations locales le soin des détails. Quand le gouvernement dit sincèrement aux citoyens : Faites le bien ; infailliblement ils le font. » Le flot révolutionnaire emporta ce projet comme tant d'autres, et la Convention nationale fut dissoute avant même qu'il fût discuté.

§ IV

AIreetofre.

Problème de la misère dégagé des solutions communistes. — Retour au spécifique des hôpitaux. — Abrogation des lois qui autorisent la vente de leur» biens. — Réorganisation de leur administration. — Bureaux de bienfaisance cantonaux pour les secours à domicile. — Octrois de bienfaisance, prélèvement sur les billets de spectacle, etc. — Mendicité et prostitution. — Morale du Directoire.

Le gouvernement qui naquit de la constitution de Tan III vint donner quelques instants de repos à la France. La France en profita pour panser les plaies que la Convention lui avait faites. Celle de la misère s'était immensément élargie par les moyens mêmes qui avaient pour but de la fermer. C'est par elle que le gouvernement voulut commencer.

Après avoir, par la condamnation à mort de Babeuf, dégagé le problème de la misère des solutions communistes ^, le Directoire en revint tout simplement, pour le soulagement de l'indigence, au spécifique des hôpitaux.

La France n'avait point compris la pensée et s'était effrayée des conséquences de la vente des biens des hôpitaux. La pensée fut excellente, mais Texécution détestable. Elle condamna Tune et l'autre.

Donc, une loi du 7 octobre 1796 (16 vendémiaire an V) abrogea les décrets des 19 mars 1793 et 23 messidor an II, qui avaient ordonné la vente des biens des hospices, et remit leur gestion aux mains de l'administration de ces établissements, administration constituée par la même loi et réorganisée par celle postérieure du 4 juillet 1799 (16 messidor an VII).

Une autre loi du 7 frimaire an V(27 novembre 1796) abrogea le décret précité du 19 mars 1793 en ce qui concerne les secours publics, et celui du 22 floréal an II

* Chef de la conspiran'on cîes égaux ou des niveleurs. Condamné k mort par la haute cour siégeant à Vendôme, Babeuf fut guillotiné en

* L'égalité réelle ou la mort! telle était la devise des Babouvisles. Pour eux la loi agraire n'avait été que le vœu de quelque soldai sans principe. « Nous tendons, disaient-ils, à quelque chose de plus sublime: le bien commun ou la communauté des biens. » Vacte d'insurrection des Babouvistes portait : « Tous les biens des ennemis du peuple seront distribués sans délai aux défenseurs de la patrie. — Les malheureux de la république seront immédiatement meublés et logés dans les maisons des riches. » Un autre projet de décret porte : « Article !«'•. A la fin de l'insurrection, les citoyens pauvres qui sont actuellement mal logés ne rentreront pas dans leurs demeures ordinaires; ils seront immédiatement installés dans les maisons des conspirateurs (c'étaient ceux qui ne conspiraient pas). Art. 2. On prendra chez les riches les meubles nécessaires pour meubler avec aisance les sans-culotlcs. « (Sudre, Histoire du Communisme^ p. 300).

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