‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 130 sur 168 · Secours hospitaliers · texte numérisé non relu

Secours hospitaliers

Hôpitaux et hospices. — Fermés à qui peut recevoir des soifts domestiques. — Enfants trouvés. — Institution des tours. — Conséquences.

Les secours hospitaliers sont dus, dans le système de charité administrative que nous avons exposé ci-dessus, aux malheureux que les bureaux de bienfaisance ont classés dans Tétat d'infirmité et dans l'état d'abandon.

Presque tous ceux qui sont dans le premier de ces deux états ne trouvent de ressources que dans les secours qu'on peut leur administrer dans les hôpitaux ; « mais, porte la circulaire précitée de nivôse an X, ces asiles ne devraient être ouverts qu'à ceux qui n'ont point de famille : une administration paternelle doit les fermer à tous les malades qui peuvent recevoir des soins domestiques dans leur demeure.

« Ainsi, continue le même document, le premier soin de l'administration, après avoir constaté l'état d'infirmité, doit être de s'assurer si le malade peut être soigné dans sa maison; et, dans ce cas, on le confiera à la charité douce des Sœurs consacrées à ce genre de service, et l'on aura soin de lui procurer les secours de l'art, les remèdes et les aliments nécessaires. Ce genre de secours à domicile, dont on retire de si

EMPIRE. — SECOURS HOSPITALIERS. ^i

grands avantages partout où il est établi, présente encore une grande économie pour les hôpitaux ; car, dans une famille dont le chef est malade, la femme ou les enfants s'estiment heureux d'être allégés d'une partie de la dépense. Si Ton ajoute à ces avantages la consolation que doivent éprouver des pères et des mères lorsqu'ils peuvent être soignés, dans leur propre lit, par la main de leurs propres enfants, on n'hésitera pas à penser qu'on ne doit admettre dans les hôpitaux que les êtres qui sont assez malheureux pour n'avoir ni feu, ni lieu, ni parents. »

Quant à la classe des malheureux qui se trouvent abandonnés et privés de tout appui dans la société, ce sont les deux extrémités de la vie qui s'y rencontrent. A ceux-ci les hospices sont ouverts; mais le régime et l'éducation qui conviennent à des enfants ne permettent pas de les confondre avec les vieillards et les incurables : ceux-ci ne demandent que du repos; a il ne s'agit, porte la circulaire, que de leur fournir une habitation saine et spacieuse, pour qu'ils terminent dans une heureuse tranquillité leur vie laborieuse. Les enfants doivent être séparés d'eux avec soin. Les enfants doivent être élevés de manière à devenir utiles à la société qui les adopte; il faut donc leur faire contracter de bonne heure l'habitude du travail; il est seul capable de faire de leur hospice une école de mœurs et une pépinière de citoyens utiles. »

C'est en conséquence de ces principes qu'a été rendu le décret du 19 janvier 1811, sur les enfants trouvés, les enfants abandonnés et les orphelins pauvres; — décret qui, en statuant qu'il y aura, dans chaque arrondissement, un hospice pour les enfants trouvés, et, en ajoutant l'institution des tours à l'œuvre de saint

Vincent de Paul \ a chargé le budget de la misère d'un chiffre énorme (et, depuis lors, toujours croissant), d'expositions d'enfants* et de dépenses '.

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