MONARCHIE DE JUILLET. — SECOURS A DOMICILE
nombre de bureaux possèdent, pour tout bien, 8, 12, 18 ou 20 francs de revenus ^ Quel bien peut-on faire avec d'aussi modiques ressources?
D'après les relevés officiels, les bureaux de bienfaisance ont distribué en secours d'argent, pendant l'année 1833, une somme de 2 millions 570,000 francs j c*est presque le tiers du montant total de tous les secours accordés durant la même année. Or, la part moyenne de chacun des 695,932 participants n'ayant pas atteint la modique somme de 12 francs en secours de toute naturey il en résulte que chaque distribution en espèces s'est réduite à 3 francs tout au plus*. Môme distribution, même résultat proportionnel, dans les années suivantes; ce qui prouve qu'en dépensant 13 à 14 millions, chaque année, en secours à domicile, les bureaux de bienfaisance sont loin de réaliser tout le bien qu'ils pourraient faire.
D'où cette conclusion de M. de Gasparin, « qu'il y aurait de l'avantage à supprimer une grande partie des distributions ordinaires, et à leur substituer, le plus possible, des travaux qui seraient doublement productifs '*. »
D'où cette conclusion de M. de Rémusat : « que c'est à distribuer du travail, plutôt que des aumôneS; aux indigents valides, que l'administration publique doit tendre ^ »
Mais quel travail? dans quelle mesure? et par quel mode de distribution ? Problème que l'un et l'au-
* Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Rouen, Lille et Strasbourg sont les seules villes qui possèdent des bureaux de bienfaisance ayant plus de 100,000 francs de revenus. (VValteville, Essai statistique, p. 8),
» Rapport précité du 5 avril 1837.
• CircMÎaî're précitée du 6 août 1840.
tre ministre s*est contenté de poser sans le résoudre.
Seulement, après avoir reconnu que (( le manque d'ouvrage et Tinsuffisance des salaires sont les causes les plus générales de Tindigence parmi les individus valides, » et que « la charité est à peu près impuissante à combattre ces causes incessantes du paupérisme, soit que le défaut de travail ou le prix de la journée proviennent de circonstances industrielles qu'il n'est au pouvoir de personne de dominer, soit qu'ils tiennent au peu d'habileté de l'ouvrier, à sa paresse ou à son inconduite, ce qui est, malheureusement, le cas le plus ordinaire *, » M. de Rémusat s'est hasardé à recommander, a comme ayant été le plus souvent mis en œuvre, » le moyen qui consiste « à organiser des ateliers pouvant suppléer aux travaux que l'industrie privée ne fournit plus \ «
« Ce moyen, dit le ministre, est en effet très efficace; mais il est subordonné à la possibilité d'entreprendre des travaux et à leur nature particulière. Là où des ouvrages de terrassement peuvent être entrepris, l'organisation des ateliers est en général facile, et le but peut être promptement et sûrement atteint. Ce genre de travail, outre qu'il est à portée de tous les individus, quelle qu'ait été leur profession antérieure, n'exige d'ailleurs aucune mise de fonds pour l'achat des matières premières, et trouve en lui-même l'emploi des produits. Mais cette ressource n'existe pas dans toutes les localités. Aussi a-t-on songé à y suppléer par d'autres travaux.
(( On a proposé d'établir des maisons, qui ont été désignées sous le nom de Maisons de refuge, où les pau-
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