‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 141 sur 168 · MONARCHIE DE JUILLET. — TRAVAIL · texte numérisé non relu

MONARCHIE DE JUILLET. — TRAVAIL

\res sans ouvrage pourraient être employés à des travaux de leur profession, fournis par l'administration et exécutés pour son compte ; mais la diffîcuîlé d'écouler les produits de ces ateliers en a souvent compromis l'existence. Les mômes circonstances qui avaient déterminé la stagnation de l'industrie privée, ou, en d'autres termes, la cessation des commandes, s'opposaient également au placement des marchandises fabriquées dans ces ateliers de charité ; et si ceux-ci, pressés par l'encombrement des produits, les répandaient sur la place à vil prix, il en résultait une concurrence qui aggravait la crise commerciale et privait de travail les ouvriers que quelques fabriques occupaient encore.

« On a également songé, et quelques tentatives de ce genre ont lieu dans ce moment même, à fonder des Colonies agricoles pour les indigents valides. Ces fondations ont prospéré dans différents pays, particulièrement en Hollande. Mais aucune des exploitations commencées en France ne présente encore assez de développement ou de durée pour qu'on puisse en apprécier suffisamment les résultats; et d'ailleurs toutes les contrées n'offrent pas des terres propres à ces établissements.

« Je suis disposé à penser que chacun de ces systèmes peut être utilement employé; mais le succès dépend surtout des circonstances locales qui me paraissent devoir s'opposer à ce qu'on puisse sagement tenter de généraliser l'application, soit de l'un, soit de l'autre. Le problème consiste principalement à créer un travail abondant, facile et peu coûteux. Ce choix est naturellement subordonné à l'état de l'agriculture ou de l'industrie dans les divers départements, aux

habitudes de la population, etc., etc. Je crois doue qu'il convient de se borner, quant à présent, à examiner la question de savoir quels seraient, dans chaque département, les travaux auxquels, la circonstance étant donnée, il serait possible d'employer utilement les indigents *. »

De sorte qu'en définitive la solution du problème de la misère par le travail s'est bornée, sous le gouvernement de Juillet, à l'examen d'un essai de travail conventuel dont Vexj^érience d'essais pareils avait, antérieurement et si souvent, prouvé l'inefficacité et l'insuffisance ^

L'Empire et la Restauration avaient mieux fait, ou du moins avaient tenté de mieux faire ^

A. Question des Enfants trouves.

Accroissement des expositions. — Causes. — Obstacles apportés à leur progression. — Fermeture des tours. — Déplacements. — Résultats de ces mesures. — Secours aux m^rcs; — Seul remède au mal. — Objection?. — On en revient aux anciens errements ; aux vieux abus. — Conséquences morales, économiques, sanitaires, etc. — Le stigmate reste à l'enfant trouvé.

Des mesures plus efficaces furent prises par le gouvernement de Juillet pour fermer la plaie béante, et de plus en plus envahissante, des enfants trouvés et abandonnés.

Necker avait écrit, en 1784 : « L'abus grossit chaque jour, et ses progrès embarrasseront un jour le gouvernement... »

Cinquante ans plus lard, cette prédiction se réalisait,

* Ihid.

* Voy. ci-dessus, p. 374, 376, 379, 394, 397, 401..

au point que les enfants trouvés, dont le nombre avait toujours été croissant, surtout depuis le décret de janvier 1811 *, devinrent, pour la révolution de Juillet, un embarras moral et financier "^ dont elle ne put sortir que par une violente réaction.

L'Empire avait favorisé les expositions, en créant des moyens d'exécution, pour ainsi dire, commodes et sûrs, et en constituant par là comme une sorte de droit universel de mettre à la charge du pays tous les enfants nés hors mariage, voire même les enfants légitimes qu'on n'avait pas le moyen de nourrir. Le gouvernement de Juillet s'efforça, au contraire, de rendre les expositions plus difficiles et plus rares, en créant des obstacles assez puissants pour en arrêter l'affligeante progression, et en réveillant dans le cœur des mères le sentiment naturel qu'on y avait éteint.

De là, la fermeture des tours d'exposition systématiquement effectuée dans un grand nombre de départements % mesure qui, en amenant une diminution

* Voy. ci-dessus, p. 432, notes d, 2 et 3; et p. 441.

2 Suite du Tableau de la p. 441, d'après le Rapport du 5 avril 1837.

ANNÉES

NOMBRE

d'enfants

trouvés.

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