‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 149 sur 168 · Pratique de V Assistance · texte numérisé non relu

Pratique de V Assistance

La Diacouie substituée aux hôpitaux, hospices, bureaux de bienfaisance, etc. — La Dlaconie suffit, à elle seule, à pourvoir à tous les besoins, à soulager toutes les souffrances. — Organisation du secours à domicile pour toutes les classes d'indigents.

On connaît notre opinion sur rinstitution des hôpitaux et hospices. Après avoir démontré que l'origine chrétienne dont elle se targue est une origine menteuse, née qu'elle est, au contraire, de la mort de la primitive charité*, nous en avons fait ressortir tous les vices*, en prouvant que, de tout temps, et chez toutes les nations chrétiennes, ces gymnases des pauvres, comme les appelait saint Grégoire, ont plus engendré d'indigents qu'ils n'en ont jamais secourue

Cette preuve, nous l'avons pareillement faite pour les maisons de travail^, pour les dépôts de mendicité^, et généralement pour tous les établissements de la charité bâtie, petits et grands Versailles de la misère^ dont la promiscuité conventuelle et monumentale^ a porté et porte encore de si profondes atteintes à la moralité %

1 Voy. t. II, p. 235 et suiv., et 444 et suiv.

* Voy. ci-dessus, p. 338, 473.

8 Voy. t. II, p. 244 j et ci-dessus, p. 13, 67, 104, 303, 356, 361, 364, 441 et 471.

* Voy. ci-dessus, p. 55, 62, 78, 81, 82, 187, 275, 302. 5 Voy. ci-dessus, p. 381, 383, 434, 432 et 454.

« Voy. ci-dessus, p. 67, 68, 361.

7 Voy. ci-dessus, p. 143, 276, 303, 471, 473, 474, 475, 488, note 3. — « Il ne faut pas laisser fermenter la misère; les réunions de pauvres ne valent jamais rien » (Marbeau). « Le malheur et la misère ne gagnent rien à s'assembler » (Vée). a Et puis, celle vie commune et disciplinée, appliquée k des hommes de mœurs, d'humeurs, d'élats si différents, devient pour eux un supplice. Enfermé loin du foyer do-

à la santé*, et à la fortune publiques 2. Nous n'ajouterons rien ici aux arguments et aux faits que nous avons produits sur ce point, si ce n'est, — pour conclure, — ce mot d'un représentant du peuple à la Convention : « Il n'y a que des administrateurs qui aient pu imaginer, pour leur commodité personnelle, d'entasser des hommes de toute espèce pour les faire languir dans la misère et dans l'opprobre'. »

Donc, le secours à domicile, si simple, si direct, si chrétien, — le secours à domicile qui se donne, s'aug-

meslique avec des hommes que leur âge, leurs infirmités rendent tristes et moroses comme lui, que de fois le vieillard regrette le jour d'une admission imposée par sa famille, et quelquefois même par les bureaux de bienfaisance qui cherchent à se débarrasser de lui! » (De Melun.)

* Voy. ci-dessus, p. 487, note 3.— «Aucune maladie d'hôpital n'est pure. Le mélange des miasmes qui s'échappent de tous les malades leur nuit k tous. Il a été remarqué, dans l'hôpital de Lyon, que le \oisinage des fiévreux envenimait les plaies des blessés. Un autre mal qui fait frémir et qu'il est impossible d'éviter, surtout dans les grands hôpitaux, c'est l'erreur dans la distribution des remèdes. Un autre mal... mais il faut s'arrêter... » (Dupont de Nemours, Idées sur les secours à donner aux pauvres malades, 1786, p. 25 et 55.) Et l'influence qu'exerce sur leurs voisins de lits, atteints de la même maladie, la vue seule des mourants et des morts! Tous les hôpitaux ne sont pas construits comme celui de Turin. (Voy. ci-dessus, p. 47.)

* Voy. ci-dessus, p. 441 et 483. — Un nouvel Hôtel-Dieu de Paris, projeté pour 4,500 malades, devait coiiter 30 millions à construire. C'était le capital de quinze cent mille francs de rente, lesquels ajoutés à j 50,000 francs pour frais annuels d'entretien des bâtiments, eût établi la dépense du logement des malades k d, 650,000 francs de rente, ce qui, pour 4,500 malades, ^ût porté k 366 francs par année, ou à 1 franc par jour, la dépense seule du loyer de chacun (Dupont de Nemours, uh. sup., p. 52). Il n'y a pas d'hôpital, il n'y a pas d'hospice en France, où cette somme de 1 franc par jour au moins^ pour loyer seulement, ne doive s'ajouter k celle des frais de séjour dans l'établissement.

' Séance du 12 vendémiaire an iv.

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mente, se diminue, se retranche, se partage, se subdivise à l'infini selon les circonstances variables et infinies du besoin; — \e secours à domicile qui, seul discret dans ses dons, prend conseil de la honte autant que de la pauvreté qu'il assiste; — le secours à domicile qui, seul intelligent dans ses choix, permet au riche d'avoir des pauvres à lui, des pauvres qu'il visite, qu'il aime, et dont il se fait connaître et aimer; — le secours à domicile qui, seul moral et bienfaisant, soulage l'indigent sans l'enlever à sa famille, et vient en aide à la famille sans jamais la remplacer; — -le secours à domicile enfin, (c cette perfection de la charité publique, » comme l'appelait un ministre de l'empire, nous paraît le seul mode d'assistance qui doive formuler désormais la Charité sociale, en France, parce que, indépendamment des avantages que nous venons de rappeler, c'est le seul qui puisse proportionner le remède individuel de la charité au mal individuel de la misère, et que, de tous les modes de secours connus, c'est le seul qui puisse emprunter, aux moyens de contrôle qu'il comporte, l'intelligence de l'usage, en qui réside la seule force qui soit à opposer à la force de l'abus.

Mais, qui saura manier avec fruit, et avec toute la vigilance, avec toute l'intelligence, avec toute la foi, avec tout le dévouement, avec toute l'abnégation, avec tout l'amour du prochain qu'il comporte, cet admirable instrument de charité?

Une admirable institution avait été créée, au temps de la charité apostolique, pour la distribution des secours domestiques aux indigents : — c'était l'institution des Diaconies * .

* Voy. t. II, p. 211 et suiv.

Celle institulion, qu'est venue remplacer, sans pouvoir jamais en tenir lieu, celle de la charité aisée, de la charité collective, de la charité pétrifiée en un hôpital, au temps où l'Église changea sa croix en couronne, et où, par suite, la foi attiédie du peuple obligea les évêques à se faire acheteurs de blé, de vin, et d'autres denrées alimentaires (ce dont, par parenthèse, Ghrysoslôme se plaignait fort), pour en pourvoir, dans des établissements spéciaux, les pauvres que les aumônes des fidèles ne suftisaient plus à sustenter*; cette hislitution, il faut la faire revivre, il faut la réinstaller au foyer du pauvre, aujourd'hui que, sans être échauffée, peut-être, par la même foi, la charité s'épand, en France, sur tous les êtres malheureux, avec une générosité, une spontanéité, une abondance^ qui n'ont rien à envier à des temps meilleurs.

Réorganisée comme nous la comprenons, comme nous en avons, depuis longtemps, dans notre esprit, arrêté les bases et réglementé les détails, Tinstitution des Diacomes suffirait, à elle seule, pour pourvoir à tous les besoins, pour soulager toutes les souffrances, dans toutes les conditions et à tous les âges de la vie de l'indigent.

L'indigent est-il vieux, in firme , mcapahle de travaillera Si les parents qui lui doivent des aliments, aux termes des articles 20o et suivants du Code civil, sont dans l'impossibilité absolue de lui en donner, la Dm-

* Voy. l. Il, p.236elsiiiv.

2 Voy. ci-dessus, p. 4G5, notes 2 et 3; p. 466, note 1. — Survienne une calamité extraordinaire, la charité française puise dans son inépuisable trésor des secours extraordinaires. La souscription pour la Martinique a excédé 800,000 francs; celle pour les orphelins du choléra dans Paris, i million; celle pour la Guadeloupe, 4 millions et demi; celle pour les blessés de juillet, près de 5 millions! etc., etc.

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conte pourvoira, chez lui ou chez eux, à ses besoins par des secours en nature. S'il n'a ni père ni mère, ni enfants, ni mari, ni épouse qui puissent en prendre soin, soit chez lui soit chez eux, la Diaconie le placera chez un parent, chez un voisin, chez un étranger, pauvre comme lui, à qui elle allouera, en nature ou en argent, pour son entretien, un secours quotidien, suffisant pour le porter à désirer bien plus qu'à craindre de s'en charger \

La Diaconie fera de même, s'il s'agit d'un enfant, trouvé, abandonné, orphelin, à placer en nourrice ^, en pension' ou en apprentissage^. C'est toujours à la mère et au père de famille qu'elle s'adressera, pour qu'il soit élevé avec ses enfants et de la même manière que ses enfants, à la crèche, à l'asile, à l'école, à la boutique, à l'atelier domestique, à la métairie, à la closerie, à la ferme ; — jamais à l'hospice, jamais à la fabrique, jamais à la manufacture, jamais à la colonie industrielle ou agricole ^

L'indigent est-il malade^ Si sa maladie est de nature à pouvoir être traitée à domicile, — et c'est ce qui arrivera presque toujours ^ — , la Diaconie procédera

1 Ces placements domiciliaires sont d'un usage fréquent en Belgique et en Suisse (Voy. ci-dessus, p. d34, 272, 273, 275).

* Voy. ce qui se pratique à ce sujet en Suisse, où il n'y a ni tour^ ni hospice spécial pour les enfants trouvés, ci-dessus, p. 273, 277.

3 Voy. ci dessus, p. 134, 273.

* Voy. sur les avantages, pour les enfants, d'être élevés dans les familles, ci-dessus, p. 273 et 275; et sur les inconvénients, pour eux, de la vie commune des hospices ou des colonies agricoles, ci-dessus, p. 473, note 3 , et p. 499. — La seule exception que nous pourrions faire, en certains cas déterminés, serait en faveur des fermes hospices créées récemment en Belgique (Voy. p. i38}.

^ Aux médecins qui prétendent qu'il est impossible de traiter convenablement la plupart des maladies ailleurs que dans un hôpital, nous répondrons qu'il n'y a d'hôpitaux que dans les villes, et que les

comme il vient d'ôtre dit, pour l'indigent vieux ou inlirme *. Si, au contraire, sa maladie est de nature à ne pouvoir absolument être traitée à domicile, dans ce cas infiniment rare ^, la Diaconie le placera dans un dispensaire, établi, à cet effet, au chef-lieu de canton ^.

L'indigent est-il valide, bien portant, dans la force de l'âge? La charité ne lui doit rien dans ce cas, s'il a

quatre cinquièmes des malades sont traités, chez eux, de toutes leurs maladies, à la campagne, éloignés des médecins et des pharmaciens. Nous ajouterons que les gens riches ou aisés ne se font jamais traiter des mêmes maladies ailleurs que chez eux. Ils sont pourvus de tout ce qu'il faut pour ce traitement domestique, dit-on. Nous le nions pour le plus grand nombre des paysans et des ouvriers qui ne se font jamais traiter k l'hôpital. Ce qui leur manque en ustensiles, vases, linges, etc., les voisins le leur prêtent, à charge d'autant èi l'occasion. D'ailleurs, la Diaconie y pourvoirait pour les indigents.

* Dans la dépense que fait la charité pour le malade soigné à domicile il y en a une partie qui, sans lui nuire et sans multiplier les frais, peut tourner au profit de la famille. «Il faut bien que quelqu'un mange la viande dont on lui aura fait du bouillon, et, en chauffant sa tisane, il n'en coûte pas plus de chauffer ses enfants » (Dupont de Nemours, ub. sup.^ p. 21}. — En Angleterre, la plupart des hôpitaux étendent leurs soins sur un nombre de malades externes beaucoup plus considérable que celui des malades admis dans leur intérieur (Voy. p. 495, note 3). — Le décret du 46 floréal an ii accordait 10 sous par jour à l'indigent malade pour se faire soigner chez lui (tit. IV, art. 6). Mais, s'il ne peut se faire traiter chez lui, Irouvera-t-il des voisins, des étrangers disposés à recevoir chez eux toutes sortes de malades ? D'abord, le cas du placement chez des étrangers sera très rare, l'indigent ayant toujours un domicile quelconque au moment oij il tombe malade, et ce domicile devant toujours être celui où il sera traité. Ensuite, le gain h tirer de ce cas en atténuera toujours l'inconvénient pour celui qui en profitera. L'exemple de Gheel le prouve (Voy. ci-dessus, p. 135; voy. aussi p. 23 et 326),

2 S'il y a un cas de ce genre, c'est la folie, et cependant, en Belgique, c'est à domicile, chez les particuliers, au village de Gheel qu'on la traite (Voy. ci-dessus, p. 135 et suiv.).

^ Une simple salle à compartiments, ou une petite maison louée, avec une sœur infirmière, suffirait.

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du travail, avec ses bras, pour vivre. Mais, si son travail est insuffisant; s'il y a interruption dans la commande ; s'il y a chômage, etc., etc. ? Là est le point délicat de la solution, car là est le point de départ du paupérisme. Dans ces cas, la Diaconie fera elle-même travailler l'indigent chez lut, de son état, au moyen de fournitures d'outils ou de matières premières dont elle lui fera l'avance , avance dont elle se remboursera en prenant pour son compte l'ouvrage confectionné qu'il n'aura pas vendu, et dont elle trouvera l'emploi dans la distribution de ses dons en nature 2iux autres indigents.

Mais, si l'ouvrier n'a pas de boutique à lui ; s'il est compagnon ; s'il travaille chez un maître qui le renvoie? Dans ce cas, la Diaconie lui fournira de l'ouvrage dans'. sa chambre ou dans des Ateliers domiciliaires organisés comme nous l'avons vu sous l'Empire (p. 429), ou, exceptionnellement, dans une Maison de travail libre , comme la Casa d'industria de Milan (p. 74) ; mais jamais dans une maison de travail forcé, jamais dans un workhouse, jamais dans un refugC; jamais dans un dépôt de mendicité *.

Mais, si c'est un ouvrier de manufacture; s'il n'a pas d'autre profession que de faire mouvoir le métier mécanique qui lui manque ; si c'est un mercenaire, un journalier, un cultivateur, un charretier, un serviteur à gages, etc., etc. ? Alors, à défaut d'Ateliers communaux^ et autres travaux publics organisés pour la classe

* Voy. inconvénients du travail dans ces établissements, ci-dessus, p. 143, 176, 303, et ci-dessus, p. 527.

* L'Assemblée législative avait rejeté le système des ateliers nalionaux et des travaux lointains nécessitant une trop grande agglomération d'individus sur un même point (Voy. p. 401). Id. la Convention (Voy. p. 414). Le système des ateliers communaux n'admet que les ouvriers appartenant à la commune, Avec ce système, on eût évité la

pauvre \ et en attendant que l'indigent ait retrouvé de l'ouvrage, la Diaconie viendra à son secours en lui fournissant à domicile et en nature, — jamais en argent, — le pain, le combustible, les denrées, le vêtement, dont il aura besoin, au moyen de bons qui lui seront délivrés sur un fournisseur de la commune.

Mais si le domicile de l'indigent est insuffisant pour le loger, lui et sa nombreuse famille; et si son insalubrité est une des causes de sa misère ? Dans l'un et l'autre cas, la Diaconielui viendra en aide pour lui en trouver un plus grand et plus sain, en s'associant, dans ce but, à tout projet qui aura pour objet de construire non de ces vastes et coûteuses casernes d'ouvriers, connues sous le nom de Cilés ouvrières^ dans lesquelles le pauvre est parqué comme dans un lazaret d'où il ne peut sortir, mais de simples et modestes maisons disséminées dans les divers quartiers de la ville, comme à Londres ou à Berlin ^.

Mais, si l'indigent est à la fois sans travail et sans domicile? Dans ce cas, si l'indigent appartient à la commune, la Diaconie avisera soit à lui procurer de l'ouvrage et un logement, comme il a été ci-dessus dit, soit à le soumettre à un service déterminé, par une mesure analogue à celles pratiquées en Suède ou en Danemark^, laquelle serait autorisée par la loi. Si l'indigent n'appartient pas à la commune, l'auto-

charge et le danger des ateliers nationaux après février 1848; car on eût renvoyé dans leurs communes respectives tous les ouvriers sans travail étrangers à Paris; et il eût moins fallu d'argent pour leur payer des frais de roule qu'il n'en a fallu pour les nourrir jusqu'aux fatales journées de juin.

* Voy. ci-après, p. 543et 547, note 5.

"" Voy. ci-dessus, p, d99 et 307.

2 Yoy. ci-dessus, p. 321 el 327.

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rite le renverra au lieu de son domicile de secours *.

Et s'il refuse de s'y rendre? Dans ce cas, il sera en état flagrant de mendicité ou de vagabondage, et ce sera alors à la gendarmerie, et non plus à la Diaconie, à s'en charger.

Il en sera de même de tout autre indigent qui sera trouvé oisif, par sa faute, ou qui refusera le travail ofTert.

Bien entendu, toujours, qu'en aucun cas d'assistance, la Diaconie ne viendra au secours d'un indigent quelconque auquel des aliments seraient dus par sa famille, aux termes des art. 205 et suivants du Code civil, point essentiel à rappeler.

Ainsi, la Diaconie pourrait remplacer, à la fois, au grand avantage des pauvres ' et au grand profit du budget de l'assistance publique % les Hospices, les Hôpitaux et les Bureaux de bienfaisance.

La Diaconie exercerait aussi, bien plus efticacement <jue les Commissions administratives, la direction, la tutelle, la surveillance et l'inspection des enfants trouvés'', et répondrait pleinement, sous ce rapport, aux vues exprimées par la Commission législative de l'Assemblée nationale ^.

* Voy. ci-dessus, p. 394, 414, 415 el 533, noie 2. ^ Voy. ci-dessus, p. 528.

3 Chaque indigent secouru dans un hôpital ou un hospice coûte i franc par jour rien que pour sou loyer (Voy. p. 528, note 2} ; plus de 1 franc k 1 franc 50 centimes par jour pour son entrelien (Voy. p. 477). Avec le quart de celle somme lolale, l'iodigenl malade ou impotent serait plus efficacement secouru h domicile(Voy. p. 134 ell3o, 272, 277), et le secours qu'il recevrait, loin de jamais descendre au taux dérisoire des bureaux de bienfaisance (Voy. p. 479), s'élèverait, dans tous les cas, plus haut que celui de Genève réputé le plus élevé (p. 271).

* Le rapport a été déposé le 22 mars 1850. Voy. Quelques réflexions publiées il son sujet par M. Boicervoise, p. 31 el suiv.

LaDiaconie, enfin, résumerait en elle, et appliquerait utilement à la France, les diverses institutions de charité individuelle que nous avons vue fonctionner avec avantage, en Italie, en Suisse, en Belgique, en Hollande, sous les noms de Visites, Aumôneries, Confréries de miséricorde, Père et Mère des pauvres, Curateur des pauvres, Maîtres des pauvres, Prévôts des pauvres. Ministres et Anciens, Tribunaux de mœurs, etc.*, sans jamais avoir recours au vicieux et cruel système des roundsmen et des adjudications de pauvres au rabais ^.

Mais, pour cela, il faudrait que la Diaconie fonctionnât avec toute la puissance virtuelle de son institution. Pour cela, il faudrait établir et organiser, savoir :

Dans chaque commune, une Diaconie principale et plusieurs Sous-Diaconies auxiliaires, suivant l'étendue du territoire, et le nombre de pauvres à soulager.

Dans chaque chef-lieu de canton, une Diaconie- dispensaire envoyant ses remèdes ^ et ses médecins * aux malades de sa circonscription, ou recevant dans une salle spéciale ceux de ses malades qu'il serait de toute impossibilité de traiter à domicile.

» Voy. ci-dessus, p. 23, 24, 83, 87, 88, i34, 243, 265, 267, 270, 313.

« Voy. ci-dessus, p. 137, 271, 273, 299 et 324.

' On appliquerait, alors, réellement et sérieusement, les dispositions inexécutées du tilre IV du décret de la Convention, du 23 floréal an ii, surlesboîtesderemèdes, elcellesde la circulaire du 12 novembre 1812, sur les nécessaires de pharmacie pour les indigents des campagnes. On pourrait même alors répondre a l'invilaliou civique inutilement faite, par le décret précité, à tous les citoyens, de cultiver, dans leurs jardins, les plantes médicinales les plus usuelles.

* Les dispositions du décret précité du 22 floréal an ii, relatives au service de santé des campagnes, et les mesures adoptées k Rome et en Lombardie pour la création de médecins communaux (Voy. ci dessus, p. 23, 26 et 73), fourniraient des indications précieuses pour l'organisalioû du service médical à domicile.

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Dans chaque chef-lieu d'arrondissement, une Diaconie-contrôle ayant mission d'inspecter, de visiter, de stimuler, de relier entre elles, les diaconies de chaque commune et de chaque canton, etc.

Au chef-lieu de chaque département , une Diacomemère dominant et dirigeant toutes les diaconies de commune, de canton et d'arrondissement, répartissant ses secoui's entre elles, recevant leurs comptes, etc., etc.

Au siège du gouvernement y une Archi-diaconie centrale, donnant l'impulsion et imprimant l'unité d'action à tous les rouages de la machine '.

Le Gouvernement serait la tête et l'œil de l'institution des Diaconies; la Mairie et le Preshytère en seraient le corps et l'âme; les fonctionnaires de tout ordre, les principaux organes; les citoyens dévoués de toutes les classes, les membres actifs; les femmes, le cœur et les mains; nos mères, nos sœurs, nos lîlles, nos épouses seraient les Diaconesses, et, pour peu que les 8,000 5'œurs de charité de iws établissements actuels de bienfaisance ^ voulussent leur venir en aide, comme elles font à Naples% la misère et la maladie des pau-

^ La nécessité d'une centralisation d'action puissante, pour la dispensalion des secours de la ctiarité sociale, se retrouve dans Tinstitulion projetée d'une Commission des subsides et de congrégations régionnaires à Rome (Voy. ci-dessus, p. 21), dans celle d'une Congrégation généralissime de secours h Turin (p. 59), dans celle de V Institut général des pauvres a Trieste (p. 72); dans celle de la Junte générale de charité à Madrid (p. 106) ; dans celle du Bureau cantonal de Genève (p. 270) ; dans celle du Board-of-Guardians de Londres (p. 185) ; dans c^\\Qdi\i Ministère des pauvres an sénat d'Ypreset de laSorbonne(p. 370); dans celle de la Chambre de charité chrétienne de Henri IV (p. 359) ; dans celle de V Hôpital général de Louis XIV (p. 359 et 376); dans celle enfin du Bureau général de surveillance de la proposition Malouel (p. 386).

^ Voy ci-dessus, p. 97.

\res, auraient bientôt fait le vide dans l'immensitë, devenue inutile, de nos coûteux hospices et hôpitaux. Ce serait le plus sûr moyen de les détruire.

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