‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 152 sur 168 · SOLUTIONS DE L'AUTEUR. Ô · texte numérisé non relu

SOLUTIONS DE L'AUTEUR. Ô

supplémeiit qu'elle pourrait obtenir, à moindres frais, des parcelles infinies de son sol ^

Jusque-là, la famine, de planton aux portes de nos villes trop pleines % menacera notre avenir du retour du passé % et la fortune de la France continuera à être, chaque année, à la merci d'un coup de vent *.

Jusque-là, le travail, impuissant à abolir la misère, sera réduit à recourir à la charité pour la soulager, et à ne prendre ainsi, pour sa part, que la moitié de la solution du problème.

1 indigent sur 20 individus qui ne le sont pas ; — 20 personnes dans l'aisance pour 1 personne dans la misère, — telle est, en fm de compte, la balance moyenne de l'actif et du passif connus du budget de la charité sociale, en France \

Du rapprochement de ces deux chiffres — 1 sur 20;

* Voy. sur le morcellement de la propriété et ses effets, quant k la production, M. de Gasparin, dans la Revue des Deux Mondes, 1843, p. 72 et suivantes.

* « U serait urgent d'évacuer la population surabondante des villes dans les campagnes pour qu'au lieu de consommer elle produisît. Au contraire, les cités ouvrent sans cesse leur gueule béante pour absorber nos campagnards; le ventre s'enfle, les extrémités se dessèchent, et le gouvernement, assis sur un banc aux portes de la ville , laisse entrer qui veut. Ne voyez-vous pas, imprudent, que vous allez périr, et que vous périssez déjk par la pléthore des villes ? » ( Gormenin, ub. sup, p.xvj).

3 L'antique monarchie ws'est écroulée en 1792, aux cris de famine poussés par la multitude. L'Empire lui-môme commença k péricliter dès le terrible hiver de 1812. La grande cherté de 1829 1830 était l'avanl-coureur de la chute de la Restauration. Nous avons vu, enfin, le gouvernement de Juillet périr, quelques mois après la disette de

* « Que serait-il arrivé, mon Dieu ! si une abondance extraordinaire ne nous eût point été donnée en 1847? Quelques jours de pluie au mois de juillet, et la moisson était perdue» (Marchai, ub. sup., p. 40).

^ Voy. ci-dessus, p. 519.

20 pour 1, — ressort, pour nous, la formule la plus simple de la solution que nous cherchons.

Que 20 personnes s'associent pour en secourir une ! Et le problème de la misère sera résolu ; et il le sera, moyennant... un sou donné par chacune d'elles.

Dans le système actuel de secours, c'est un sou seulement par jour que reçoit chaque assisté, — aumône à peine suffisante pour lui faire avoir un morceau de pain*.

Dans le système nouveau que je propose , ce serait wnsoM par jour que donnerait chaque assistant, — secours quotidien de 1 franc, dont le bienfait serait pour Tindigent une richesse.

Quelque léger qu'il fût pour qui s'en imposerait le sacrifice, ce bienfait pourtant le deviendrait encore plus, il se réduirait même à rien, si, comme nous l'avons vu, il se convertissait en travail pour tous les indigents valides, et s'il ne venait qu'à défaut des ressources, préalablement épuisées, que présenterait la masse doublée des revenus, mieux administrés, du patrimoine actuel des pauvres \

Nous connaissons les riches trésors de ce patrimoine ^

Quelque élevés qu'en soient les produits, ils pourraient, même centrahsés aux mains du gouvernement *, même plus que doublés par la vente des biens qui en forment aujourd'hui l'assiette % ne pas suffire encore pour — soulager partout r indigence, éteindre la mendicité partout,,.

* Voy. ei-dessus, p. 514, noie 4.

* Voy. ci-dessus, p. 469 et suiv.

3 Voy. ci-dessus, p. 465 et 519, noie 3.

* Voy. ci-dessus, p. 537,

* Voy. ci-dessus, p. 469.

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