SOLUTIONS DE L'AUTEUR
Dans ce cas, pour ne pas laisser à la merci des volontés individuelles cette abolition universelle de la misère, le gouvernement, selon nous, n'aurait rien de mieux à faire que d'en revenir au système des taxes paroissiales de la vieille et sage ordonnance de Moulins*; système qui pourrait être mitigé par celui des taxes semi-volontaires en usage en Allemagne % et corroboré par celui des taxes en aide, établies dans le Wurtemberg*; — ce dernier ayant pour objet de rattacher les communes riches aux communes pauvres d'un même département, et d'unir les départements entre eux, par les liens de la solidarité de la misère^, comme par ceux de cette communauté d'assistance dont un ministre de la Restauration nous a transmis le principe et le vœu ^.
Remis aux mains fécondes des Diaconies^ le produit de ces dons, de ces revenus, de ces taxes, fructifierait au centuple dans le champ de la bienfaisance publique, si le Clergé qui, quoique devenu pauvre d'argent, est toujours resté riche de désintéressement et de vertus, — si le Clergé, qui recèle en lui la source de la vraie richesse, celle de la religion qui apprend à réfréner ses passions, à modérer ses désirs, à être enfin
3 « Le grand bienfait de la solidarité serait de soulager toules les misères, sans être arrêté par cette considération qui excuse aujourd'hui toutes les inhumanités : « Il n'est pas de ma commune » (L.-N. Bonaparte, uh. sup.).
* Voy. ci-dessus, p. 4il. — Un autre ministre de la Restauration, M. Hyde de Neuville, est revenu à la charge sur ce point, en 1845 : « Plus d'esprit de localité, plus de charité étroite. Tout malheureux doit être secouru sans distincliou de pays. La charité ne doit avoir de bornes que l'impossible, a