‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 16 sur 168 · Secours domiciliaires · texte numérisé non relu

Secours domiciliaires

Avantages des secours à domicile. — Diiïîcultés d'exécution. — Moyens de les lever. — Insuffisance des sommes distribuées. — Dots aux jeunes filles pauvres. — Prôts d'argent ou de grains. — Monts-de-piélé.

Les établissements hospitaliers procurent-ils aux classes nécessiteuses les avantages que la société s'en promet? Les secours à domicile ne sont-ils pas mieux entendus? Le système actuel des secours à domicile est-il ce qu'il devrait être? Des secours à domicile lesquels sont préférables, des secours en argent ou de ceux en denrées alimentaires et en vêtements ? Telles sont les questions qu'agite le ministre Pralormo dans son rapport.

A l'égard des établissements hospitaliers, il faut distinguer, dit-il, entre les hôpitaux, qui administrent aux malades des secours temporaires, et les hospices, qui ])rocurent un asile ])ermanent aux infirmes et aux incurables. L'utilité des hôpitaux est incontestable à ce dernier point de vue, qu'ils rendent les malades à leur famille et au travail le plus vite possible et qu'ils profitent à la science et à l'art médical. Le secours provenant des hospices, au contraire, brise les hens de la famille, provoque l'abandon du père vieux et infirme par ses enfants, habitue l'oisif, le vicieux, à voir dans l'hospitalité publique un asile contre la misère à la fin de sa vie; enfin il offre un refuge prématuré à des individus qui se disent plus infirmes qu'ils ne sont, et qui pourraient travailler encore s'ils le voulaient bien.

Les secours à domicile n'ont point ces inconvénients ; mais comment les distribuer?

Nous avons vu ci-dessus, page 46, que la moyenne

des secours à domicile ne s'élevait pas aimuelleaient à plus de S francs 70 centimes par tête d'indigent secouru. L'auteur du rapport estime que les secours réduits à ce chiffre sont trop modiques pour être efficaces.

Une autre difficulté, inhérente au régime de secours à domicile, est de s'assurer qu'il est fait un bon usage du secours, et qu'il profite à celui auquel on le donne. Cette difficulté, on ne peut la résoudre que par une étude approfondie de la situation et de la conduite de l'assisté, et pour que cette étude ait lieu, il faut que le secours soit porté vraiment à domicile, et non pas seulement distribué au bureau . On peut y parvenir à l'aide du concours des personnes charitables, au moyen desquelles la bienfaisance se multiplie, se fait véritablement homme, ôte à l'assistance publique sa sécheresse, et rélève à la hauteur de la charité chrétienne.

Le dernier point à examiner, c'est de savoir si la charité à domicile doit avoir lieu en nature ou en argent. Le secours en nature offre cet avantage, que l'assistance donne à l'assisté la même chose que l'épargne , et cet autre avantage, de mettre en contact plus étroit le bienfaiteur et le bénéficié (beneficalo)^ comme dit l'Itahen; tandis que le secours en argent, accordé souvent à l'importunité, quelquefois par ostentation, ne crée entre celui qui reçoit et celui qui donne aucun lien.

Enfin , un mode de secours qui n'offre ni l'inconvénient du secours en argent ni celui du secours eu nature, consiste à donner au nécessiteux du travail, des outils, des machines, ou les matières premières du travail.

Les conclusions du ministre sont que les secours à

domicile sont préférables aux secours hospitaliers, et les secours en nature à ceux en argent.

En 1859, il a été donné des dots à 1,799 jeunes filles, et ces dots représentent une somme de 199,671 francs 70 centimes, soit en moyenne, par tête, 91 francs 9 centimes.

Parmi les secours domiciliaires nous plaçons ceux que les gens gênés tirent du mont-de-piété.

Les monls-de-pièté sont de deux sortes en Piémont : les maisons de prêt en argent, et les maisons de prêt en nature, c'est-à-dire en froment et autres grains.

Les monts-de-piété ou de prêt en argent sont au nombre de S5, ceux en nature au nombre de 80: total 133.

Plusieurs monts-de-piété en argent sont tout à fait gratuits. Le plus grand nombre perçoit un intérêt dont le taux moyen est de cinq pour cent.

Aucun des monts-de-piété en nature n'est gratuit. Tous exigent un intérêt, soit en argent, soit en nature, mais qui ne dépasse pas quatre pour cent.

Dans ces derniers monts-de-piété les prêts ont lieu sans gages.

L'île de Sardaigne possède un plus grand nombre encore de maisons de prêt en grains que le Piémont. Ces établissements se proposent le même but que les banques agricoles de la Prusse et de l'Allemagne. Il serait à souhaiter que le bienfait s'en propageât partout.

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