‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 17 sur 168 · ITALIE. — ÉTATS SARDES. — MAISONS DE TRAVAIL · texte numérisé non relu

ITALIE. — ÉTATS SARDES. — MAISONS DE TRAVAIL

la Maison des Rosines de Turin.—- Économie de ces établissements. — Leurs dépenses. — Travail dans les prisons. — Le résultat ne répond pas au but.

La forme sous laquelle les secours, soit hospitaliers, soit domiciliaires, peuvent être donnés le plus utilement pour les pauvres et le plus fructueusement pour l'État, est, sans contredit, le travail.

La charité piémontaise l'a compris ainsi, car ses efforts constants ont tendu et tendent encore à ce résultat.

Outre les hôpitaux et hospices proprement dits, dans lesquels, d'ailleurs, la plupart des pauvres sont appliqués à divers travaux manuels * , la Sardaigne compte plusieurs Maisons de travail renommées par leur bonne tenue; entre autres, on cite, à Cannagnole, Vhospice de la Charité où les pauvres des deux sexes apprennent à fabriquer la toile; à Novare V Institut des pauvres où cent vingt indigents sont répartis en divers ateliers; à Ghambéry Vhospice Sainte-Hèlène qui occupe 90 indigents des deux sexes ; à Gênes, YAlhergo di poveri qui réunit jusqu'à 1,800 indigents valides, savoir 500 hommes et 1 ,500 femmes ^.

Mais, de toutes les maisons de travail du Piémont, les plus remarquables sans contredit sont, — outre la Casa di Ricovero ' — YAlbergo di Virtu , VAlbergo di

* Voy. ci-dessus, p. 50. — Dans l'hospice des incurables de Ghambéry, on fait travailler les infirmes, et ce travail produit 2,000 francs par an (Gerfberr, ub. sup.y p. 32).

* Cette dernière maison de travail jouit d'un revenu d'environ 300,000 livres de rente, dont plus de la moitié provient de fondations pieuses. ( De Gérando, De la Bienfaisance publique, t. III, p. S39.)

* Dépôt de mendicité, situé hors la ville, et tout k fait organisé à la française, à celte seule exception près que l'établissement est défrayé par la charité privée sans qu'il coûte rien à l'Étal (le vicomte Maumigny, Annales de la charité^ t. Il, p. 760).

Carila, et la Maison royale des Rosines de Turin. VAlbergo di Virtu est une institution presque unique dans les fastes de la charité italienne. Fondé en 1582, par la confrérie de Saint-Paul, dans le but d'empêcher l'oisiveté et d'encourager l'industrie, l'asile de la vertu est ouvert à tous les enfants du peuple qui doivent être instruits dans les arts et métiers. Ils ne sont admis ni avant douze ans ni après quatorze. Ils doivent savoir lire et écrire. Chacun doit être cautionné de trois cents francs par une personne domiciliée à Turin, apporter avec soi des vêtements décents et du linge, et payer trente livres pour les autres dépenses : avec cela la maison les habille, les nourrit, les soigne. Le cours d'éducation dure six ans. Les arts et métiers qu'on y enseigne sont : la menuiserie, la serrurerie, la fabrication des bas, des chapeaux de feutre, des tapis, des étoffes de soie, de laine et de coton de toutes sortes, etc. Le nombre des jeunes ouvriers varie de cent à cent cinquante *. Ce sont des fabricants de Turin, désignés par l'établissement, qui sont chargés de leur éducation professionnelle. A cet effet, ils placent dans les ateliers de la maison leurs machines et leurs ustensiles. Ils amènent aussi avec eux leurs ouvriers les plus experts. Ils payent à l'établissement une contribution annuelle, et aux apprentis les plus habiles une rétribution de quelques centimes par jour. Les maîtres doivent obtempérer aux règles disciplinaires de l'institution. Quand les jeunes gens ont fini le cours de leurs six années, et savent leurs métiers, ils sor-

* En 1839, VAlbergo di Virtuaa^ims des métiers k 133 jeunes garçons avec un revenu de 45,909 francs (Rapport précité du ministre Pralormo).

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