‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 26 sur 168 · ITALIE. — TOSCANE. — TRAVAIL · texte numérisé non relu

ITALIE. — TOSCANE. — TRAVAIL

chiens à la porte des riches, et plus ils sont abjects, meilleure elle est. Avec un métier sûr comme celui-là, qui est-ce qui voudrait prendre la peine de travailler ^ ? ))

Cependant, le zèle de la charité religieuse a, en Toscane, autant que dans les autres Élats de l'Italie, apprécié l'importance majeure du travail, soit comme mode de secours, soit comme moyen d'extinction de la mendicité. Mais, à l'exception d'Arezzo % nulle autre ville que Florence n'a su, voulu ou pu ^ organiser, en Toscane, ni industrie pénale, ni industrie professionnelle, pour les mendiants et les pauvres valides inoccupés.

La Casa pia di Lavoro de Florence est citée comme l'une des maisons de travail les mieux organisées qui soient en Italie. Elle reçoit à la fois des valides, des invalides, des mendiants envoyés par l'autorité, et des indigents qui y viennent volontairement chercher de l'ouvrage. De cette manière, le travail libre s'y associe au travail forcé. Ce dernier travail consiste dans des ouvrages faciles et que tout le monde peut faire. La discipline de l'établissement est douce, quoique sévère. Il y a une école pour les enfants. On abandonne au travailleur, comme encouragement, un tiers de ce qu'il gagne. Ce tiers est mis en réserve pour lui être

* Simond, Voyage en Italie, 1. 1, p. 138.

* La Casa pia di Mendicità d'Arezzo fut ouverte en décembre i 832. Elle contient 100 reclus, tous appliqués à différents travaux manuels. La charité privée en fait les frais. Nous ne devons pas mentionner comme maison de travail la Casa di Mendicità de Sienne, « car l'on n'y songe pas môme à utiliser les 400 bras des 200 reclus qui y croupissent dans une constante oisiveté » (Turchelli, ub. sup., p. 57 et 59).

^ Livourne n'a pas de maison de travail, parce que le travail y surabonde. MaisPise n'en a pas non plus, et le travail y manque. Honte, honte aux Pisansî (/6tJ., p. 60).

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donne à sa sortie. La population moyenne, qui e'tait de 2,008 en 1817, était tombée en 1819 à 875; mais, depuis la nouvelle réforme, elle est remontée, en 1840, h 1,567, dont 520 femmes *. On applique une partie des indigents à la fabrication de bonnets grecs et de tapis. Cette industrie procure d'assez forts bénéfices à rétablissement; mais ces bénéfices ne coûtent-ils pas trop à la justice et à l'humanité? Les indigents, dit à ce sujet M. Naville, n'ayant d'autre ressource que cette industrie à laquelle on les a formés, et qui ne s'exerce que dans la maison de travail, se voient réduits à y rester, pour ne pas mourir de faim. Les individus surpris à mendier ne peuvent quitter l'établissement qu'en payant une amende de 20 francs pour la première fois, et de 40 francs pour la seconde; s'il y a double récidive, ils y sont enfermés pour le reste de leurs jours, à moins qu'ils n'obtiennent du gouvernement l'autorisation spéciale d'en sortir. A quel prix donc a-t-on obtenu un tel succès? En rétablissant l'esclavage ^.

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