‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 34 sur 168 · ESPAGNE. — ÉTABLTSSEMEÎSTS DE BIENFAISANCE · texte numérisé non relu

ESPAGNE. — ÉTABLTSSEMEÎSTS DE BIENFAISANCE

collège de la Paz ou des Jeunes filles sans asile '; le collège de losDoctrhios ou de Sainl-lldefonse, pour quarante orp/ie/ms ; l'hospice de los Donados, i^ouv douze pauvres vieillards; le refuge de nuit de San Lorenzo ; la maison du Péché mortely pour les mères illégitimes et les repenties; enfin, l'hospice royal de bienfaisance ou Maison de travail volontaire de San Fernando, pour les pauvres valides sans ouvrage'*.

Madrid possède en outre, indépendamment de son Dépôt de mendicité, dont nous parlerons dans le § suivant, une École royale de sourds-muets ^ et plusieurs Salles d'asile pour la première enfance *,

Le travail est la base du plus grand nombre de ces établissements. On travaille dans les deux asiles des enftmts abandonnés; on travaille dans l'hospice des orphelins ; on travaille dans l'école des sourds-muets ^; on travaille surtout , — c'est là le but spécial de son institution, — dans l'hospice royal de San Fernando \

* Fondé en i662. Le nombre moyen des filles qu'il renferme annuellement est de 360. Celles qu'on ne parvient ni h. marier ni à placer y restent (Ibid., p. 13).

2 Fondé en i6G8, par la reine régente Anne d'Autriche. La maison a contenu jusqu'à 1,200 pauvres des deux sexes {Ibid.^ p. 18).

* Fondée en 1802. Voy. détails intéressants sur cet établissement, Ibid., p. 3 et suiv.

* La principale est aussi bien tenue que les mieux tenues de Paris (Voy. l'art, de M. de Gormenin inséré dans les Annales de la Charité, de 1846, p. 766).

'^ Il y a, dans celte école, une imprimerie et un atelier de librairie. Une jeune aveugle fait les fonctions de brocheuse (R. de la Sagra, ub. sup.y p. 5).

^ Il y a des ateliers pour fabriquer des toiles , des tissus de laine, des broderies, des dentelles, etc. Tous les produits de fabrication sont vendus dans l'établissement aux gens du dehors. Les pauvres que leur âge ou leurs infirmités ne meltent pas hors d'état de travailler, sont employés dans les ateliers, et reçoivent le quart du produit de

Sans le produit de leur travail et les dons de la charité privée, ces établissements ne pourraient suffire à leurs dépenses ; car le gouvernement ne fait plus rien pour les pauvres, pauvre qu'il est devenu autant qu'eux *; heureusement que la bienfaisance espagnole suffît à s'administrer et à se subventionner elle-même ' , et que, bien que les événements politiques de ces derniers temps aient souvent mis sa caisse presque à sec*, les dons des fidèles ne lui ont jamais fait défaut jusqu'au point de l'obliger à recourir à des taxes forcées *.

leur travail; les trois quarts restant reviennent k l'établissement. On répartit entre tous les pauvres le dixième des quêtes et des aumônes ; et les règlements du cardinal de iMolina obligent l'établissement à leur donner en argent la valeur des rations dont ils font abandon, soit par défaut d'appétit ou par spéculation. Par ces moyens, ils peuvent amasser un petit pécule qu'ils emploient à se procurer quelques douceurs, ou qu'ils amassent pour leurs enfants. C'est, en quelque sorte, une organisation de la mendicité (Ibid.^ p. i8).

* Les revenus publics de l'Espagne ne se montent guère qu'à 125 ou 130 millions de francs. Sa dette s'élève k près de 1,400 millions de francs; l'intérêt annuel de celte dette est de 70 millions, ou plus de la moitié de son revenu. Ce honteux dénûment, chez une puissance qui a tiré des mines du nouveau-monde, dans l'espace de trois siècles, 27 milliards au moins en numéraire, et à qui l'Europe doit les neuf dixièmes de ses espèces monnayées, est une preuve sans réplique que l'or ne suffit pas pour assurer la prospérité des États.

^ En 1778, le service des secours publics fut centralisé en Espagne. Une Junte générale de la charité fut instituée pour y présider avec l'autorité nécessaire. Des Députations de charité dans les provinces, des Congrégations de charité dans chaque commune, formèrent une administration hiérarchique pour assurer le service des indigents. A Madrid , une Junte de dames, de la plus haute noblesse, patronèrent spécialement l'hospice des enfants trouvés et des orphelins. Ce sont des sœurs de charité qui en ont la surveillance.

3 Dans les temps de détresse, le gouvernement s'empare d'une partie des revenus des hospices, et les instituts des pauvres sont alors forcés de recourir a des emprunts qui les ruinent (Naville, Charité légale, t. I, p. 446).

* Toutefois, quelques provinces d'Espagne ont été jadis passagère-

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