PORTUGAL. — MISÈRE ET BIENFAISANCE
que des moyens qui peuvent y être employés pour y remédier ^ Nous savons seulement que la législation civile n'a pas eu besoin d'y constituer des droits au pauvre, ni d'établir une taxe pour les secours publics. La charité chrétienne, à ce qu'il paraît, a suffisamment reconnu les titres du malheur et pourvu à ses besoins '.Les subventions communales, les fondations pieuses se joignent aux aumônes privées. Les pères, mères, enfants, frères et sœurs sont, d'ailleurs, réciproquement tenus d'assister le membre de la famille qui tombe dans le besoin. Dans cette solidarité d'assistance se trouve le germe de la solution tant cherchée du problème de la misère, bien plus que dans les doctrines socialistes qui commencent à se faire jour dans la péninsule Ibérique ^
1 Voy. Communications faites au congrès pénitentiaire de Bruxelles, en 1847, par M. Braamcamp d'Almeida, préfet de Lisbonne, Revue pénitentiaire, t. IV, p. 88. — Le Porlugal est placé par M. de Villeneuve sur la même ligne que l'Ilalie sous le rapport de la mendicité. D'après ce publiciste, le Porlugal, peuplé de 3,500,000 individus, renferme 441,000 indigents, et est supposé contenir 28,000 mendiants, e'esl-k-dire 1/5 de la classe indigente, et 1/25 de la totalité de la population. M. Balbi ne porte qu'à 32,487, en tout, le nombre des pauvres dans le royaume de Portugal et d'Algarve.
* Aux Açores, plusieurs lois ont été rendues pour les orphelins; elles leur donnent pour prolecteurs les magistrats eux-mêmes. — On a peu a'informations sur les institutions d'enfants trouvés. On est seulement fondé k présumer qu'elles sont analogues a celles d'Espagne. Pendant le cours de cinq années (de 1815 a 1819}, quelques hospices d'enfants trouvés avaient recueilli 14,916 enfants, nombre dans lequel Lisbonne compte pour 13,088 (De Gerando, Bienf. publ.y t. II, p. 183, et t. IV, p. 546).
* Voy. VEcho des Ouvriers, revue hebdomadaire publiée à Lisbonne depuis le 28 avril 1830.