‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 52 sur 168 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Ecosse.

Caractère et effets du paupérisme et de la taxe des pauvres en Ecosse. — Les Wynds de Glasgow. — Prostitution. — Ivrognerie. — Criminalité. — Mortalité. — Institutions charitables, — Préventives et répressives. — Owen et New-Lanarck. — Mal plus fort que les remèdes.

C'est à tort que Ton prétend que l'Ecosse est exempte des maux qu'entraînent le paupérisme et la taxe des pauvres, en Irlande et en Angleterre.

Les lois de l'Ecosse sur les pauvres diffèrent peu de celles de l'Angleterre. Il est vrai que , sur quelques points du pays , on parvient à assister les pauvres, sans recourir à la taxe légale, au moyen d'aumônes, de souscriptions, de collectes à l'église, etc.; mais, c'est là une exception.

Or, dès avant le statut de la XLIIP année d'Elisabeth *, la taxe forcée était de règle générale dans le plus grand nombre des paroisses de l'Ecosse ^. Aussi voyons-nous, malgré quelques différences notables

* Un bill du parlement tenu à Edimbourg, en 1579, sous Jacques VI, énumère et contient toutes les règles qui constituent le système anglais, taxes paroissiales pour les indigents invalides, peines contre les mendiants valides, etc. (Wade's History of the working classes, p. 56 et 383.)

* Dès 1824, sur 890 paroisses que comprend l'Ecosse, environ 300 étaient sous le régime de la charité légale. Ces 300 paroisses, dont Glasgow et quelques quartiers d'Edimbourg faisaient partie, contenaient k peu près la moitié de la population du pays, c'est-k-dire un million sur 2,093,456 àmcs(^c;m6. Rev., oct. 1824).

dans le mode d'administration des secours *, le taux de la taxe s'élever progressivement d'année en année, comme en Angleterre ^, et menacer le pays d'une ruine complète ^.

Quant aux signes extérieurs du paupérisme, à ses demeures % à ses habitudes % à ses effets de dégra-

* Voy, la loi du 4 août 1845, intitulée : An act for better administration of the laws relating to the relie f of the poor^ in Scotland.

2 De d803 à 1813, la taxe s'est élevée, k Glasgow, de 3,000 livres sterling k 12,000 \i\res {Quart, iîw., janvier 1823). En quelques parties du pays, elle a doublé en dix ans ; en d'autres, en quatre ans. {Edinh. Rev., ocl. 1824). Ici, elle a quintuplé en sept ans (Chalmers, Christian economij, ch. XIII) ; là, décuplé en moins de SO ans {Edinh, -Rev., mardi 1817).

^ « Par ses conséquences naturelles et irrémédiables, la taxe entraînera la ruine du pays » (Nassau, A letter to lord Howich, p. 29 et 30). 11 est des paroisses oii le sol, ne rapportant plus de quoi payer la taxe, n'est plus cultivé, où les terres et les mines restent dans l'abandon et sont aussi perdues que si un tremblement de terre les avait englouties (Edinb. Rev.^ feb. 1818J.

* On ne trouverait d'expressions dans aucune langue pour décrire certains quartiers des villes écossaises, et particulièrement la partie basse de Glasgow, qu'on appelle les Wynds. C'est le refuge par excellence des vagabonds et des gens sans aveu. Sa population flottante varie de 15 à 30,000 individus. La description qu'en a faite M. Symons se termine par ces mots : « La longue inspection que j'ai faite des plus pauvres quartiers des autres villes, en Angleterre et sur le continent, ne m'a jamais rien offert qui approchât de moitié de ce que j'ai vu ici, pour l'intensité et l'étendue de la corruption physique et morale. » (Voy. Arts and Artisans, ad home and abroad, by J.~I. Symons, p. 116 etsuiv.)

^ Une habitude particulière non-seulement à la classe pauvre, mais a la classe ouvrière de Glasgow, est de marcher nu-pieds. Hommes, femmes, enfants, tous marchent pieds nus dans les rues, en hiver comme en été. Sur 100,000 personnes qui circulent dans les rues, plus de 50,000 sont sans chaussures. J'ai vu, le soir, des bandes de filles publiques, magnifiquement parées, marcher sur la pointe de leurs pieds nus, évitant avec soin de s'en crotter le dessus. J'ai vu, un dimanche, des jeunes filles cheminer les pieds nus, portant leurs sou-

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