Taxes forcées
Taxe des pauvres. — Son origine. — Son quantum. — Son mode de perception.
— Indigents qui y ont droit. — Nature de la taxe. — Taxe semi-volontaire.
— Taxe de parenté. — Progression ascendante de la taxe des pauvres. — Ce qui l'augmente. — Émigration.
La Réforme eut pour résultat, en Suisse comme en Angleterre, de faire que les indigents qui, auparavant, recevaient à la porte des couvents leur pitance journalière, privés tout à coup des seuls secours qui les fissent vivre, se livrèrent partout à la plus hideuse, à la plus dangereuse mendicité. Delà, les plaintes dont les diètes fédérales retentirent sur la multitude toujours croissante des mendiants et des vagabonds dont les routes étaient infectées et les villes inondées, à cette époque ; de là, le système de secours que la diète assemblée à Baden, en 1S51 et en 1S55, adopta et établit dans toutes les communes de la confédération helvétique, système qu'on suit encore aujourd'hui et qui se résume dans cette prescription fondamentale de l'Église primitive : Quœque civitas suos pauperes alito.
La taxe anglaise, la taxe complète, communale et spéciale, est de droit commun dans la plupart des cantons suisses. Quelques villes en sont exemptes, comme Bâle et Zurich, grâce à la charité privée de leurs habi-