SUÉDE. — STATISTIQUE DES PAUVRES, ETC
tion considérable. La population augmente naturellement dans les mêmes proportions; à côté d'un grain de blé croît un bomme.
Lesjournées des artisans sont de 99 centimes, celles des cultivateurs babiles de 70 à 80 centimes, celles des cultivateurs moins babiles de oO à 40 centimes seulement. Les familles vivent là-dessus. Le cbiffre de la dépense d'un petit fermier a été évalué par M. Liddel, consul anglais à Gothembourg, à 272 francs. Dans les familles des laboureurs les dépenses sont moins des deux tiers de ce cbiffre.
Bien que l'instruction primaire soit peut-être plus répandue en Suède qu'en aucun autre pays du monde civilisé**, l'ivrognerie qui règne dans les classes ouvrières, à un degré d'intensité inconnu ailleurs^, en paralyse les effets moraux au point que la criminalité augmente^ dans une proportion qui a fait jeter au
* Lord Brougham disait, il y a quelques années, au parlement d'Angleterre, qu'on rencontrerait k peine en Suède un homme sur 1,000 qui ne sût pas lire. Cet état d'instruction s'étend jusqu'aux extrémités du royaume. Au dire du pasteur Felmann, il n'y avait pas, dans les deux paroisses qu'il desservait dans la Laponie finoise, un seul individu qui ne sût lire et écrire.
* On comptait, en '1833, en Suède, 17,000 distilleries dont le produit total était de 165,000,000 de litres; ce qui, sur une population de 3 millions d'habitants, ferait une consommation annuelle de 53 litres par habitant, consommation qui dépasse de beaucoup celle de tous les autres pays. Depuis, les distilleries ont été abolies, et l'ivrognerie déclarée vice infamant. Une loi ordonne que le nom de tout individu trouvé ivre soit affiché en grosses lettres à la porte de l'église.
3 Le nombre des prisonniers, comparé h la population suédoise, donne le rapport suivant;
Années. Population. Prisonniers. Proportion.
1835 3,025,439 habitants. 10,368 34 p. 0/0, ou 1 sur 291 1838 3,100,439 — 12,728 41 p. 0/0, ou 1 sur 243
1848 3,345,439 — 20,589 62 p. 0/0, ou 1 sur 162
Si l'accroissement de la population est de 0,83 pour 0/0 seulement
prince Oscar le cri d'alarme qui a donne lieu à la réforme pénitentiaire introduite dans les prisons du royaume en 1845*.
Quant au nombre des pauvres, M. de Hartmansdorff, secrétaire d'État pour les affaires ecclésiastiques, nous apprend que 63,448 indigents ont été secourus par la charité publique, en 1829, sur une population de 2,780,000 habitants, c'est-à-dire que la misère officielle était, alors, à la population totale, dans le rapport de 1 indigent secouru sur 42 habitants. Mais, les renseignements fournis par le colonel Forsel diffèrent singulièrement de ce résultat, puisqu'il portait le nombre des indigents assistés à 544,000, ou à un cinquième de la population ; différence qu'on ne peut s'expliquer qu'en supposant que le colonel Forsel a compris dans le nombre des indigents tous ceux qui ont reçu assistance par des contributions volontaires*.
Ce qu*il y a de certain, c'est que tous les voyageurs, en Suède, s'accordent sur cette observation, que c'est le pays où l'on est le moins importuné par les mendiants, et qu'ils en attribuent la cause à l'excellente organisation des établissements publics destinés à procurer du travail aux pauvres et des secours aux infirmes et aux vieillards.
par an, et raccroissemenl du nombre des détenus de 7,58 pour 0/0, ces derniers s'augmentent donc dans un rapport neuf fois plus fort que la population (Voy. Des peines et des prisons^ par le prince Oscar de Suède, traduction française, 1842, p. 108).
* Voy. ouvrage précité, et communications de M. Netzel au congrès pénitentiaire de Francfort en 1846 {Bévue pénitentiaire, t. IV, p. 31}.
2 M. de Villeneuve-Bargemont, de son côté, dit que sur une population de 3,866,000 habitants, on compte en Suède 1/2S de pauvres, c'est-k-dire loi,000, el 1/243 de mendiants, c'est-à-dire 15,450.