NORWÉGE. — STATISTIQUE DE LA MISÈUE
Maintenant que le prince est devenu roi, il lui reste l'action après le conseil. Il a déjà tant fait pour le bien-être des masses que ce qui lui reste à faire en découlera nécessairement, comme la conséquence découle forcément de son principe.
La Suède a reçu du père sa reconstitution territoriale, sa prospérité industrielle et financière; elle ne peut ne pas obtenir du fils sa régénération politique et sociale.
Norwége.
Pauvreté des habitants. — Économie forcée. — Salaires. — Misère n'augmente pas ; — Pourtant criminalité augmente. — Taxe des pauvres. — Roundsmen. — La confirmation»
Bien que la criminalité suive, en Norwége, la même progression ascendante qu'en Suède', la statistique ne nous apprend rien de la progression parallèle du paupérisme; seulement, elle fixe au chiffre slationnaire de 1 indigent sur 20 habitants, la moyenne annuelle de la misère, dans ce pays.
En Norwége, la centième partie du terrain, environ, mise en cultuie, ne nourrit pas ses habitants. Leur nourriture ne consiste guère qu'en pain d'orge ou d'a-
* Le chiffre de la population du rojaume, qui était, en 1815, de 885,925 habitants, élait de 1,327,969 habitants en 1845. — Le nombre des prisonniers, qui était de 480 en 1815, était de 1782 en 1845. Donc, en 1815, il y avait 1 prisonnier sur 1,846 habitants, eî, en 1845, 1 sur 711. (Voy. communications de M.Moinichen au Congrès pénitentiaire de Francfort-sur-le-Main en 1846, Revue jiénitentiaire^ t. IV, p. 29). •
voino, avec des harengs salés, ou un morceau de lard, et la sève du bouleau pour boisson.
Mais, les longs hivers, et le mélancolique rideau des forets éternelles, portent forcément les habitants à l'épargne, aussi l'économie est-elle le trait le plus saillant du caractère norwégien ; ce qui ne les empêche pas de connaître et de pratiquer la plus généreuse hospitalité. Les salaires des ouvriers des villes varient de 6 francs 75 centimes à 8 francs 85 centimes par semaine. Les travailleurs agricoles gagnent de 30 à 55 centimes par jour. Ces derniers sont logés et nourris par ceux qui les emploient. Les autres fournissent leur nourriture et leurs outils.
On lève, en Norwége, pour les indigents qu'on assiste à domicile, 1/4 pour 100 sur les sommes déclarées dans les contrats de vente, et une contribution annuelle de 8 sous (95 centimes) sur toute personne de l'un et Tautre sexe non propriétaire, dès le moment qu'elle a reçu la confirmation*,
La taxe étant communale, c'est le comité communal qui distribue les secours.
La plupart des pauvres sont soumis au régime de la ronde. Des malheureux qui ne peuvent satisfaire aux besoins les plus pressants de leur famille sont obligés de prélever, sur le morceau de pain qu'ils ont à lui donner, la part de l'hôte indigent que la charité légale leur impose. Il est des propriétaires qui se voient quel-
* En Norwége, de même qu'en Danemark, il ne suffit pas d'être majeur pour être citoyen. Nul ne peut y jouir du droit de citoyen ni en supporter les charges, s'il n'a reçu la confirmation. Lacontirinalion est aiufci un acte politique autant qu'un acte religieux. L'âge fixé pour recevoir la confirmation est de 16 k 18 ans.