DANEMARK. — POPULATION INDIGENTE
quefois forcés de nourrir et loger 40 pauvres à la fois ' .
Le gouvernement, qui a tant fait pour les pauvres qui sont en prison*, ne fera-t-il rien de plus pour les pauvres qui n'y sont pas?
§ ni.
Danemark.
Taxe paroissiale. — Pauvres comme riches y contribuent. — Charité n'y est qu'un prêt. — Conséquences. — Moyens de subsistances. — Salaires. — Trois catégories légales d'assistés. — Tout individu sans travail doit se mettre en service. — Prohibition de la mendicité. — Statistique des pauvres et des mendiants. — Colonies d'indigents. — Progrès du paupérisme.
Le système de la taxe paroissiale existe, en Danemark, comme en Angleterre, avec cette différence toutefois, que les propriétaires et personnes établies ne contribuent pas seuls à l'impôt de la misère; mais que tous les individus en état de supporter le plus faible tribut, comme les journaliers et les domestiques, payent une redevance sur leurs gages et salaires.
En Danemark, la population agricole est, à la population industrielle, comme 4 est à 1. On y compte 2,000,000 de propriétaires et agriculteurs, et 500,000 ouvriers (Évaluation de M. de Villeneuve).
Un homme qui, avec une femme et quatre enfants, travaille activement toute la semaine, gagne 15 francs. La nourriture du laboureur consiste en seigle, farines
* Wergeland, De V administration de la Charité tn Norwége {Revue encyclopédique, 1820, p. 413 et 416).
* Voy. Communication de lA. Mo'imchen, ub. sup.
de gruau, pommes de terre, café, beurre, fromage et lait. Les vivres y sont à bon marché, et une faniille qui se conforme à Tcconomie, ce trésor du ménage, trouve dans son salaire de quoi pourvoir à sa subsistance.
Les personnes en faveur desquelles l'assistance est une obligation, se divisent en trois classes : 1® celles âgées, malades ou infirmes ; 2° les orphelins, les enfants trouvés et abandonnés, et les enfants des parents hors d'état de les secourir ; 3° les familles ou individus qui ne peuvent gagner ce qu'exige leur subsistance ou celle de leurs enfants.
Les pauvres de la première classe sont pourvus de nourriture, vêtements et soins de médecins, tant dans leurs demeures privées que dans des établissements appartenant aux paroisses. Les enfants sont placés dans des familles particulières, où ils sont élevés ou instruits, aux dépens de la paroisse, jusqu'à ce qu'ils puissent être mis en apprentissage ou pourvus d'un état. Les pauvres de la troisième classe sont secourus de manière à ce qu'ils ne manquent pas de ce qui est absolument nécessaire à la vie; mais ils sont forcés de travailler suivant leur aptitude.
L'admission du pauvre dans Tune des trois catégories ci-dessus, et l'étendue de l'assistance qui lui est accordée sont décidées administrativement par une commission spéciale.
Le gouvernement a fait établir dans le duché de Holstein, sous le nom de Frederick' s~Gabe, une colonie d'indigents, où vingt familles de pauvres, comprenant 61 individus, ont été installées en 1822 et 1823, dans les habitations construites pour elles.
Une autre colonie de pauvres s'est fondée, depuis.