Secours hospitaliers
Mulliplication des hôpitaux, hospices, asiles, refuges, etc. -^ Saint Vincent de Paul et les enfants trouvés. — Charité bâtie n'est plus charité, — C'est bienfaisance et philanthropie. — Administration des hôpitaux par le clergé; — Abus et malversations; — Remèdes insuffisants qu'on y apporte. — Comptabilité en deniers et en matières. — Chambres de charité chrétienne. — Chambre générale de réformalion. — Révolution opérée par Louis XIV dans l'administration des secours hospitaliers. — Hôpital général de Paris. — Hôpitaux généraux de province. — Centralisation. — La misère a son Versailles ; — C'est le seul résultat obtenu ; — Preuves. — Ce qu'étaient les hôpitaux à l'avènement de Louis XVL — Régime intérieur affreux. — Workhouses français. — Institution condamnée par les écrits du temps.
La charité bâtie, la charité monumentale, la charité
* Voy. Rapport de M. Camus au conseil des hospices de Paris en d803.
2 Voy. sur l'organisalion des diaconies de la primitive Église, t. II, p. 211 et suir.
conventuelle qui prévalut sur la charité domiciliaire, sur la charité individuelle, sur la charité apostolique, dès le moment où la charité cessa d'ôtre charité dans Je monde chrétien \ dut nécessairement se pétrifier davantage encore dans les siècles où la charité perdit jusqu'à son nom et se transmua en bienfaisance % et, plus tard, en philanthropie.
C'étaient pourtant des hommes bien chrétiennement charitables que ce Dathéus % que ce frère Guy *, que ce saint Louis % que ce Pierre d'Assise % que ce Vincent de Paul % dont le zèle et l'exemple ont imprimé aux secours hospitaliers, tant à l'étranger qu'en France, une impulsion si vive et si soutenue. Mais la charité de ces saints personnages subissait la pression des nécessités de leur temps, et, du moment où la bienfaisance mondaine dédaignait de descendre dans l'humble demeure du pauvre, leur charité chrétienne ne pouvait qu'aimer mieux les secourir, en commun, dans des
* Voy. ci-dessus, t. II, p. 236 et suiv.
* Ce fut le bon abbé de Saint-Pierre qui, le premier, employa le mot de bienfaisance (Voy. son Mémoire sur les pauvres mendiants et sur les moyens de les subsister, publié en 1721).
3 Fondateur a Milan, en 787, du premier hospice d'enfants trouvés (Voy. t. II, p. 445, note 5).
* Fondateur à Montpellier, vers 1180, du premier hospice d'enfants trouvés en France, et de l'ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit auxquels on doit la création d'un grand nombre d'hôpitaux (Voy. Remacle. Des hospices d'enfants trouvés, p. 34 el suiv.).
s Saint Louis fonda ou restaura plusieurs hôpitaux, entre autres : y Hôtel-Dieu de Paris, en 1248; l'hospice des Quinze-Vingts , en 1260; V Hôtel-Dieu de Pantoise, en 1258 j VHôpital de Compiègne,en 1259, etc.
6 Précurseur, à Venise, de notre Vincent de Paul (Voy. ci-dessus, p. 70, noie 5).
"f Fondateur, sous Louis XIII, du premier hospice d'enfants trouvés à Paris, el de l'ordre des sœurs hospitalières qui porte son nom.
ITô^eifs-Dieu splendides , que de les laisser mourir de faim sur la paille, chez eux.
Donc, aux deux mille établissements hospitaliers que le moyen âge avait fondés en France * , vinrent successivement s'en ajouter d'autres ^, sous les noms divers d'hôpitaux, d'hospices ^ d'asiles, de refuges, etc., pour soulager conventuellement toutes les misères, tous les maux de l'humanité. Il n'y en eut pas seulement pour les malades, pour les infirmes, pour les aveugles, pour les aliénés, pour les orphelins, pour les enfants trouvés, etc.*; il y en eut aussi pour préserver les jeunes filles d'une première chute ^ , et pour les relever tombées *, etc., etc.
* Voy. ci-dessus, t. II, p. 4U et 446.
* Paris seul vit naître, en 1623, l'hôpital de la Miséricorde; en 1637, l'hospice des Incurables; en 1650, l'hospice des Convalescents; en 1670, l'hospice des Enfants trouvés; et, à ses portes, en 1645, celui de Charenton, etc., etc.
^ On donnait généralement le nom d'hôpital aux établissements destinés, soit au traitement des maladies, soit au soulagement des pauvres, vieillards, enfants, invalides. Le nom d'hospice est exclusivement employé aujourd'hui dans ce dernier cas, et le nom d'hôpital, dans le premier.
* Charles VII fonda k Paris, en 1445, un hôpital en faveur des orphelins nés en légitime mariage, en déclarant en exclure ceux dont les parents n'étaient pas connus, et cela pour ne pas donner un encouragement à Vinconduite. Louis XIV n'admit point cette exclusion, et encouragea l'œuvre de saint Vincent de Paul. Qui des deux eut raison? Nous n'osons le dire. — En 1670, l'hospice des enfants trouvés de Paris n'était chargé que de 312 enfants; il en avait 890 en 1680, et 1,504 en 1690. Sa population avait doublé en dix ans. Le même accroissement se remarqua dans l'hospice de Lyon (Terme et Montfalcon, p. 101).
» Tel fut l'hôpital de la Miséricorde ou des Cent-filles, fondé en 1623. Les filles étaient reçues à l'âge de 6 ou 7 ans, et en sortaient k 25, avec un métier et une dot. Id. les maisons de Saint-Joseph ou de la Providence, fondées en 1699, etc.
* Telle la maison des Filles-Dieu fondée par saint Louis, en 1226,
L'administration des hôpitaux par le clergé donna lieu, dès Torigine, à des abus que le concile de Vienne, au commencement du quatorzième siècle, et celui de Trente au seizième, tentèrent vainement de réprimer *. De là les édits de François P' et de Charles IX, de 1543 et de 1S61, — édits dont les préambules constatent des malversations monstrueuses % et dont les dispositions,
en faveur de la « grand mullitude de femmes qui, par povrelé, étaient mises en péchié de luxure. » Tel le refuge des filles de Paris ou des filles pénitentes fondé par Louis XII et confirmé par Charles VIII, en 4496. Tel le refuge des Madelonnettes ou Repenties fondé par madame de Miramion, en 1665, elc., etc. (Voy. VHistoire des ordres monastiques^ et les Recherches sur Paris de Jaillot).
* Yoy. ci-dessus, t. Il, p. 461, note 1. — Aux religieux le service des pauvres, aux prêtres la conduite des âmes, aux laïques la gestion des biens, à l'autorité publique la surveillance de celte gestion ; telle est la distribution des rôles assignés, par les deux conciles, h l'administration civile et au clergé dans la charité hospitalière. Mais cette distribution de rôles n'a été que trop souvent méprisée ou intervertie (Voy. Martin Doisy, Histoire de la charité, p. 10).
2 Le préambule de l'édit de 1543 s'exprime ainsi : « Comme nous avons été avertis du grand désordre qui, de présent, est aux maladreries et léproseries qui ont été fondées, d'ancienneté, en notre royaume, tant par nos prédécesseurs rois, ducs, et autres seigneurs, que par plusieurs autres bons dévots et fidèles chrétiens, villes, chapitres et communautés, dont les fondations ont été interverties, les titres et char- Ires perdues ou dérobées par les administrateurs et gouverneurs desdites maladreries qui chassent et étranglent les pauvres malades et lépreux, et leur font tel et si mauvais traitement qu'ils sont contraints d'abandonner le lieu, et se rendre mendiants par les villes et villages, font plusieurs autres aliénations des revenus, biens et héritages desdites maladreries, les baillant à leurs enfants, parents ou amis, et autres infinis abus, etc., etc. » — Le préambule de l'édit de 1561 porte : « Après avoir été duement informé que les hôpitaux et autres lieux pitoyables de notre royaume ont été cy-devant si mal administrés que plusieurs k qui cette charge a esté commise approprient à eux et appliquent a leur profit la meilleure partie des revenus d'iceux, et ont quasi aboli le nom d'hospital et d'hospitalité, etc., dcfraudanl les pauvres de leur due nourriture, etc. »
même celles du dernier, dues à l'énergique probité du chancelier de Lhôpital, ne purent, qu'imparfaitement, atteindre le mal dans Tune de ses grosses racines ^
De là la Chambre de charité chrèlienne, créée, à deux reprises, par Henri IV, en 1599 et en 1606, puis la Chambre générale de ré formation, créée par Louis XIII, en 1612, avec mission de réviser l'administration charitable et d'en extirper les scandales, ce que ni l'une ni l'autre chambre ne purent faire.
De là, enfin, cette gigantesque conception de Louis XIV qui, pour donner à l'administration des secours publics, en France, V autorité qui lui manquait, s'en posa lui-même, par son fameux édit de 1656, le conservateur et \e protecteur suprême, en la centralisant dans sa main puissante, au moyen de la réunion, sous un seul gouvernement et en un seul établissement appelé hôpital général, des cinq hôpitaux distincts qui existaient alors à Paris, savoir : la Pitié, le Refuge, Scipion, Bicêtre et
* « Comme vrai conservateur des biens des pauvres^ nous slaliions et ordonnons que tous les hospilaux, maladreries, léproseries et autres lieux pitoyables, soit qu'ils soient tenus à titre de bénéfice ou autrement es villes, bourgades ou villages du royaume, seront désormais régis, gouvernez et le revenu d'iceux administrez par gens de biens, solvables et résidents^ deux au moins dans chacun lieu, lesquels seront élus et commis de trois ans en trois ans par les personnes ecclésiastiques ou laïques à qui par les fondations le droit de présentation, nomination ou provision appartiendra. Ces administrateurs seront deslituables, en cas de malversation, sans pouvoir être continuez après lesdits trois ans » (Édit. de -1561 ). — Aux termes du môme édit, les juges de chaque localité devaient tous les ans faire dresser procès-verbal constatant l'état des lieux. De plus, les administrateurs des hôpitaux étaient tenus de rendre compte de leur gestion, chaque année, tant des meubles que des deniers reçus. C'est l'inventaire annuel et la comptabilité en matières, prescrit par l'ordonnance de 1831, ordonnance qui a soulevé et soulève encore tant de clameurs.... intéressées.
la Savonnerie de Chaillot, — dtablissemenfs auxquels devaient aboutir et se relier les hôpitaux spéciaux et les hôpitaux généreux de province dont Louis XIV ordonna, en même temps, l'érection ou l'organisation administrative, sur le plan de l'hôpital général de Paris, dans chaque principale ville et dans chaque gros bourg du royaume (édit de 1662).
Aux termes de l'édit de 1656, les prêtres chargés du spirituel dans l'hôpital général étaient, à l'égard de la police, dans Ventière dépendance des directeurs. Les directeurs étaient nommés à vie. Non-seulement ils avaient « tout pouvoir et autorité de direction, administration, connaissance, juridiction, police, correction et châtiment sur tous les pauvres mendiants de la ville et faubourgs de Paris ; » non-seulement ils avaient le droit « de faire des quêtes, d'avoir des troncs, bassins, grandes et petites boîtes dans les églises, carrefours et jusque dans les magasins et boutiques des marchands, enfin, dans tous les lieux où l'on peut être excité à faire la charité ; » mais ils avaient encore celui « de recevoir tous dons, legs et gratifications^ d'acquérir, changer, vendre ou aliéner tous héritages, tant fiefs que de roture, sans être astreints à aucune formalité; de donner et disposer, à leur gré, de tous les biens, meubles et immeubles dudit hôpital, sans qu'ils en soient responsables ni tenus d'en rendre aucun compte à quelque personne que ce soit, etc., etc. « — pouvoir dont Vexorhitance ne témoigne que trop de l'intensité du mal à guérir.
Mais, malgré les privilèges immenses et les libéralités inouïes dont l'hôpital général fut fa\orisé; malgré les quêtes, les dons, les aumônes, les legs, les amendes, les confiscations qui le dotèrent et renrichirent; mal-
gré les offrandes dont chacun, de gré ou de force, crut devoir lui apporter le tribut, depuis le roi jusqu'au plus humble artisan, l'institution de l'hôpital général, ou plutôt de l'hôpital généralisé dans toute la France, ne fut, en résultat, qu'un nouveau Versailles, le Versailles de la misère, lequel, en ajoutant quelques pierres de plus à la gloire monumentale du grand roi, ne laissa pas une goutte d'eau de moins dans la mer paupérienne qu'il avait prétendu dessécher.
Ce qui le prouve, ce sont les mesures atroces que Louis XIV crut devoir prendre, après sa fondation, pour refréner la mendicité toujours croissante.
Ce qui le prouve encore, c'est l'état déplorable dans lequel était le régime intérieur des hôpitaux à l'avénement de Louis XVI au trône.
On comptait, en France, en 1787, 2,185 hôpitaux et hospices publics, sans compter les fondations particulières de charité *. Le nombre d'indigents qui, alors, trouvaient un asile et des secours dans ces différentes maisons, s'élevait, pour toute la France, à 105,000 environ, divisés de la manière suivante :
Infirmes ou pauvres d'un âge avancé 40,000
Malades 25,000
Enfants trouvés 40,000
Total. . . 105,000*
Qu'était-ce que ce faible chiffre de malheureux, chèrement soignés dans les hôpitaux', à côté des
* 7« Rapport du Comité de mendicité de l'assemblée conslituanle de
* Necker, Administration des finances, t. III.
^ Le revenu annuel des liôpilaux était de 18 k 20 millions, dont le tiers à peu près appartenait aux hôpitaux de Paris {Ibid}. Ce revenu
misères innombrables qui attendaient, à la porte, ou à domicile, les secours de la charit<^ qui ne venaient pas ?
Maintenant, quel était le régime intérieur de ces établissements ?
Le trait saillant de ce régime c'était que, sans aucun égard pour la gravité ni le genre des maladies, on installait les malades pêle-mêle dans un même lit. Dix à douze malheureux étaient ainsi, quelquefois, couchés ensemble *. A l'Hôtel-Dieu de Paris, notamment, où, pour multiplier les espaces, on allait jusqu'à placer des malades sur les ciels de lit^, on rencontrait encore, à la fin du siècle dernier, gisant sur la même couche, jusqu'à huit malades à la fois, dont deux ou trois, souvent, avaient cessé de vivre ^. On avait cru beaucoup faire pour l'humanité en fixant, par un règlement, à un maximum de quatre, le nombre de malades qu'on pouvait réunir dans un même lit, ce qui n'empêcha pas que, quand l'active charité de Louis XVI se porta sur cette révoltante pratique, on n'y comptât encore six malades par lit*.
A la Salpétrière et à Bicêtre, où l'on enfermait plus spécialement les vénériens, vingt-cinq lits servaient ordinairement à 200 malades dont les deux tiers mouraient. Les malades étaient châtiés et fustigés avant et après le traitement; c'était le remède héroïque en usage, dans ce cas^ même encore au dix-huitième siècle.
était de 29 k 30 millions avant la suppression des droits et privilèges dont ils ont joui jusqu'en 17 0 {1^ Rapport précité).
* Voy. Collection de l' Académie des sciences^ année 1785. ' Rapport sur les hôpitaux de Paris, année 1816, p. 11.
^ Dictionnaire des sciences médicales, t. XXII, p. 422.
* Mémoires de ï<'non. Pref., p. 3, 23, 288.
Malgré cela, plus de deux mille demandes d'admission étaient adressées annuellement à Bicêtre, et 600 seulement pouvaient être admises. Quels désordres devaient résulter pour la santé publique d'un si déplorable état de choses * !
Les bons traitements dont on usait envers les assistés, dans certains autres hôpitaux ou refuges, produisaient des inconvénients d'un autre ordre qui n'en étaient pas moins funestes. Par exemple, le Refuge des filles de Paris que nous avons mentionné plus haut, finit par devenir, tant la misère était grande, un appât pour les filles honnêtes. Les unes se prostituaient tout exprès pour avoir droit d'y entrer; d'autres, à la suggestion de leurs parents pauvres qui voulaient s'en débarrasser, se présentaient comme ayant vécu dans la débauche, tandis qu'elles étaient encore vierges; — ce qui fit prendre le parti de n'en admettre aucune qui ne fût préalablement visitée, et d'expulser celles qui se faisaient passer, à tort, pour déshonorées; — remède, assurément, mille fois pire que le mal.
Ainsi donc, en France, le régime des hôpitaux exerçait une influence funeste sur la santé et sur la moralité des malheureux qui y séjournaient.
Il est vrai que, pour remédier à ce double inconvénient, on introduisit le travail dans les hôpitaux. Mnis, aux lettres-patentes de 1S45, et aux arrêts du parlement de 1551, qui établissaient les conditions de l'éducation professionnelle, pour les enfants pauvres, dans les hôpitaux du Saint-Esprit et de la Trinité de
* Rapport précité au conseil général des hospices^ 1816, p. 76 et suiv. — La mortalité de l'Hôtel-Dieu était alors dans la proportion de 4 1/2 à 4. Elle n'était plus, en 1816, que de 2 a 9 environ {Jbid.).
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Paris S Louis XIII, ou, plutôt, Marie de Mëdicis substitua redit de 1612 qui n'admit plus, dans les hôpitaux du royaume, que le hard labour des workhouses anglais^?
N'en était-ce pas assez de ces abus, joints à mille autres que nous ne rappelons pas, pour justifier l'arrêt de condamnation prononcé contre l'institution des hôpitaux par les plus sérieux penseurs du temps*.
* Voy., à ce sujet, Martin Doisy, uh. 5wp., p. i5 elsuiv.
* Cet édit veut que les pauvres renfermés dans les hôpitaux y soient traités et nourris le plus austèrement^ possible et qu'afin de ne les plus entretenir dans leur oisiveté ils soient employés a moudre le blé dans des moulins à bras, scier des ais, brasser de la bière, battre du ciment et autres ouvrages pénibles; après quoi, ils remettront, le soir, le travail de chaque jour, sous peine d'être châtiés à la discrétion des maîtres.
' Les hôpitaux rencontrèrent, dans les auteurs de V Encyclopédie, des censeurs sévères, des adversaires déclarés. L'illustre auteur de VEsprit des lois ne les admet que sous certaines réserves el dans des conditions assez restreintes (Liv. XXIII, ch. 29). Dupont de Nemours a publié un écrit spécial pour les démolir (Voy. Idées sur les secours à donner aux pauvres malades dans une grande ville, Philadelphie, 1786, in-8 de 64 pages). L'abbé de Recalde a fait l'histoire de leurs abus (Traité de l'abus des hôpitaux ^ Paris, 1786). Mais, de tous les ouvrages qui sapent l'institution par sa base, le plus vigoureux est le résumé que l'Académie de Châlons-sur-Marne a fait des divers Mémoires qui lui ont été adressés sur la question par elle mise au concours, en 1777, résumé publié à Paris, en 1780, sous ce titre : Des moyens de détruire la mendicité en France, en rendant les mendiants utiles à VEtat sans les rendre malheureux , in-8 de 500 pages. Dans le chapitre V de ce volume, qui traite des hôpitaux, les auteurs développent les propositions suivantes : Insuffisance des hôpitaux, malgré leur grand nombre. Les hôpitaux ne soulagent que la moindre partie des pauvres. Les hôpitaux occasionnent la dépopulation. Les hôpitaux augmentent le nombre des indigents. Les hôpitaux étouffent les sentiments. Les bâtiments somptueux des hôpitaux absorbent le patrimoine des pauvres. Restreindre les hôpitaux au traitement des incurables et au soulagement des indigents qui ne pourraient êlre soignés dans l'intérieur de leurs familles. Secourir les pauvres dans leurs maisons, etc., elc.