‹ Du procédé de cerclage dans le traitement des fractures de la rotuleChapitre 6 sur 19 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

Avec Lister, 1877, le traitement de la fracture de la rotule entre dans une nouvelle voie. De 1877 à 1885, 1l publie sept cas d'intervention, tous avec succès. Depuis 15 ans, l'intervention s'est vulgarisée en France. Lucas Championnière d’abord, puis Félizet, Pozzi, Berger, Quénu.. ont suivi la nouvelle méthode.

On ouvre le genou par une incision verticale (Lister) ou transversale (Schede) ou courbe à convexité inférieure (Lucas-Championnière) ou curviligne, longeant le bord externe de la rotule (Perier)}. On soulève le lambeau de façon’à mettre à nu la rotule, on évacue les caillots sanguins, on lave l’article à l'eau bouillie ou à l'eau phéniquée très étendue ; on enlève les parties fibreuses interposées, et les fragments étant mis en regard, on pratique la suture osseuse. Le procédé type (Lister, Lucas-Championnière) consiste à pratiquer obliquement dans chaque fragment un ou deux trous, dans lesquels on passe un fil d'argent de grosseur moyenne dont on réunit les deux bouts par une suture perdue. Les ailerons de la rotule sont rapprochés par du gros catgut. Parfois, pour avoir un point d'appui solide, 1l faut relier le fil d'un des fragments au tendon ou au ligament rotuliens (Schwartz) (1).

Céci (2), en 1885, a donné un nouveau procédé qu'il nomme « ostéovraphie sous-cutanée métallique perdue » : à l’aide d’un perforateur spécial, il traverse en diagonale par ses grands diamètres toute la rotule.

M. Perier suture en lacet les parties fibreuses qui doublent la face antérieure de chaque fragment de la

(4{ Sawarrz, France méd., n° 37, page 577.

(2) Gécr et SaLuté, Italia medica, 1885, XIX, pa für chirurgie, 1888, XX VII, p.

Ho Die ge 383 ; Deulsche Zeitschrift 245 et IF* Congrès de chirurgie française, 1892,

TT | Re

rotule, en joignant et en croisant les deux chefs du même fil. La suture est faite à la soie et comprend toute l’épaisseur du surtout fibro-périostique.

La.suture osseuse présente une grande supériorité sur le traitement non sanglant.

En premier lieu, le blessé est immobilisé pendant un temps bien moins long, de sorte que l'atrophie du quadriceps, si redoutable dans les fractures de la rotule, est bien moins accusée, l’ankylose n’est plus à craindre ; le cal est osseux au lieu d'être fibreux, par conséquent toutes les complications qui résultent habituellement de l'insuffisance du cal fibreux n'existent pas. S'il y a un grand épanchement, le chirurgien le supprime facilement avant de pratiquer la suture. De même, l’interposition de tissu fibreux entre les fragments est évitée. On comprend aisément, étant donné ces avantages, que la consohdation se fasse bien el que le blessé recouvre d'une façon satisfaisante l'usage de son membre.

Il existe enfin des cas où le blessé ne peut vivre sans un genou capable de résister à tous les efforts. Chez un ouvrier, on doit avoir recours beaucoup plus volontiers au traitement sanglant qu’à l’immobihsation.

Dans d’autres cas, le malade a besoin de recouvrer dans le plus bref délai possible l’usage de son membre ; l'intervention opératoire est encore indiquée.

Page 1