NOTIONS ANATOMIQUES
L’importance de l’intégrité et de la bonne conformation des lèvres est indiscutable. Située à l’entrée des premières voies digestives, elles servent à la préhension des aliments et à leur première élaboration en fovorisant leur mélange intime avec le liquide salivaire. Chez l’enfant à la mamelle, c’est par elle que s’opère la succion et par suite Ealimentation par l’allaitement maternel. C’est là ce qui, joint à leur Utilité pour la prononciation, constitue leur rôle physiologique.
Elles en ont un autre moins sérieux sans doute, mais non indifférent, dans l’esthétique de la physionomie. Si par leur extrême mobilité, elles concourent à l’expression des plus vifs sentiments à l’état de repos, elles ajoutent beaucoup par la perfection de leurs formes et la délicatesse de leurs contours à la beauté du visage surtout chez la femme. Aussi dans une autoplastie de cette région,' le chirurgien devra-t-il porter son attention et sur les fonctions et sur la configuration normale de l’organe déformé. Etudions rapi-
demenl l’anatomie de la lèvre supérieure à laquelle nous nous bornerons eu égard au cas qui nous occupe.
Verticalement située, au-devaul de l’arcade dentaire correspondante, la lèvre supérieure en suit la courbure, et présente une convexité antérieure et transversale. Plus ou moins épaisse et saillante suivant les%.individus, elle est, proportions gardées, plus volumineuse chez l’enfânt que chez l’adulte.
Sa face antérieure ou cutanée présente à sa partie moyenne un sillon plus ou moins prononcé, qui, partant de la sous-cloison, s’étend jusqu’au bord libre, où il se termine par une légère saillie. C’est cette saillie, qui constitue ce que l’on a appelé le lobule médian. De chaque côté de la fossette que nous venons de mentionner se trouvent deux surfaces rectangulaires, réouvertes de poils assez forts chez l’homme, et à peine d’un léger duvet chez la femme.
La lèvre qui en haut se continue avec le nez et les joues sans ligne de démarcation bien tranchée, offre en has, uq bord libre et sinueux. D’une couleur rouge ou rosée, il forme avec la surface cutanée une ligne de jonction, qui reproduit exactement ses contours. On y trouve d’abord au milieu, le tubercule médian, puis une légère conQavité inférieure à laquelle succède une convexité allant se perdre horizontalement dans la commissure buccale. L’élégance et les charmes de cette courbure rendent sa restauration importante dans toute opération sur celte région.
Le bord libre de la lèvre qui par son aspect tient à la fois de la peau et de la mùqueusê, se continue avec cette dernière d’une façon insensible. Celte membrane est lisse, humide, recouverte d’épithélium pavimenteux et surmontée de
petites saillies arrondies, produites par lapréséncèdés grandes sous-jacentes. En haut, elle s'e recourbé en cul de sac, envoie des adhérences au maxillaire, puisse réunit àlàmuqueuse alvéolaire, avec laquelle elle forme un repli appelé 'frein de la lèvre supérieure.
Nous ii’insisterohs par sur la structure anatomique. 'Mentionnons de dehors en dedans : la peau, la couche musculaire, les glandes et enfin la muqueuse. La nutrition s’accomplit au moyen des artères coronaires, qui cheminent aux deux tiers moyéiis, de l’organe sous la couche musculaire qu’elles ont traversée après leur émergence de la faciale. Elles ne s’écartent guère du bord libre que de un 'centimètre.
• Nous venons de voir Eélat normal de la lèvre supérieure, et parla même l’idéal vers lequel doit tendre l’opérateur. Mais quel est son point de départ? Qu’est-ce qu’un bec-delièvre? Quelle est son anatomie ? Quel est son 'mode de développement?
■ On désigne sous le nom de bec-de-lièvre, la division permanente et congénitale des lèvres. On a décrit un bec-delièvre accidentel, mais qui représente une lésion de tout autre nature, et dont le traitement'fort variable, l’élimine de notre étude.
Le bec-de-lièvre sè rencontre très-rarement à la lèvre inférieure. C’èst à peine si l’on a pu en citer quelques cas, à titre de curiosités scientifiques, alors que la fissure de la lèvre supérieure constitue urie des a'nornaliés congénitales les plus'communes.
Parai 'les divisions que l’on a données pour faciliter la
description de cette difformité, nous adopterons celle qui les classe en bec-de-lièvre simple et hec-de-lièvre complexe les premiers n’atteignant quq les parties molles qui, constituent la lèvre,les seconds intéressant des tissus plus profonds, voûte palatine, voile du palais, etc.... Nous ne faisons que signaler ce dernier groupe dont nous n’avons point en vue le traitement.
La position la plus ordinaire de la scissure léporine est celle qui fait de la lèvre deux parties inégales. C’est là le hec-de-lièvre unilatéral. Si celui-ci a été trouvé quelquefois sur la ligne médiane, ce n’est que très exceptionnellement, et encore en certaines circonstances a-t-on pu le considérer comme le résultat d’un bec-de-lièvre double privé du tubercule médian. Quant à la division double de la lèvre, bien que plus fréquente, elle est encore relativement rare, par rapport à celle dont nous allons nous occuper plus spécialement.
Bec-de-lièvre unilatéral simple. — Il se manifeste de préférence à gauche. Tantôt il n’occupe que le bord libre de la lèvre supérieure, sur laquelle il forme une sorte d’encoche, tantôt il la divise dans une portion plus ou moins grande de sa hauteur. Quelquefois, il s’étend jusque dans la narine correspondante, et alors le nez prend une forme élargie et épatée. Le plus souvent son angle supérieur reste apparent, séparé de la narine par un petit espace de quelques millimètres. Au lieu du raphé qui sépare la dépression sous-nasale du reste de la lèvre, existe une fente à direction oblique de dedans en dehors et de liaut en bas dont la forme est celle d’un renversé. Les deux bords qui constituent cette fente ont l’aspect muqueux et rosé
dn bord libre de la lèvre à son état normal, et rappellent plus ou moins régulièrement les débris de la ligne de démarcation dont nous avons parlé plus haut. Ils sont tantôt épai?, tantôt amincis et comme taillés en biseau. L’interne est presque vertical, forme avec le bord naturel de la lèvre un angle arrondi, au niveau duquel on peut observer le plus souvent me légère saillie qui n’est autre que le lobule médian. Le bord externe au contraire est tiraillé en dehors. L’angle dont nous venons de parler n’existe plus ; à sa place pn constate une ligne courbe à concavité supérieure qui se fusionne avec le bord labial.
Ainsi constitué, il est maintenant, admis généralement, que le bec-de-liévre est le résultat d’un arrêt de développement. Les lois qui président à la formation de la lèvre supérieure l’expliquent parfaitement par un défaut de réunion des parties qui devaient y concourir et qui sont déviées de leur position naturelle. C’est de cette idée que le procédé Mirault lire une partiel de son originalité. En effet voici ce qu’à ce sujet nous lisons dans une lettre adressée par lui à Malgaigne ; « Dans le bec-de-lièvre unique, le lobule existe ordinairement sur un des côtés de la scissure labiale, il ne s’agit plus que de le conserver, et pour cela il suffit de le faire servir à la confection des lambeaux. » Comme note d’un article paru en 1871, et que nous aurons l’occasion de citer, nous trouvons,: « Que le bec-delièvre soit situé à gauche ou à droite, le lobule médian occupe toujours son bord interne, puisque ce bord correspond au plan médian du corps. » L’opinion du chirurgien d’Angers n’est nullement douteuse sur ce point méconnu par presque tous les auteur modernes.
L’observation permet de constater la petite saillie que nous avons décrite sur l’angle interne du bec-de-lièvre. Cette saillie ne saurait être qne le lobule médian comme va nous le démontrer la théorie du développement de la lèvre. Cette théorie nous, l’exposerons l’empruntant en partie à l’article de M. Bouisson (Dictionnaire encyclopédique).
Les parties constituantes de la face, et spécialement celles qui doivent former la bouche se dessinent chez l’embryon humain dès le vingtième jour. Leur développement se fait par des productions ou lamelles isolées, qui, parties de l’extrémité supérieure de la colonne vertébrale rudimentaire se . réunissent vers la ligne médiane. Ces lamelles sont au nombre de quatre. Les trois premières correspondent aux renflements cérébraux ; elles s’avancent vers la ligne médiane de la même manière que les prolongements costaux.
Le premier arc viscéral est le point de départ de la formation du nez, des deux mâchoires, du palais, et de son voile. De la cellule cérébrale supportée 4 )ar cet arc, nais- . sent un bourgeon médian ou frontal, et deux bourgeons latéraux, ou maxillaires. C^s bourgeons contribuent à former la partie supérieure de l’orifice buccal dont la partie inférieure est constituée par deux appendices latéraux qui se portent en avant et représentent les deux moitiés de la'mâchoire inférieure. Ainsi donc, nous avons un bourgeon frontal et deux bourgeons maxillaires pour la partie de la face at-dessus de la bouche. Celui du milieu donne alors naissance à deux bourgeons plus petits. Ce sont les bourgeons incisifs ou intermaxillaires. D’abord assez écartés, ils sont destinés à se rapprocher, à s’unir par leur côté interne, et à se creuser en dehors, d’ouvertures qui seront ultérieure-
(iè*ieiÜ'p^''së‘|
qire'i^âpp'artïibü d^g’api^dMîcfes'app'éies a consinuer les aiies-
nâsâVJ ij-f. ,iiii)'; <■!.! .üüi.iii'iiii otu,i ^
- ' t'ès'-
cbttipte ‘Ses' ‘•i^^iéty lî^ liH(i-(ïe^ïè^ë; ' übaciiiâa 'èè' 'MBrr '
mités coïi^sÿbndâaP;à''^n’'^àr''tto Pdül îè ys‘''^liï'ùc(ns''‘VdWy
mébï.' bai^‘stilV^-ïe ÎBM liièdi^a éii^dra/‘ét; SI é'ésr d üti ^ côtô’pltiiy 0m Fàük,'b’a^^Bëfte^iâMà i^^iôn inbÿéiirle'j dè^fe'ïèVîèi’iiéii 6W ëmy^: iîœ;;dyea
est^Vraïl üïàis'y’^rëtoipMtfy'atéë VèbterHhy^'y'yrri coiiMê^*dàrid'^^br‘è>“‘ûa'y^'"î^^
sill- îa^
Yiiè'‘éktéyd'tÿ^üti''d)eWaé’dlè'\^^"'cfeaiéir
Jû fiXy„ra<>3 ^«'*1 -^^4 ,i3ii^‘^o-K}(im sa asnrîasb
voulu insister. Ils nous faciliteront la description du procédé que nous cherchons à faire connaître dans tous ses détails, et nous permettront d’en mieux apprécier les avantages. ^