Bulletin général de thérapeutique, 5 mai
même à celai de Giraldès,. dit à mortaises, qui semble s’en rapprocher le plus, mais qui, outre une complication le plus souvent inutile, se sert pour reconstituer le bord de la lèvre d’un lambeau pris sur le bord externe, de la fissure. » Nous ne citerons pas toutes les fausses descriptions qu’on a données de l’opération Mirault, et qui soit par le le texte, soit par les figures destinées à les éclaircir, montrent toujours le lambeau pris du côté externe. Les auteurs que nous avons consultés à cette occasion sont : Nélaton, pathologie chirurgicale (1847) ; Alphonse Guérin, chirurgie opératoire (1858) ; Malgaigne, médecine opératoire (1854) ; Vidal de Cassis (1855), qui ne menlionne même pas le procédé. Demarquay ; dictionnaire de Jaccoud (1866) ; Bouisson, dictionnaire encyclopédique (1866) ; Follin et Duplay, pathologie externe (1875) ; Dubrueil, médecine opératoire (1875) ; Malgaigne et Léon Le Fort (1877) ; Nélaton et Pean (1879).
Nous avons réservé l’article'des auteurs du Compendium, qui fait aussi une description erronée de l’opération à un .seul lambeau. Nous en citerons une partie, d’autant plus que nous y trouverons les objections principales qui Jui furent adressées, et dont elle no s’est pas relevée complètement au yeux de quelques chirurgiens.
Nous voyons donc à l’article bec-de-lièvre du Compen-^ dium de chirurgie pratique (Tome III page 525) :
Procédé de Mirault (d’Angers).... « L’opération se. compose do trois temps :
1“ Avivement du côté gauche en conservant le lambeau comme dansG’opération de MM. Glemot et Malgaigne ;
2“ Avivement ^du côté droit par l’ablation de la mu-
queusè sur la poi^tion vertfcâle, et 'ûn peu sur la portion horizontale de la lèvre ;
3° Réunion par la suture'entortillée, tant des deux bords verticaux du bec-de-lièvre que du bord horizontal droit avec le lambeau du côté gauche. »
« M. Mirault a voulu caraclérisèr son procédé en disant qu’il avait pour but de reconstituer plus efficacement le lobule médian. Cependant il faut faire remarquer qu’à ‘èause de la situation du bec-de-lièvre sur un des côtés, la partie restaurée est une portion du bord libre différente du lobule médian, surtout quand on conserve le lambeau à droite au lieu de le conserver à gauche. »
Cette critique tombe devant ce que nous venons de dire. Les observations publiées montrent toujours en effet que le lambeau a été pris à droite, ou mieux du côté interne. Mais continuons.
« Tout en reconnaissant ce qu’a d’ingéqieux le procédé de M. Mirault, nous ne l’avons’ pas employé, d’abord parce que celui de M. Malgaigne nous a donné de très beaux résultats, et ensuite parce que nous avons craint si la réunion immédiate venait à manquer, si par hasard une portion du lambeau se gangrénait, d’avoir sur le bord libre une encoche d'’autant plus grande qu’une perte de substance y aurait été faite.
Cette dernière objection n’est pas sans fondement, et c’est pour y répondre que Mirault a modifié son procédé. Toutefois notons que M. Démons vient encore de publier dans l’article que nous avons cité, deux observations de succès p^ar l’opération telle que la décrivent les auteurs du Compendium. Nous allons parler du deuxième procédé
Mirault que nous n’avons vu exposé nulle part, et qu’il nous a été donné de voir pratiquer pendant nos études médicales à Angers.