‹ Du procédé opératoire a suivre dans l'exploration des organes par la percussion médiateChapitre 7 sur 27 · Serait-ce la crainte d’avoir un instrument · texte numérisé non relu

Serait-ce la crainte d’avoir un instrument

de plus à porter? mais la chirurgie peut-elle se faire sans instrumens, et quel est le médecin assez en arrière de la science pour ne pas faire au moins un peu de chirurgie, et pour n’avoir pas pour la pratique quelques instrumens indispensables? Or, le stéthoscope et le plessimètre d’ivoire, augmentent à peine le poids de la trousse du chirurgien*

3x DU PLESSI MÈTRE

d’ailleurs, une pièce de monnaie, un couteau à papier, un couvercle de tabatière, etc., etc., moins bons que le plessimètre, sont encore préférables à la main. ]Ne portons donc pas trop loin cette prévention contre les instrumens; conservons ceux qui sont utiles, et pour employer des moyens plus simples, n’en adoptons pas de moins bons; c’est comme si l’on disait que le lithotriteur qu’il faudrait choisir, serait non pas le plus utile, mais le moins compliqué.

$ II. Des sons que le plessimètre fournit, et des sensations éprouvées par le doigt qui percute .

290. Les différences de son que les organes percutés me présentaient les uns par rapport aux autres, m’ont long-temps paru entièrement dépendre du caractère des sons qu’ils fournissent. J’étais surpris de voir les personnes qui assistaient à mes recherches, ne pas trouver, lorsque je percutais, la résonnance que je distinguais si bien, et que la nécropsie démontrait être toujours en rapport avec l’état physique des parties sous-jacentes. Je m’expliquai d’abord cette différence par l’habitude que j’avais de ce mode d’exploration. Plus tard, j’en découvris une cause bien plus importante, c’est que dans l’impression que me donnait la percussion, je confondais deux choses, et le son que l’oreille entendait, et le sentiment du degré de résistance que le doigt éprouvait lorsqu’il frappait sur le plessimètre. Je vis que les médecins et

ET DES SENSATIONS Qu’iL DONNE. 33

que les élèves qui assistaient à ma visite, saisissaient les caractères que j’indiquais, tout aussitôt que se servant de rinstrument, ils percutaient euxmèmes. Ils trouvaient. , comme moi , que le doigt qui frappe est un juge non moins exact que l’oreille qui écoute. Ce n’est pas la seule fois que deux sensations fournies par deux organes distincts se confondent en une seule impression; la meme chose se retrouve dans le goût des alimens, qui se compose si souvent de sensations odorantes et sapides.

3o°. Ayant bien constaté ce fait, que j’avais déjà reconnu pour le frémissement hydatique ( Percussion médiate, p. 32 ), je m’attachai à bien apprécier la sensation donnée par le doigt dans la percussion médiate. Je reconnus que non-seulement elle pouvait faire juger de la densité des organes sur lesquels l’instrument était immédiatement placé, ou de celle des parties séparées de la plaque par des tissus solides, mais encore du degré de densité des parties, lors meme que des fluides élastiques étaient interposés entre elles et le plessimètre. Ainsi le doigt sent très-bien la densité de la peau qu’il percute médiatement, reconnaît celle du foie recouvert par les tégumens et les côtes, et juge encore de la dureté de cet organe, bien qu’il soit séparé des parois costales par le poumon rempli d’air. Il est vrai que ces dernières différences ne peuvent être bien saisies qu’avec de 1 habitude, mais ce n’est qu’une raison de plus pour expérimenter.

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