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3i°. Lors de la publication de mon livre, je désignai par des adjectifs dérivés du nom des organes qui fournissaient tel ou tel son, les résonnances variées que chacuns d’eux pouvaient fournir : ainsi, les mots jécoral, cardial, stomacal, etc., furent assignés aux bruits fournis par le foie, le cœur ou l’estomac. On blâma généralement ces dénominations; elles étaient difficilement saisies par les élèves et donnaient quelquefois lieu à de fausses applications. J’y attachais peu d’importance; j’y renonçai facilement, et dans les Mémoires récemment publiés, je n’en ai plus fait mention. Des phrases un peu plus longues, un peu plus de difficulté dans l’expression des idées, sont les seuls inconvéniens attachés à la suppression de ces mots.
320. On me conseilla de rechercher, comme l’avait fait Laënnec, dans les choses connues, des sons analogues à ceux que la percussion médiate produisait, mais ils ne purent être reproduits que d’une manière imparfaite. Cette difficulté augmenta encore lorsqu’il fallut exprimer en même temps les sensations éprouvées par le doigt qui frappe et celles que l’oreille fournit. Je vais cependant indiquer des moyens de reproduire à volonté et sans cadavre, les principaux résultats de la percussion médiate, résultats que les expériences de l’amphitheatre et des hôpitaux fei aient
encore mieux apprécier.
33°. La percussion du plessimètre, bien fixé sur le coronal, donne le son que j ai appelé osteal.
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et produit le plus haut degré de résistance que le doigt peut éprouver.
34°. La percussion du plessimètre, appliqué sur la partie charnue de la cuisse, détermine une double sensation de l’ouïe et du toucher, qui représente le son et la densité du ventricule gauche du cœur. Les points du foie en contact avec les parois, et non recouverts par le poumon, ceux où il y a beaucoup d’épaisseur, donnent lieu à plus de matité et de dureté que n’en olfre la cuisse percutée.
35°. Le son et l’élasticité du poumon sont facilement appréciables par la percussion du plessimètre, appliqué sur la poitrine à distance égale du mamelon et de la clavicule.
36°. Si 1’ on prend un verre vide, si d’un autre côté l’on entoure le plessimètre avec le pouce et l’indicateur gauche; si, appliquant ceux-ci sur le rebord du vase, et saisissant le verre avec les autres doigts, on en bouche exactement l’ouverture, la plaque d’ivoire formant le couvercle de celle-ci, on circonscrit ainsi une vaste cavité remplie d’air. "V ient-on à percuter alors le plessimètre, le son qui en résulte et l’élasticité que le doigt reconnaît, sont semblables aux résultats que fournit la percussion de l’estomac ou du cæcum.
87°. La capacité du vase détermine la nature du son produit, et en peut imiter toutes les nuances de résonnance tympanique en faisant varier, par l’addition d’une plus ou moins grande quantité de liquide, l’étendue de la cavité du récipient.
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Si le verre est en grande partie rempli, le son qu’on obtiendra ressemblera assez bien à celui que l’intestin grêle fournit.
38°. Permet-on à l’air de s’échapper par une ouverture latérale qu’on ménage entre les doigts et le rebord du vase, et percute-t-on, alors on entend un bruit semblable à la résonnance que j’ai appelée humorique.Ledegréde dimension qu’il faut laisser à l’ouverture pour que ce timbre puisse être produit, correspond à la grandeur du vase. Celui-ci est-il vaste? l’ouverture doit être grande et vice versa. On peut encore obtenir, par l’addition de quantités d’eau variables, dilférens degrés de capacité et imiter le timbre humorique combiné avec les diverses variations de résonnance tympanique. On produit encore le premier de ces bruits en percutant sur le genou avec les deux mains rapprochées et contenant de l’air.
39°. Il résulte de ces derniers faits que ce n’est pas toujours l’eau en contact avec un gaz qui produit le murmure humorique, mais que l’air sortant d’une cavité spacieuse et passant par une ouverture étroite peut y donner lieu. M. Reynaud a revendiqué, comme lui appartenant, la connaissance de ce dernier fait; mais il y avait longtemps que j’avais remarqué qu’en fermant la bouche d’un phthysique, le bruit métalliquedes cavernes cessait d’être produit. La note de M- Reynaud est de i83o,eton lit, à la page 32 cle la Percussion médiate , ouvrage publié en 1828 : «Lorsque l’air sort avec peine à travers une ouverture
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étroite d’une cavité plus large où il était contenu, comme cela paraît avoir lieu dans certains cas de cavernes tuberculeuses, le bruit humorique peut être entendu. » J’avais donc reconnu depuis longtemps le mode de production du bruit des cavernes. Celui-ci dilFère-t-il de la résonnance humorique? Je n’ai pas trouvé jusqu’à présent qu’il en soit ainsi.
4o°. La dénomination humorique est défectueuse, puisqu’elle tend à faire admettre que partout où l’on entend le bruit dont il s’agit, du liquide doit se trouver, tandis que les cavernes peuvent ne pas en contenir, bien que la production de cette résonnance ait lieu. Malheureusement ce mot est adopté et ce serait un inconvénient que de le changer de nouveau ; je le conserverai donc ; mais comme celui de tintement métallique est encore plus généralement connu ; et comme il a été employé par M. Martinet, pour désigner le bruit que donnent les cavernes par la percussion, je me servirai de cette expression lorsqu’il s’agira de la résonnance spéciale que donne, dans certains cas, la poitrine des phthysiques.
4i°. Si l’on tient une montre à répétition de telle sorte qu’elle repose par son boîtier sur la paume de la main gauche, et si alors on percute légèrement sur le verre avec les doigts de la main droite, on éprouve une sensation de vibration due aux oscillations du timbre; c’est précisément la meme impression que perçoit celui qui percute des hydatides renfermées en grand nombre dans un
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kyste commun. On peut encore s’en faire une juste idée en frappant sur de la gelce de viande dont la consistance est ferme.
42°. Depuis la publication de mon ouvrage M. Briançon a choisi pour sujet de thèse le frémissement que donnent les hydatides percutées. Il a fait sur ce sujet quelques expériences. Il constata d’abord qu’une acéphalocyste qu’on agite sur la main présente un frémissement très prononcé et qui dure quelques instans. M. Tarral a également constaté ce fait. J’ai de mon côté retrouvé le même phénomène à la Salpêtrière. Les oscillations me paraissent, comme à M. Briançon, dépendre des parois des petits kystes ; le liquide qu’elles contiennent ne doit y contribuer qu’en tenant ces petites poches élastiques dans une tension médiocre. Ce frémissement se fait sentir dans un kyste acéphalocyste, soit en le percutant, soit en l’auscultant. Les oscillations sont loin d’être au même degrédans tous les kystes et dans tous les cas.
43°. C’est au nombre et à la quantité du liquide contenu dans le kyste que ces variations sont dues. M. Briançon prit une vessie ordinaire qu’il remplit d’acéphalocystes entières de diverses grosseurs, puis ajouta une suffisante quantité d’eau pour remplir les intervalles qu’elles laissaient entr’elles; alors, en percutant la vessie, il sentit le frémissement hydatique de la manière la plus prononcée. S’il augmentait la quantité des acéphalocystes, et s’il leur ajoutait partie égale d’eau, les vibrations étaient moins sensibles* elles diminuaient d’autant
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plus que la quantité (le liquide était plus considérable. Quand il n’y avait plus qu’une ou deux hydatides dans beaucoup d’eau, les oscillations disparaissaient. M. Briançon remplit enfin complètement la vessie d’hydatides, sans y ajouter de liquide, et le frémissement était alors beaucoup moins prononcé que lorsqu’il y ajoutait une certaine quantité d’eau.
44° • L’auteur déduit avec raison des faits précédens que les kystes hydatiféres sont d’autant plus faciles à diagnostiquer à l’aide du frémissement précédent, que la quantité desacépbalocystes, par rapport au liquide dans lequel ils plongent, est plus considérable; qu’il est nécessaire cependant, pour que le frémissement soit au summum d’intensité, qu’il y ait dans le kyste une petite quantité de liquide; que si la proportion de cekii-ci est trop grande, le diagnostic finit par être impossible, comme cela eut lieu dans le cas suivant : « Une femme mourut à l’hôpital de la Charité, qui portait dans l’abdomen un kyste hydatique énorme, occupant une des régions iliaques; ce fut en vain qu’on chercha le frémissement hydatique. Lors de la nécropsie, on trouva que le kyste contenait plusieurs pintes de sérosité transparente et seulement quelques hydatides. » (Briançon, Thèse delà Faculté de Paris , n° 2.l6, 1828.)
45. M. Tarral a recueilli sur le cadavre deux observations remarquables qui vérifient complètement et les premiers résultats que j’avais obtenus, et les expériences de M. Briançon. La première