‹ Du procédé opératoire a suivre dans l'exploration des organes par la percussion médiateChapitre 9 sur 20 · DE LA RATE ET DES REINS · texte numérisé non relu

DE LA RATE ET DES REINS

entre la rate et la colonne vertébrale, collections purulentes multiples dans le foie.

294°. Je n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit dans le Traité de la percussion médiate sur le diagnostic plessimétrique du volume des reins. Ce moyen sera souvent insuffisant, non-seulement parce qu’il faudra une habitude extrême pour s’en servir dans ce cas, mais encore parce que les maladies les plus graves des glandes rénales existent le plus souvent sans hypertrophie. Je citerai le cas suivant, non pas qu’il se rapporte directement au sujet que je traite, mais parce qu’il me paraît digne d’être mentionné.

295°. Une dame de cinquante ans est depuis long-temps sujette à des sueurs nocturnes; elle s’affaiblit chaque jour, bien qu’aucun autre symptôme ne se dessine; elle a rendu des graviers trèspetits à deux reprises; deux fois, à six mois d’intervalle, elle a uriné du sang presque pur : tout à coup l’urine se supprime complètement. Le plessimètre ne fait pas reconnaître d’urine dans la vessie; en conséquence on ne pratique le cathétérisme que trois jours après, il s’écoule par la sonde deux ou trois onces d’un sang fétide. Douleur dans le trajet de l’uretère droit : on n’y sent aucune tumeur : la suppression d’urine dure vingt jours. Quelques onces de sérosité s’épanchent dans l’abdomen et y sont reconnuas par la percussion ; l’intelligence baisse, la malade s’affaiblit de plus en plus; elle meurt par l’asphyxie de l’écume bronchique. A la nécropsie, le rein gauche, de volume

j8o examen plessi métrique

ordinaire, est transformé en un kyste à parois minces et contenant du sang pur; le rein droit, atteint sur la moitié de son étendue d’une dégénérescence carcinomateuse, nullement hypertrophié, est encore, dans ses autres parties, propre à former de l’urine. La cavité du bassinet est libre; elle contient quelques petites pierres et est distendue par le liquide urinaire qui dilate aussi , mais à un faible degré , l’uretère correspondant , et cela jusque vers la partie moyenne de sa longueur; là se rencontre un rétrécissement au-dessus duquel se trouve un calcul de la grosseur d’une noisette, et qui, formé par de l’acide urique, s’est engagé dansle conduit et en a complètement oblitéré l’orifice. La vessie est teinte par le sang qu’elle contient en petite quantité, et qui, mêléd’ urine, a une odeur infecte. La membrane muqueuse est épaissie et ramollie.

296°. Cette observation, dans laquelle une malade a pu vivre vingt jours sans qu’il se formât à peine d’urine et sans qu’il existât de fièvre, est surtout remarquable par le diagnostic exact que MM. Fouquier et Hureau avaient portés; car on avait annoncé pendant la vie qu’un des reins devait être impropre depuis long-temps à secréter l’urine, et qu’un calcul avait du arrêter le cours de ce fluide, soit dans le bassinet, soit dans l’uretère du côté opposé. Le plessimètre n’eut ici d’utilité que pour faire reconnaître l’état de la vessie et le léger épanchement séreux qui survint dans le péritoine.

DE L’ESTOMAC ET DES INTESTINS. l8i

§ XIII. De F examenplessimè trique de L’estomac et des intestins.

297 °. E11 relisant la partie du Traité de La percussion qui a rapport à l’estomac, j’ai trouvé que j’avais peu de chose à y ajouter. Les expériences sur l’homme vivant, sain et malade, s’y trouvent en effet en très-grand nombre ; seulement depuis leur publication , j’ai rencontré fréquemment dans la pratique, et pendant la vie des malades, des faits complètement semblables à ceux que j’avais alors signalés sur le cadavre : il en a été ainsi du tube intestinal- le procédé opératoire a même été mieux tracé à l’occasion du tube digestif que pour lesautresorganes;detellesortequ’en comparant ce que j’ai dit sur la percussion de l’abdomen en général (n° 211), aux corollaires qui suivent l’exposé des expériences sur l’estomac et les intestins ( Percussion médiate, p. 277, 3o4, 819), on a l’histoire à peu près complète de l’examen plessimétrique du tube alimentaire. J’établirai seulement ici comment il est convenable de s’y prendre pour étudier les sons abdominaux ; je présenterai l’ordre dans lequel l’examen des organes doit être fait, et je publierai quelques observations qui ne me paraissent pas dépourvues d’intérêt.

298°. Remarquons d’abord que l’utilité de la percussion médiate est le plus souvent subordonnée, pour le tube digestif, aux résultats qu’on obtient loi-squ’on déprime avec le plessimètre ou

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le doigt les parties superficielles, et qu’on le inet ainsi en contact avec les organes profonds. Il résulte de ceci que la méthode d’Avenhrugger ne peut à beaucoup près donner les résultats avantageux que fournit la plaque d’ivoire. D’ailleurs, un très-grand nombre d’épreuves comparatives m’ont prouvé que leclioc imprimé, soit par une chiquenaude, soit par un petit coup sec de la main à plat, ne donnait, même pas pour les organes superficiellement placés dans l’abdomen, des sons assez marqués pour être d’une grande utilité.

299°. Pour bien étudier les sons et le degré d’élasticité que donnent les diverses parties du tube digestif, ilfaut d’abord mettre celles-ci à découvert, et les percuter en place (n° Gi); on les enlevera ensuite de l’abdomen, et on réitérera l’expérience; on reconnaîtra alors le son tympanique très-clair propre aux organes les plus vastes, telsque l’estomac et le cæcum, et celui dont est suivie la percussion des gros intestins et desintestins grêles, dont la sonoréité et l’élasticitésont moins marquées. Faisons observer ici que le degré de capacité de ces organes pleins de gaz, influe seule sur l’acuité ou la gravité de la résonnance produite; que si les intestins grêles sont plus dilatés que le colon transverse, ils donneront un son plus tympanique que celui-ci; mais presque toujours c’est le colon qui est plus dilaté que le jéjunum et l’iléon, et qui donne plus de son.

3oo°. Pour bien juger des caractères plessimétriques que ces organes sont susceptibles de fournir dans des états divers, on les placera les uns sur

les autres pour les percuter 5 on fera écouler les liquides qu’ils pourront contenir sur un point circonscritde leur étendue ; là ils donneront une matité légère, une faible résistance au doigt; on fera pénétrer les gaz dans d’autres anses intestinales, sur lesquelleson trouvera une élasticité et unesonoréité très-grandes. On injectera des liquides, de l’air dans l’estomac . dans le rectum , et cela pour rendre plus évidentes les différences précédemment indiquées; on percutera l’estomac à nu, soit vide, soit à moitié plein de liquide, soit encore rempli de substances pâteuses; on jugera alors et de l’élasticité et de la résistance que dans ces diverses circonstances il'peut donner au doigt. Là où sé trouvent les liquides, matité et peu de résistance ( à moins qu’ils 11e distendent le viscère outre mesure) ; là ou une substance pâteuse est accumulée, même défaut de son, mais résistance plus marquée; sur les parties où des gaz se rencontrent, son tympanique, et sur les points de niveau où ils touchent aux liquides et même au-dessus de ce niveau, bruit humorique. Tous ces caractères plessi métriques changent de place en raison de la position qu’on donne à l’estomac, mais correspondent toujours aux conditions physiques que l’organe présente derrière les points percutés. Aussi lorsqu’il contient à la fois des liquides et des gaz, est-ce toujours en bas que la matité se prononce, en haut que la sonoréité se trouve. Des expériences semblables seront faites avec le même soin sur le gros intestin.

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3oi°. On percutera ensuite à travers lès parois d’un cadavre, puis sur des hommes vivans et on fera toutes les ex périencesconsignéesdansle Traité de la percussion médiate , aux articles estomac, gros intestins, et intestins grêles.

3o2°. Pour. étudier le tube alimentaire par la percussion, le sujet sera d’abord placé comme pour l’exploration de l’abdomen ; il sera à jeun et n’aura pas bu. On limitera inférieurement lespoumons(79 etsuivans), le coeur (i85), le foie (252), et la rate ( 286). On tracera des lignes noires qui correspondront aux rebords de ces viscères. On percutera alors avec soin toute la partie où se trouve ordinairement l’estomac, c’est-à-dire tout l’espace qui s’étend au-dessous du foie, du coeur et de la rate. Si l’estomac, situé sur ces points, 11e contient pas d’alimens ou de liquide, il donne un son tympanique dont la nuance plus grave sera plus ou moins différente de celle que fournissent les portions du tube digestif, situées plus bas, mais qui dans quelques cas ne pourront pas en être distinguées. On fera boire alors deux ou trois verres d’eau au malade, et on le fera coucher successivement sur le côté droit, sur le côté gauche et sur le ventre, en ayant soin d’observer les changemens de son et de résistance qui surviendront dans les parties déclives percutées; la matité qui s’y manifestera permettra de circonscrire exactement le viscère.

3o3°. Si l’organe contient des alimens, on limitera le contour de l’espace où la matité se fera

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reconnaître , et on attendra que la digestion soit faite pour juger, par le retour de la résonnance, si c’est bien à l’estomac que le son obscur devait être rapporté. Si l’on fait prendre alors de nouveaux alimens, la matité et la résistance, qui reparaissent, ne laissent pas de doutes sur le siège qu’occupe l’orsfane.

3o4°. Dans le cas au contraire où, après l’injection des boissons et des alimens, les sons de la région épigastrique ne changeraient pas de caractère^ l’estomac ne serait pas sur ce point , et il faudrait le chercher ailleurs, où sa matité le ferait reconnaître. 11 pourrait être encore profondément caché au-dessous des intestins qui ie recouvriraient; la dépression de ceux-ci par le plessimètre permettrait d’arriver jusqu’à lui. Dans quelques cas où les gros intestins recouvraient l’estomac, je suis arrivé par ce moyen à distinguer le lieu où il était placé, et à m’assurer qu’il ne touchait pas les parois. M’étendre davantage sur ce sujet serait répéter ce que j’ai dit dans le Traité de la percussion.

3o5°. Pour les gros intestins on s’y prendra comme pour l’estomac; on cherchera à les reconnaître par leurs sons caractéristiques. On fera prendre des injections abondantes, qui donneront les moyens de les circonscrire par des lignes.

3o6°. Avant de pratiquer ces injections, on percutera sur les gros intestins, tantôt avec légèreté, tantôt avec force; le plessimèlre sera alternativement appliqué profondément, superficiellement; on tiendra compte du degré de dureté ou

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de mollesse que le doigt sentira en percutant les viscères, et ce degré sera en rapport avec la densité des matières qu’ils pourront contenir. Si les gros intestins donnent de la matité, pour être bien sûr qu’elle n’est pas le résultat d’une ascite, on variera la position du sujet. On réitérera ces épreuves un plus ou moins grand nombre de fois.

3o^°. Dans la crainte que le défaut de son ne provînt d’une maladie extérieure aux intestins, on aurait recours aux injections, et la percussion ferait alors connaître le lieu qu’ils occupent : on sonderait le rectum ; s’il contenait des matières, on en provoquerait l’évacuation; on pratiquerait le cathétérisme, on palperait l’abdomen avec soin et on percuterait encore. On attendrait enfin plusieurs jours pour voir si la matité ne varierait pas. A l’aide de ces précautions, on parviendrait certainement à reconnaître à quel organe devrait être attribuée la matité qu’on rencontrerait (Voyez Traite de la percussion médiate, p. 3o4 et 3 19).

3o8°. Terminons cet article par l’exposition de quelques faits où la percussion pratiquée dans les maladies du tube digestif, a conduit à des données importantes. Un homme que je vis avec M. Scelle- Montdezert éprouvait depuis long-temps une gêne extrême dans les digestions, et vomissait de loin en loin des quantités notables d’une substance couleur chocolat, d’une consistance visqueuse et d’une odeur fétide. Il y avait à peine de la fièvre; mais le malade, dont le faciès rappelait celui qu’on observe dans les anciennes lésions organiques de

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l’estomac, continuait à prendre des alimens qui ne remédiaient en rien à son extrême maigreur. Dans les commenceinens, qui dataient de plusieurs mois, cet homme vomissait les alimens quelque temps après avoir mange. L’examen plessimétrique trouva une matité marquée dans la plus grande partie de l’abdomen; elle était accompagnée d’une résistance peu considérable au doigt; il était facile d’isoler l’espace où cette matité se rencontrait de celui qu’occupait le foie, qui présentait encore moins de sonoréité et plus de résistance. Le beu où se trouvait le son obscur anormal avait une circonférence arrondie, s’étendait jusqu’à trois ou quatre pouces au-dessous de l’ombilic et jusques vers les aines. Au centre de cet espace, lorsque le sujet était couché sur le dos, on rencontrait, dans la largeur de la main, de la sonoréité, eton distinguait tout autour du lieu occupé par celle-ci, le bruit humorique; en variant la position du malade le son clair changeait de place et se manifestait vers quelque autre point où l’on obtenait précédemment le son mat. Les parties de l’abdomen situées au-dessous de la tumeur donnaient , quelle que fût l’attitude du sujet, une sonoréité et une élasticité qui prouvaient bien qu’aucun liquide n’était accumulé dans la cavité du péritoine. Du reste on ne trouvait point d’anse intestinale entre le lieu occupé par la matité et le rebord costal.

3o9°. Nous déduisîmes de ces faits que l’estomac était très— dilaté ; qu’il contenait une énorme

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quantité de substance pâteuse; qu’il s’agissait d’un obstacle mécanique au passage des alimens par le pylore; que le premier soin à prendre était d’évacuer par des vomissemens provoqués non par l’émétique, mais au moyen de la titillation de la luette, cette énorme quantité de substances accumulées, de donner après cette évacuation quelques astringens, de l’eau froide, du quinquina meme, d’appliquer à i’extérieur la glace, pour chercher à faire revenir l’organe sur lui-même, et d’essayer, après avoir vidé l’estomac, l'effet d’une alimentation graduée. Un troisième médecin, qui soignait depuis long-temps le malade , se rendit en apparence à mes idées, je me retirai ; mais la terreur que lui inspirait la gastro entérite fut si forte , qu’aucune de ces tentatives ne fut mise à exécution. Le malade périt quelques semaines après; mais il eut des vomissemens spontanés et en petite quantité à la fois, à la suite desquels, au rapport de M. Scelle- Mon tdezert, on trouvait une diminution dans l’étendue du son mat. La percussion médiate, en donnant la preuve de l’accumulation des matières et de la distension de l’estomac , avait été la source d’indications thérapeutiques importantes.

3 io°. M. le docteur Delouey a observé à Choisyle-Roi le cas suivant : un homme présente des accidens cérébraux; la percussion médiate apprend que l’estomac donne un son mat dans une grande partie de l’abdomen. On s’informe avec soin, et l’on apprend que le malade avait pris des alimens

en grande quantité» Des vomissemens provoqués par la stimulation du voile du palais à l’aide d’une plume, font rejeter au dehors une énorme quantité de chyme. Leson devient tympanique dans le côté gauche et les accidens cérébraux se dissipent.

3ii°. Un vieillard de^3 ans, placé dans l’une des salles de Bieêtre, présente une énorme tumeur du scrotum , qui à sa partie moyenne a go centimètres de circonférence, descend jusqu’aux genoux, est comme pédiculée à son sommet et est surmonté par les deux espaces inguinaux tuméfiés des deux côtés; une ouverture située vers le centre de la masse en avant, est tout ce qui reste de la verge qui a disparu. Les tégumens sont minces et non adhérensen haut , infiltrés et mamelonnés en bas. M. Fabre, qui considéra ce fait comme un cas d’éléphantiasis, voulut s’assurer de sa nature et des parties qui entraient dans sa composition. La présence des deux saillies oblongues sur le trajet de chaque canal inguinal lui faisait soupçonner l’existence d’une double hernie; mais le volume du ventre proportionné à la maigreur de l’individu , l’irréductibilité de la tumeur élevaient des doutes sur cette idée; les signes fonctionnels et antécédens n’éclairèrent pas son jugement. 11 eut alors, dit-il, recours à la percussion médiate, qui les écarta complètement : à la partie antérieure de la tumeur et de chaque côté jusqu’ un peu au dessousdesa partie moyenne, sur les canaux inguinaux il trouva un son clair manifeste; inférieurement matité remarquable; donc, unepartie du tube digestif

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était contenue dans la tumeur; mais quelle était cette partie?

3 j 2°. Quand le vieillard était à jeun , partout se trouvait de la sonoréité; immédiatement après le repas, tout le côté droit de la tumeur, devenait mat, tandis qu’alors il restait encore clair à gauche; des épreuves de ce genre réitérées firent admettre par M. Fabre que l’estomac était contenu dansla partie où la matité avait lieu et que les intestins étaient situés sur le côté gauche où le son clair se faisait toujours entendre. Quant à la partieinférieure où la matité ne variait paset qui était indurée, elle était atteinte de l’éléphantiasis des Arabes.

3i 3°. Deux autres élèves, MM. Bergeonet Marcus, mirent en doute ce fait si rare d’une hernie de l’estomac à travers le canal inguinal ; ils firent de nouveau l’expérience qui les conduisit au même résultat; maisbien plus, dit M. Fabre : « à mesure que nous faisions manger le vieillard, nous voyions très-sensiblement la tuméfaction progressive de la partie antérieure etsupérieure droite de la tumeur, et appliquant la main sur cette même partie et faisant boire en même temps le malade, nous aperçûmes très-distinctement le choc du liquide, qui presque instantanément pénétraitdans son intérieur.»

3i4". Dans un très-grand nombre de cas observés , soit à la Salpêtrière , soit dans d’autres hôpitaux, où une douleur dans le côté gauche se déclarait , et où la présence des côtes faisait croire que le poumon ou la plèvre en étaient le siège, la percussion médiate prouvait par le son clair qu’on

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obtenait, que le tube digestif refoulé vers le thorax, était atteint de cette souffrance; les variations de son qui résultaient de l’injection des boissons ou de la pénétration des liquides injectés dans le rectum, démontraient si c était l’estomac ou bien les intestins qui étaient le siège de la douleur.

3i 5°. Surunemultitudedemaladesdont les poumons et le coeur étaient sains, la percussion découvrant d’une part un son très-tympanique, démontrant de l’autre que i’estopaac et les intestins soulevaient le foie, refoulaient le cœur, et diminuaient l’étendue du thorax, faisait ainsi reconnaître la cause de l’extrême difficulté de respirer qui était observée. Cela était surtout important lorsque le développement de l’abdomen d’arrière en avant était empêché par la contraction habituelle des muscles abdominaux, et que son extension avait surtout lieu de bas en haut. Que de fois n’ai-je pas alors pensé à faire évacuer les gaz au moyen d’une canule?

3 16°. LedocteurNicod, deChoisy-le Roi, trouve par la percussion médiate un son mat dans la région iliaque droite d’un malade : celui-ci avait déjà eu une hémorragie intestinale. Le lieu où cette matité se faisait remarquer était dépressible. Point de tumeur, mais de la mollesse s’y rencontrait. Ce médecin attribua à du sang accumulé dans le cæcum la matité qui remplaçait ici la sonoréité habituelle de la région occupée par cet intestin : une selle sanglante fut rendue, et le son tympanique se manifesta sur le point où le coccum donnait

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lieu à un son mat. Ce fait est absolument analogue à celui que M. le docteur Edwards et moi nous avions déjà observé.

317°. A la Salpêtrière, à l’Hôtel-Dieu, plusieurs fois la matité insolite des régions occupées par l’s iliaque et par le cæcum, et ne variant pas par la position du sujet (le cathétérisme et le toucher nous ayant d’ailleurs assuré que la vessie et l’utérus étaient vides), nous a fait admettre que des matières étaient accumulées dans le tube digestif; toutes les fois que, dans ces cas, un purgatif a été administré, beaucoup de matières ont été rendues, et par suite, l’élasticité et la sonoréité de ces régions sont reparues.

3i8°. A l’Hôtel-Dieu, et dans plusieurs cas de phlegmasie intestinale étendue aux glandes de Peyer, nous avons observé des faits se inblables.Dans les premiers temps de ces affections, les intestins grêles donnaient quelquefois lieu à un certain degré de matité. C’est à la partie moyenne et inférieure de l’abdomen que cette nuance légère de son obscur se faisait remarquer; était-elle due à ce que les intestins irrités, étant resserrés sur eux -mêmes, avaient porté plus loin les gaz? Serait-ce parce que leur position déclive y faisait séjourner plus de liquide? Estce que cette position déclive, des portions de l’iléon les plus voisines de la valvule iléo-cœcale rendant la progression ultérieure des matières plus difficile, expliquerait la fâcheuse prédilection de la phlegmasie pour ce point de la membrane muqueuse? Est-ce que la disposition ascendante du colon

n’aurait pas ici de grands inconvéniens? Ne serait-il pas quelquefois utile de placer le malade dans une position telle qu’elle favorisât le cours des matières par delà la valvule iléo-coecale? Estce que l’analogie de la déclivité de la pneumonie ne conduirait pas à réfléchir sur la position inférieure qu’occupe si souvent l’irritation intestinale? La percussion médiate permettrait-elle, dans des cas de dothinenterie, de tenter quelques moyens chirurgicaux alors que tout paraît désespéré? Que de sujets de réflexions! Quand j’aurai des occasions d’y donner suite, je ne les laisserai pas échapper.

3 1 90. On a consigné dans laLancette une observation intitulée Plessimètre en defaut y c’était la palpation et non la percussion qui avait induit en erreur. On avait pensé qu’une tumeur qu’on trouvait dans le flanc gauche d’une malade pouvait être le rein. On n’avait parlé de cette opinion que comme d’ une probabilité. On se fondait sur le toucher poli et sur la forme arrondie de la tumeur. Cel le-ci don n a lieu à deux reprises à de la matité : la malade prenait quelques alimens. A larnort, on trouva qu’une anse intestinale dilatée, comprise entre deux rétrécissemens qui pouvaient encore livrer passage au chyme, avait donné lieu à la méprise du toucher. Quant à la matité, elle était due sans doute à ce qu’au moment où l’on percutait l’intestin était rempli de matières. L’auteur de cet article, qui maintenant connaît bien la percussion , est convenu depuis avec moi qu’il est impossible qu’une anse d’intes-

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tin pleine de gaz puisse donner lieu à de la matité.

320°. Au bureau central, plusieurs cas se sont présentés dans lesquels j’étais incertain sur la question de savoir s’il s’agissait d’une hydrocèle ou d’une entérocèle. Un son tympanique fourni par l’intestin m’a fait reconnaître d’une manière sûre le caractère de la maladie. Mais de tous les cas de hernie où la percussion médiate a été utile, je mentionnerai surtout le suivant, que je doisàmon ami M. le docteur Amussat.

321°. Un malade portait dans le scrotum et du côté droit une tumeur du volume de la tête d’un enfant, qui distendait tellement les bourses et la peau de la verge, que celle-ci avait entièrement disparue; à la partie supérieure latérale gauche de cette tumeur, on découvrait l’ouverture du prépuce. MM. Amussat. et Delouey crurent reconnaître une hernie : pour s’en assurer, la percussion médiate fut pratiquée. On obtint les résultats suivans : Son tympanique dans toute l’étendue de la tumeur, si ce n’est tout-à-faiten bas, où la résonnance est légèrement matte. A la partie moyenne de la malade en appliquant fortement le plessimètre et en le frappant d’un coup sec, on trouva dans un espace circonscrit un son obscur dû au testicule qui était situé sur ce point. Le bruit mat de la partie déclive était dû à une légère collection de sérosité. Ainsi , dans ce cas , l’emploi du plessimètre fit reconnaître la coexistence d’une hernie intestinale, d’une hydropisie du sac , et fit juger du lieu occupé par le testicule.

DE LA VESSIE ET DE LA MATRICE. 3 q5

§ XIV. De V examen plessimétrique de la vessie et de la matrice.

322°. La palpation annonçant que la vessie forme une tumeur au-dessus du pubis, le défaut d’écoulement d’urine apprenant qu’un obstacle existe à son excrétion, le cathétérisme, qui précise la nature de celui-ci, sont des signes très-propres à faire reconnaître les maladies dont le réservoir de l’urine peut être le siège.

323°. Mais la palpation est très-souvent impraticable, et cela a lieu quand le ventre est distendu par des intestins remplis de gaz, ou quand il est très-douloureux. C’est ainsi que dans un très-grand nombre de cas où la vessie était paralysée et contenait, chez nos vieillards, d’énormes quantités de fluide, la main rte pouvait rencontrer la tumeur vésicale. Le toucher ne donne encore aucun résultat chez les sujets très-gras, ou dont les tégumens sont doublés par un tissu cellulaire infiltré, ou encore lorsque la poche urinaire, tout en contenant beaucoup de liquide, est molle et peu tendue, comme cela a lieu dans les anciennes paralysies de cet organe, où il est trèsdilaté.

324°. Le défaut d’écoulement d’urine est facilement appréciable chez un homme qui jouit de la plénitude de sa raison, et qui rend un compte exact de ce qu’il éprouve; mais chez les vieillards qui n’ont point cultivé leur esprit, la faiblesse de

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