DIAGNOSTIC
rine, en imposeraient peut-être pour un épanchement; mais c’est qu’alors on aurait bien mal percute; nous verrons, à l’occasion de chacun de ces organes, que les caractères qui dénotent leur présence sont bien différens de ceux qui distinguent l’ascite, et les variations de matité et de sonoréité dans un même lieu, en raison des changemens de position du sujet, ne peuvent pas permettre de semblables erreurs.
240°. L’œdème des parois n’empêche, dans aucun cas, de reconnaître les épanchemens ascitiques; seulement il faut avoir le soin de déprimer avec leplessimètre les parois épaissies, pour le mettre en contact avec les muscles abdominaux.
§ X. Diagnostic des tumeurs abdominales.
241°. Des faits nombreux recueillis à la Salpêtrière, sur le vivant comme sur le cadavre, ont pleinement confirmé tout ce que j’ai dit dans le Traite de la percussion sur les tumeurs abdominales. J’ajouterai seulement ici que la sensation éprouvée par ledoigt dans ces affections, éclairesur leur degré de dureté et sur leur structure. La résistance est d’autant plus marquée que le tissu de ces parties est plus solide. Le squirre, les productions encéphaloïdes ou fibreuses, non ramollies, causent un sentiment péniblequ’un abcès ou un kyste à parois peu épaisses ne donnent pas : Une femme portait une tumeur vaste, inégale, bosselée dans l’abdomen; le doigt tj ni percutait pendant la vie cette production morbide trouvait sur des points di ve rs
DES TUMEUKS ABDOMINALES. l5l
des degrés très-variables de résistance. On admit, d’après ce fait, que des parties indurées se trouvaient sur les espaces où le doigt semblait les indiquer, et que des productions ramollies existaient sur les régions où la résistance au doigt était faillie. Après la mort, les résultats furent les mêmes. Lanécropsie démontra que le diagnostic avait été juste; que du tissu squirreux et encéphaloïde formait la tumeur, que celle-ci était dure là où la percussion l’avait annoncé, et ramollie dans les parties ou le doigt n’avait pas senti de dureté.
242“. Dans quelques cas on a pu parfaitement saisir les rapports de ces productions morbides avec tel ou tel viscère. Chez une vieille femme qui portait une vaste tumeur mésentérique, on trouva sur le centre de celle-ci un son tympanique tel que le gros intestin en donne; cette résonnance claire, accompagnée d’élasticité au doigt, se prolongeait de haut en bas et de droite à gauche dans toute la hauteur de la masse indurée et dans la largeur de trois pouces. Tout le reste de la tumeur, qui avait bien dix ou douze pouces de diamètre, donnait lieu à une résistance marquée au doigt; à la mort la percussion fournit les mêmes résultats. Une incision pratiquée sur chacune des lignes qui limitaient l'espace où le bruit tympanique se faisait entendre, espace dont la forme irrégulière représentait celle du colon transverse, permit d’enlever la portion desparoisqu’ellescirconscrivaient. L’arc du colon avait été exactement embrassé par ces lignes, et ne les dépassait pas. 11 est inutile d’insister sur