‹ Du progrès des agglomérations urbaines et de l'émigration rurale en Europe et particulièrement en FranceChapitre 14 sur 42 · SEXE FEMININ · texte numérisé non relu

SEXE FEMININ

Mariés.

Céiibataires.

Veufs.

fiélibalaires. Mariés.

Veuves.

Villes 313

Campagnes. 331

La moyenne. 329

On constate les mêmes faits en Danemark (recensement de 1855).

Villes. Campagnes. Total.

Célibataires • 063 617 626

Mariés 300 347 339

Veufs ; 28 34 33

Divorcés 3 2 2

Célibataires 598 581 585

Mariées 300 343 334

Veuves 98 73 78

Divorcées 4 3 3

Les documents suédois séparent avec raison, au point de vue de l'état civil dans les villes et les campagnes, les enfants des célibataires. D'après les rapports qui suivent el ont élé calculés avec les résultais des recense-

nieuLs de 1820, 1825 cL 183U; ou truiivc : 1» un plus j^raud uombi'o d'euianls dans les campagnes : 2" un plus grand nombre de célibataires dans les villes ; S'* un plus grand nombre de mariés dans l(3s campagnes ; 4» enfin un plus grand nombre de veufs dans les villes. Il est à regretter que les documents officiels n'aient pas permis d'étudier l'état civil séparément pour chaque sexe.

Villes.

Camp;.gncs.

Enfants

Célibataires.

Mariés

Veufs

Des relevés qui précèdent on est autorisé à conclure : 1" que les célibataires dominent dans les villes et les mariés dans les campagnes ; 2^* que les veufs et surtout les veuves l'emportent dans les villes. Il y a lieu de croire également que les enfants ont la supériorité numérique dans les campagnes, par suite de ce double fait que les mariages, comme nous le verrons ailleurs, y sont généralement plus féconds et que beaucoup d'enfants des villes y sont rais en nourrice. La prédominance des célibataires des deux sexes dans les villes est déterminée surtout par la domesticité, puis par les élèves des établissements d'instruction publique, par les ouvriers nomades, etc., etc.

Gomme conséquence de l'existence d'un plus grand nombre de mariés dans leur population, les campagnes ont, sur les villes, cet avantage que les naissances naturelles doivent y être moins nombreuses et que les inconvénients, les dangers même de toute nature qui résultent (lu célibat prolongé, y sont moins ressentis. Le petit nom-.

bre de veuves qu'on y trouve semble attester, eu outre, que les seconds mariages y sont plus faciles que dans les villes.

30 Ages. — Les recensements par âge, séparément des populations urbaines et rurales, sont assez rares ; mais d'après les renseignements qui précèdent sur l'état civil, on peut croire, à priori^ que, si l'on divise ces populations en deux catégories, la première comprenant les mineurs de la naissance à 15 ans, la seconde tous les habitants des autres âges, la première catégorie sera représentée par des nombres plus considérables dans les campagnes que dans les villes, par suite de la prédominance des enfants au sein des campagnes.

En Belgique, on a trouvé les rapports ci-après, pour 1000 babitants :

flabilants de de 0 à 15. de 15 ans et au-dessus.

( Villes 2.978 7.02'2

/ Campagnes... 3.319 6.681

l Villes 2.847 7.153

^ ^^*' • j Campagnes ... 3 . 095 6 . 905

Voici les rapports (pour 100 habitants) afférents à la Saxe, pour les années 1858 et 1861 :

Moins de 14 ans. Plus de 14 ans.

Garçons. Filles. Hommes. Femmes.

^ Villes........ 15.16 15.34 34.25 35.25

^^^^•( Campagnes... 16.46 16.72 32.13 34.67

(Villes 15.20 15.42 34.17 35.21

^^^^- i Campagnes... 16.66 16.83 32.02 34.49

Ce document confirme notre prévision : les enfants sont

phis nombreux dans les campagnes , et les adultes dîins

— iO —

les villes. Celle observation s'appliijiie aux deux sexes Oi^ remarque, dans les deux populalionS; que les adultes du sexe féminin sont plus nombreux que ceux du sexe masculin ; les enfants d^ sexe féminin ont également l'avantage, mais dans une moindre proportioa.

En Wurtemberg , sur 100 habitants, les âges se répartissaient comme il suit, en 1861 :

Moins (le 11 ans. Plus de U ans.

Villes 26.3 13.2

Campagnes 29 . 6 70.4

Ici. égalemeni, nous retrouvons le fait princip^d <le la prédominance des enfants dans les campagnes et des adultes dans les villes.

Môme observation en Danemark, d'après le recensement de 1855 :

Moins de l.'î .ins. Plus de lî> ans.

Villes. 20.7 70.3

Campagnes. 34 . 0 ()5. 4

Ainsi, quel ([ue soit le pays sur lequel portent nos. recherches , nous retrouvons partout le même fait : la supériorité immérique des adultes dans les villes. Elle a deux causes principales : 1"" l'immigration, qui porte en très grande majorité sur des adultes; 2* l'envoi en nourrice dans les campagnes d'un grand nombre d'enfants des villes; 3* enfin, la survie d'un plus grand nombre d'enfants, dans les campagnes, à naissances égales.

4° Nombre d' habitants par maison et par famille. — En Belgique, on a relevé, en 1846, le nombre ci-Mprès d'habitanis par maisons et par familles :

Uiibilants par

anulles

maison.

famille. par maison.

Villes 6.4J 4.51) 1.40

Campagnes 5.15 4.97 1.03

Le Royaume 5.42 4.87 1.11

Les maisons étant pins spacieuses dans les villes, et surtout dans les grandes villes, que dans les campagnes, il était naturel que le nombre moyen des habitants et des familles par maison , y fût plus élevé. Par suite d'une plus grande fécondité des mariages dans les campagnes, les familles y sont plus nombreuses. — On trouve, pour 1856. des rapports identiques.

La Prusse fournit les éléments ci-après :

Ilabitanls par maison. famille.

Villes 1852. 12 . 29 4.75

Campagnes. . 1852. 7 . 59 5. 04

Si les villes et les campagnes présentent ici les mêmes ditTéreiices qu'en Belgique, on est frappé du grand nom- Jire de personnes que contiennent, en Prusse, les maisons des deux populations. Il faut en conclure, ou que ces maisons sont plus spacieuses qu'en Belgique, ou que les habitants y sont plus agglomérés. En ce qui concerne le nombre des membres par famille , d'une part, il est plusélevé en Prusse qu'en Belgique ; de l'autre, la différenco entre les villes et les campagnes y est plus franchéo.

En Bavière on a recensé, en 1852, 4.52 personnes par famille, dans les villes et bourgs, et 4.64 dans les campagnes. La différence est peu sensible.

En Wurtemberg, on a relevé le nombre ci-après de personnes par famille.

Villes.

Cuiupagjics.

La différence n'est guère plus tranchée qu'en Bavière. En Saxe, les trois faits qui nous occupent se sont modifiés, ainsi qu'il suit, de 1834 à 1849 :

Habitants par maison.

nabitanls

par ménages.

Ménages

par maison

Villes. Campagnes

Villes. Campagnes.

Villes.

Campagnes.

Constatons d'abord, ici les mêmes différences entre les villes et les campagnes que. dans les autres pays, au point de vue des dimensions des habitations, du nombre de personnes par famille ou ménage, et du nombre des ménages par maison. Ces chiffres contiennent un autre renseignement : c'est l'accroissement continu du noml)re des habitants, et par suite des ménages, par maison rurale et urbaine , comme conséquence de l'agrandissement graduel des habitations. Ils signalent, en outre, un nombre également croissant, au moins jnsqu'en 1843, de personnes ï)ar ménage dans les villes.

Les rapports ci-:iprès, afférents à l'ancien yriiuid duchi* do Parme , en 1856 , peuvent être considérés eommes communs à la plus grande partie de l'Italie:

Habilanls

Personnes

Familles

par maison.

par famille.

par maison.

Villes

Campagnes . .

Le Duché

Pour la première fois, nous constatons ici un plus grand nombre d'habitants par maison dans les campagnes que dans les villes, ce qui semblerait indiquer que les constructions y sont plus spacieuses , ou les habitants plus étroitement logés. Gomme en Allemagne , les familles rurales sont plus nombreuses. Quant à l'identité du nombre de familles par maison, elle se déduit des deux autres rapports.

En Danemark; on a compté le nombre ci-après de personnes X)ar famille à diverses époques :

Villes 4.99 4.99 4.92

Gampagn es . . . 4 . 93 4 . 9 7 4 . 9 1

Le Royaume . 4.95 4.98 4.91

On voit que les familles sont à peu près aussi nombreuses dans les villes que dans les campagnes; la différence, ])ar une exception qui ne s'est pas encore présentée, paraît être au profit des villes.

EnNorwège, le nombre de personnes par famille, a été ainsi qu'il suit, en 1845 et 1855 :

Villes... 4.89 4.88

Campagnes 4 . 99 4 .89

Le Royaume 4.97 4.91

En Suède; ce rapport s'est modilié ainsi qu'il suit, do 1820 à 1850:

Villes 5.16 6.13 5.31 5.32 5.56 G. 52 5.42

Campagnes. 5.37 5.35 5.30 5.35 5.34 5.36 5.32

En Norwège, les familles rurales sont plus nombreuses, comme dans le plus grand nombre des autres Etats. En Suède, le même fait se produit jusqu'en 1835 ; mais, à partir de 1840, on constate le résultat inverse.

En résumé, il est permis d'affirmer qu'au moins généralement , 1° on compte plus d'habitants par maison, et, par suite, plus de ménages par maison, dans les villes que -dans les campagnes; 2° les familles urbaines sont moins nombreuses que les familles rurales , par suite d'une moindre fécondité des mariages urbains, et peut-être aussi d'une moins prompte dispersion des membres de la famille dans les campagnes que dans les villes.

Enfin, si nous récapitulons les documents qui précèdent snr la caractéristique des deux populations ,. nous trouvons que les populations rurales se distinguent des populations urbaines aux points de vue ci-après :

1° Le sexe masculin prédomine généralement dans les^ premières, ce qui semblerait indiquer que l'émigration rurale, en dehors des circonstances extraordinaires, porte sur les femmes en plus grand nombre que sur les hommes ;

2* Les campagnes comptent plus de mariés que les villes, où le célibat est, notamment pour la domesticité, une sorte de nécessité, et où il est, en général, la consé- ((uence obligée, pour beaucoup d'adultes, de la cherté de la vie matérielle. Les garnisons concourent, d'ailleurs, h cette prédominance du célibat dans les villes;

:]' Les villes comptent plas d'adultes que les campagnes; mais il n'est pas douteux qu'elles ont moins de vieillards;

4' Les familles rurales sont plus nombreuses, et cependant moins entassées dans les habitations que les familles urbaines. C'est une condition hygiénique plus favorable.

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