‹ Du Prolapsus Rectal Irréductible Ou Étranglé Son Traitement Par L'AmputationChapitre 10 sur 32 · CHAPITRE ll · texte numérisé non relu

CHAPITRE ll

Ilest tout naturel qu'une aflection aussi grave que le prolapsus rectal irréductible ou étranglé s'accompagne de complications soit dans ses formes aiguës, soit dans ses formes chroniques ; il est aisé de comprendre que le pronostic sera en rapport avec la gravité des complications et l'intensité des symptômes.-

Dans la forme chronique de la maladie, les complications surviennent d’une facon progressive et insidieuse, elles consistent principalement dans une exagération des symptômes. La marche du malade devient pénible, gêné qu’il est dans ses mouvements de progression par la présense hors de l’anus-d'une tumeur dont les dimensions sont parfois considérables. Sous l influence des frottements continus des parois du rectum prolabé contre les parties postéro-internes des cuisses el les vêtements, la muqueuse devient peu à peu enflammée, laisse suinter continuellement un liquide glaireux et filant, parfois teinté de sang ou de pus ; et le processus inflammatoire peut, soit amener la formation de cavités ulcéreuses, soit aboutir à une induration dela muqueuse éversée qui rend toute réduc-

tion impossible. Non seulement le prolapsus est irrité, mais les régions cutanées avec lesquelles il est en contact Permanent ne sont pas à l'abri de l'inflammation La région fessière et la partie interne des cuisses sont le siège d’un érythème d'intensité variable, léger ou diffus et confluent, souvent dou'oureux et provoquant d’insupportables démangeaisons. La peau de la région présente de larges taches rosées parsemées de saillies acuminées, plus foncées et souvert accompagnées d'indurations sanguinolentes, d'érosions, de croûtelles qui ne sont que des lésions de grattage.

Dans le cas de dilatation de l'orifice anal, il y a, sile malade n'est pas constipé, un écoulement permanent des matières fécales, cet écoulement peut dégénérer en diarrhée profuse, l'état général devient mauvais, le malade se cachecltise, le rectum irrité par l’issue continuelle des fèces, S'enflamme et souvent s'ulcère et se désagrège. Si l'on re peut en rayer à temps ces accidents, l'amaigrissement devient extrême, survient la période ultime de cachexie avec œdèmes, le pouls est petit, filiforme, Ja peau prend une teinte terreuse et le malade meurt en hypothermie.

Dans les formes aiguës de la maladie, les complications surviennent brusquement avec un cortège de Symptômes parfois très alarmants.

Outre les éruptions et la diarrhée cachectique signalées plus haut il est fréquent de voir la maladie se compliquer d'hémorragie. Très abondants dans certains Cas, ces

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écoulements sanguins surviennent le plus ordinairement pendantles efforts de défécation, il sont en général accompagnés d’une vive douleur. Variables comme quaniité et comme fréquence, les hémorragies sont le plus souvent formées de sang noir, liquide, renfermant une plus ou moins grande quantité de matières fécales, Suivant l’abondance des hémorragies, et suivant qu’elles se reproduisent plus ou moins fréquemment l’affaiblissement consé= culif des malades est variable. La coloration normale des téguments se change en une päleur cireuse, les muqueuses deviennent blanchâtres ; et si l'hémorragie a été considérable, la peau est moite ; le malade affaibli à des tendances aux syncopes ; le pouls est petit et misérable, la température descend au-dessous de la normale.

Au fur et à mesure que les pertes sanglantes s’accroissent en fréquence eten intensité, l’état général devient plus mauvais, l’état syncopal augmente, l'anémie progresse et le malade finit par succomber, le plus souvent dans une syncope.

Nous avons vu déjà que le prolapsus rectal peut subir un processus ulcéralif. Que l'une de ces érosions que l’on rencontre à la surface de la muqueuse prolabée, gagnant peu à peu toutes les funiques du rectum vienne à en nécroser complètement la paroi, on se trouve alors en présence d’une véritable perforation intestinale dont la péri-

tonile est la conséquence fatale. Mais il existe encore un

autre mode d'apparition de la péritonite. Lorsque le rec-

tum prolabé est fortement enserré dans le sphincter anal,

se Re

celui-ci, joue à l’égard du prolapsus le rôle d'une ligature et la tumeur rectale se mortifie peu à peu et se désagrège. Il est aisé de comprendre que si des cicatrices ne s’établissent pas entre la portion du rectum située au-dessus du sphincter et les tissus qui l’environnent, l'infection péritonéale sera possible par suite de l'ascension dans la cavité abdominale, de l'intestin que ne maintient plus le sphincter de l'anus.

La péritonite s'annonce par des symptômes généraux graves : hoauets, vomissements alimentaires, bilieux, puis porracés, douleurs abdominaies, facies grippé, délire, fièvre ; la mort est rapide dans le plus grand nombre des cas.

Cependant, lorsque le prolapsus du rectum, fortement étranglé par l'anus se mortife, la mortification et la chute de la muqueuse prolabée peuvent saccompagner d’une cicatrisation complète, péri-anale, de la portion supérieure de l'intestin. Cela constituerait donc un mode de guérison parfait si, le plus souvent, le tissu cicatriciel n'entrainait par sa formation, un rétrécissement anal assez intense, parfois, pour provoquer, comme le fait un étranglement absolu du prolapsus rectal, une rétention complète des matières fécales, ce qui constitue une autre complication. On assiste alors à l'évolution de la stercorémieavec le cortège de tous les symptômes qu'elle entraine : céphalée, vertiges, délire souvent violent, ballonnement du ventre, rigidité de la paroi abdominale, douleurs, hoquels, vomis-

pere

sements fécaloïdes, arrêt complet de l'issue par l'anus, des matières et des gaz.

L'irritation de la muqueuse rectale éversée peut aboutir également à la suppuration; le liquide, glaireux d’abord, qui suinte presque continuellement à l'extérieur du prolapsusrectal, devient, sous l'influence du processus inflammatoire, sanguinolent, puis peu à peu teinté de pus. — La purulence finit par s'installer définitivement, elle peut devenir très abondante, il se forme sur toute la surface de Ja muqueuse des ulcérations grisâtres, sanieuses ; laissant

s’écouler un pus verdâtre, compact, d’odeur fétide ; il se

forme des escarres dont l'élimination met à nu des foyers purulents. Le malade esten proie à une véritable infection purulente, et peu à peu, l'affection finit par en présenter tous les symptômes; ona même rencontré dans certains cas des abcès du foie, de la phlébite et des péritonites aiguês généralisées survenues consécutivement.

Dans les cas où ces affections ne viennent pas compliquer le pronostic déjà singulièrement assombri; Si l'on ne peut, par un traitement chirurgical, arrêter la suppuration : le malade, ne pouvant résister à une suppuration prolongée s’amaigrit, ses téguments prennent une coloration grisâtre et il meurt en proie à une cachexie profonde.

Non seulement les ulcérations du prolapsus rectal irréductible où étranglé sont susceptibles de provoquer soit | une perforation intestinale ; soit la chute de la muqueuse par gangrène, soit une purulence grave.

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I se produit à leur niveau un lien de moindre résistance un terrain admirablement préparé pour voir germer en lui Pinfection Cancéreuse ; et, en effet, assez nombreuses sont les observations relatives au cancer du rectum, grelfé sur un prolapsus ulcéré. La muqueuse herniée se Couvre de bourgeonnements grisâtres, sanieux, d’odeur infecte et laissant suinter un liquide de mauvaise nalure, le néoplasme finit par prendre une situation prépondérante dans la marche de l'affection. Propagation ganglionnaire, néoplasies secondaires des divers organes, Puis, carcinie généralisée et mort par cachexie cancéreuse, sont les conséquences de cette redoutable eomplication. |

De voiumineuses hémorrhoides peuvent accompagner le prolapsus rectal irréduclible, et en sont une complication à cause des douleurs, des difficultés de la défécation, et de la sensation pénible de pesanteur qu’elles déterminent au niveau de la région anale, également. elles peuvent engendrer des selles Sanguinolentes ; mais ce ne sont pas elles qui entrainent ces grandes hémorragies déjà décrites et qui sont dues à l'ulcération de la 'muqueuse.

Maïs, si les, hémorrhoïdes peuvent prendre place dans l’énumération des complications du prolapsus du rectum, elles sont aussi une sérieuse complication de son traitement chirurgical : en outre, par leur volume. elles sont Susceptibles d’être un obstacle à la réduction du prolapsus et même, elles peuvent provoquer un pseudo-étran-

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