‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 31 sur 80 · SECTION III. — MARCHE GÉNÉRALE DE LA MALADIE ET RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

SECTION III. — MARCHE GÉNÉRALE DE LA MALADIE ET RÉSUMÉ

Après avoir examiné en détail la fréquence et le mode de succession des accès , il nous reste à présenter quelques considérations plus générales sur la marche de la maladie.

Quand on suit pas à pas la succession des attaques d'épilepsie , on est frappé d'abord de l'irrégularité de cette marche; mais si l'on considère un certain laps de temps comprenant un grand nombre d'accès, et qu'on divise ce temps en périodes égales, ou, ce qui revient au même et comme nous l'avons fait , si l'on prend en fractions la moyenne journalière des accès dans des périodes inégales telles que la durée de tel ou tel traitement, alors on trouve que le retour des attaques «st soumis , au moins pendant un certain temps, à une sorte de règle moyenne de fréquence qu'on n'aurait pas soupçonnée d'abord. Les observations 33, 36, 37 et 38, où les malades ont été suivis pendant longtemps, en fournissent entre autres la preuve. (Voir les résumés des trois dernières observations.)

Sans recourir aux moyennes, lorsqu'on examine avec at-

tention une longue suite de dates d'accès et qu'on lient compte de la marche par paroxysmes !ù où elle existe, de l'intervention de quelques attaques accidentelles, ou de l'absence de quelque retour habituel , on arrive à peu près à la même conclusion que par le travail précédent : c'est que, sans affecter la régularité des fièvres intermittentes, les crises d'épilepsie sont beaucoup moins anormales dans leur apparition qu'on ne le croit communément, et qu'elles sont réellement soumises à la périodicité , ce qui les distingue de toutes les crises des névroses analogues.

Dans les cas rebelles, il se manifeste ordinairement tôt ou tard une marche accélérée dans le retour des accès, qui est d'un fâcheux augure (obs. 32, 3/i , 36 , o7 et 56). Cette accélération graduelle , le plus souvent lente , quelquefois précipitée, est l'expression la plus générale de la marche de l'épilepsie; c'est par elle que nous terminons ce chapitre, qu'il nous reste seulement à résumer.

— Nous avons rencontré tous les degrés de fréquence, depuis cent accès et plus par jour jusqu'à une attaque tous les quatre ou cinq ans. La catégorie la plus nombreuse est celle des malades ayant de un à six accès par semaine. Dans les hospices, en raison de l'absence des enfants, les attaques comptées par mois sont le cas qui se représente le plus souvent.

— Les accès reviennent en suivant deux marches différentes : retour par accès isolés ou par paroxysmes; quelquefois ces deux allures se combinent, d'autres fois elles se transforment l'une dans l'autre. La première marche est trois fois plus fréquente que la dernière.

— Le plus souvent les paroxysmes se montrent tous les mois environ, durent un à trois jours , et se composent de deux à six accès.

— Les paroxysmes accidenlels ou très intenses entraînent quelquefois la mort.

— Les accès diurnes sont deux fois plus fréquents que les accès nocturnes (même en tenant compte de la durée moindre des nuits), si l'on prend pour limites du jour et de la nuit le coucher et le lever des malades.

— Plus les crises sont légères, plus elles ont de tendance à se montrer surtout le jour.

— Les attaques nocturnes sont en général plus intenses et indiquent un plus haut degré de gravité de la maladie^ c'est vraisemblablement pour ce motif que, dans les hospices, les accès de nuit paraissent aussi communs que ceux de jour.

— Malgré l'irrégularité apparente de la marche de l'épilepsie, on y retrouve toujours une périodicité marquée, si l'on prend les moyennes de plusieurs séries d'accès un peu longues , et si l'on tient compte du retour par paroxysmes.

— Les attaques tendent en général à se rapprocher graduellement avec la prolongation de la maladie.

Si maintenant on veut porter un jugement sur la valeur de notre série générale , appréciée au point de vue des diverses circonstances de la marche de la maladie, il est difcile, en tenant compte de la différence des pratiques particulière et nosocomiale, de ne pas admettre qu'elle offre tous les caractères d'une série complète et normale.

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