TRAITEMENT ABORTIF DES ACCÈS
S'il arrivait quelquefois que !a crampe franchît le bracelet, il serait prudent d'en maintenir un second au-dessus du coude, et de fixer au milieu de l'anse de chaque bracelet l'extrémité d'un cordon commun dont on amènerait l'anse au bord du bas de la manche, de telle façon que les tractions opérées sur ce cordon serrassent à la fois les deux bracelets.
Dans le cas oii la crampe débute par le pied ou la jambe, une double jarretière , disposée au-dessus et audessous du genou, comme les deux bracelets que nous venons de décrire , pourrait être serrée de la même manière par un cordon commun , dont l'anse serait fixée , chez les hommes dans la poche du pantalon, chez les femmes dans celle de la robe , après avoir traversé une fenle ménagée dans chacun des vêtements de dessous.
Il est prudent de prévenir le malade ou son entourage que, dans le cas où le cordon ne jouerait pas, on peut y suppléer à l'instant même en serrant le membre avec les mains ou en étendant forcément le muscle ou les muscles contractures. Il suffit , pour cela , comme dans la crampe ordinaire, de porter et de maintenir fortement l'article dans la position opposée à celle que lui donne la convulsion; étendre, s'il y a flexion, ce qui est le plus commun; fléchir, s'il y a extension, etc. Cette ressource doit remplacer la ligature quand la convulsion tonique débute lentement par une partie sur laquelle on ne peut pas exercer une compression circulaire, comme les muscles du tronc et du cou. Ainsi, on redresserait le tronc ou la tète, ou on les ferait fléchir; on pourrait imprimer à celle-ci un mouvement de rotation en sens opposé, etc., etc. Nous recommandons aux médecins heureusement placés pour essayer l'emploi de ces moyens , par exemple, aux méde-
cins des hospicos , do tenter des efforts pour obtenir ainsi l'avorteraent des attaques. C'est quelque chose que d'en éviter la fatigue aux malades j mais on leur rendrait un service plus grand encore , s'il était vrai que les accès ou attaques incomplètes et avortées aient moins de valeur pour le pronostic que les crises complètes.
Nous avons peu de confiance dans les frictions , quoiqu'on ait cité des exemples de leur heureuse influence dans les cas dont nous nous occupons. Cependant, il n'y aurait que de l'avantage à les faire sur les muscles qu'on maintiendrait dans un état de tension j ce serait un moyen de plus d'en arrêter la contracture. Une friction sèche , qui n'entraîne aucune perte de temps, nous paraît préférable, par ce motif, à des onctions médicamenteuses.
II est encore d'autres moyens de faire avorter les attaques : nous avons vu notre malade n° 22 se projeter luimême de l'eau froide à la figure pour atteindre ce but : c'est un moyen qui est souvent à la portée immédiate des assislantsj on pourrait l'essayer. Ldi respiration d'une vapeur irritante a produit, dans certains cas, le même effet; mais il faut être prudent avec l'ammoniaque , qu'on a fait avaler quelquefois au malade dans un moment de trouble. Un cri, toute commo^/on?wom^e5M6iYe pourrait réussir aussi.
Une fois la nature du phénomène initial connue , nous croyons qu'il y a là un champ intéressant d'études à faire j mais les occasions ne sont pas communes, et les circonstances sont rarement propices, dans la pratique ordinaire.