‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 73 sur 80 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DU CHOIX A FAIRE liNTRE LES TRAITEMENTS.

I3c ce qu'un épileptique est placé dans les circonstances d'un pronostic favorable, il ne s'ensuit pas qu'il guérisse,

DU CHOIX A FAIRF ENTRK LES TRAITEMENTS, 00 5

quel que soit le traitement auquel on ait recours parmi ceux qui ont été conseillés dans cette maladie. Il n'existe pas non plus , à notre connaissance , un remède qui réussisse dans tous les cas d'une curabilité presque assurée : là oiî tel moyen échoue , un autre réussit. Que! médicament doit-on préférer pour débuter? Auxquels faut-il recourir ensuite en cas d'échec? Comment se diriger dans ce choix? Telles sont les questions que nous allons tenter de résoudre dans ce chapitre.

Pour un grand nombre de maladies, faire un choix éclairé entre les diverses médications préconisées , est chose difficile; mais la difficulté est peut-être plus grande pour l'épilepsie que pour toute autre ; car s'il est une affection pour laquelle on ait tout essayé, tout vanté, tout dénigré, c'est à coup sûr la maladie qui est l'objet de nos études. La bibliographie du traitement seul de l'épilepsie occupe 152 pages m-li° dans l'ouvrage de F. Henning (1) ; et le long catalogue qui les remplit pourrait être étendu encore par l'addition des travaux publiés depuis un demi-siècle.

Malgré la difficulté de l'œuvre, en nous appuyant sur les notions acquises dans le courant de ce travail et sur les résultats de nos traitements , nous tenterons de guider nos successeurs dans une route que nous avons parcourue avec quelque bonheur.

Le choix à faire pour le traitement d'une maladie quelconque est absolu ou relatif.

Le choix absolu a pour but de trouver le remède qui réussit le plus souvent dans une affection, quels que soient d'ailleurs ses variétés et ses degrés.

Dans le choix relatif, on se propose de distinguer le moyen le mieux approprié à tel ou tel cas, celui qui est

(1) Analecla lilleraria epilepsinm spectantia. T,ipsi8e, 1798.

indiqué par telle ou telle circonstance que l'observation a fait connaître ; c'est ce qu'on a appelé le traitement fondé sur les indications.

Il est évident que la recherche des indications ne peut arriver qu'après qu'on a acquis la connaissance de la valeur absolue d'un certain nombre d'agents. Nous commencerons donc par examiner les meilleurs moyens de nous éclairer dans le choix absolu des remèdes.

L'efficacité d'une médication peut être établie par des faits bien recueillis et bien analysés ou par le témoignage des praticiens, par l'élude directe ou par la tradition. Le premier moyen est le plus sûrj le second peut suppléer à l'absence de documents positifs.

Si l'on possède un critère plus ou moins certain pour mesurer le degré de gravité des cas individuels, la tâche de l'observateur ou de l'examinateur est singulièrement facilitée. Quand il s'agira de comparer les résultats numériques de plusieurs médications, on pourra d'abord éliminer tous les insuccès dans les cas habituellement incurables- mais on prendra, au contraire, en très sérieuse considération les guérisons obtenues dans cette dernière catégorie. Il s'agira ensuite de comparer la proportion des succès procurés par chacune des médications dans les cas dont le pronostic est favorable. Enfin, on attachera surtout de l'importance aux résultats obtenus, dans les cas à pronostic douteux ou peu favorable.

Tous les faits étant pesés d'avance, on voit que les conclusions seront promptement obtenues, en comparant simplement les rapports des guérisons et des insuccès fournis pour chaque catégorie par les différents traitements. C'est la méthode que nous chercherons à appliquer aux résultats fournis par les malades que nous avons eu à traiter.

Page 1