DU CHOIX A FAIRE ENTRE LES TRAITEMENTS
partenant à 38 individus. Sur ce nombre il est 2 malades chez qui l'influence du zinc est restée douteuse. Chez le n» 26, à côté du zinc, il a été fait plusieurs saignées, sans compter une hémorrhagie abondante. Chez le n" 19, dans la maladie primitive, le zinc et le selin ont été donnés successivement, par erreur, au moment même oîi les accès cédaient; il serait difficile de décider auquel de ces deux médicaments il faut attribuer la guérison. Nous éliminerons donc encore ces deux faits.
Les /i.2 cas qui restent, partagés en catégories d'après notre règle de pronostic, ont donné les résultats suivants :
Cas à pronostic favorable. . . 31 | ^ ^ * *
(Insuccès. . . 5
- , , (Guérisons . . 2
— — peu favorable. . . 5 < ,
"^ (iQsuccès. . , 3
— — défavorable. . . 6 | Insuccès. . . 6
En additionnant les résultats des deux premières catégories, on obtient : 28 guérisons et 8 insuccès, c'est-à-dire une proportion de succès de près de 8 sur \ 0 (78 pour 100).
La proportion des guérisons dans les cas favorables est un peu plus forte que le rapport général fourni par l'ensemble de nos traitements j mais les succès de la seconde catégorie sont au-dessous de la moyenne.
Toutefois le zinc soutient ici sa bonne réputation. Introduit dans la science par Gaubius, qui découvrit le secret d'un charlatan qui exploitait ce remède dans les maladies convulsives, ce médicament n'a pas cessé dès lors de compter en sa faveur des autorités aussi nombreuses qu'imposantes. Parmi les médecins de ce siècle, Odier le range au second rang, après la valériane, avant l'ammoniure de cuivre et le nitrate d'argent ; Hufeland le place à la tête des spécifiques
antiépileptiques. Sans doute, comme tous les autres remèdes dans cette maladie, il a eu ses détracteurs; mais nous croyons en avoir montré la cause à la fin de notre chapitre sur le pronostic particulier.
Nous avons fait avec le sulfate de cuivre ammoniacal 13 traitements chez 12 individus; mais il est un cas àélimiïiçf: Le sujet de l'observation 30, âgé de vingt-six ans, n'en prit qu'un gramme. Une telle cure ne peut être concluante.
Restent 12 cas, qui ont donné les résultats suivants :
. ^- e ui r> (Guérisons. . . k
Cas à pronostic favorable. . . 6 < ^ ^ „
(Insuccès. ... 2
— — peu favorable. . . 1 | Insuccès. ... 1
— — défavorable ... 5 | Insuccès. ... 5
En réunissant les deux premières catégories, on obtient k guérisons et 3 insuccès , ou une proportion de succès de près de 6 pour 10 (57 pour lOOJ.
Mais il n'y a eu aucune guérison dans les cas peu favorables.
Pour être juste néanmoins, il est nécessaire de faire remarquer que , dans les faits de notre série , le cuivre n'a jamais été administré qu'après un essai infructueux du zinc; tandis que ce dernier remède , dans le plus grand nombre des cas, a été donné avant toute autre médication. Les conditions dans lesquelles les deux remèdes ont été administrés n'ont donc pas été égales.
Parmi les médicaments préconisés dans l'épilepsie et qui sont restés dans la pratique, le cuivre est certainement le plus ancien : Arétéc, Alexandre de Tralles et Dioscoride conseillaient déjà Vœs m^wm (oxyde do cuivre). Malgré cette circonstance, ce médicament compte en sa faveur un nombre d'autorités un peu moindre que le zinc; mais depuis Weissman qui l'a remis en usage, il y a un siècle, il
DU CHOIX A FAIRE ENTRE LES TRAITEMENTS. Gll
peut s'appuyer sur des noms recommandables, tels que ceux de Van-Swiéten, Cullen , Odier. Joseph Frank ie mettait au premier rangj Hufeland au second, immédiatement après le zinc.
La valériane a été donnée, dans il cas, à 11 malades de notre série générale. Les résultats de ce remède ont été les suivants :
^ 1 •• r ui « (Guérisons
Cas à pronostic favorable, . . 7 < , *^ (Insuccès.
, ,, ^ (Giiérison
— — peu favorable. . , 2 < ,
(Insuccès.
— — défavorable. . . 2 | Insuccès.
Les deux premières catégories ensemble donnent 5 guérisons et k insuccès, ou une proportion de succès de 5 1/2 pour 10 (55 pour 100).
Mais il y a une guérison dans un cas peu favorable et touchant de près à la dernière catégorie: c'était une femme (obs. 48) ayant eu environ 300 attaques.
La valériane, conseillée par Dioscoride (si son phu était notre valériane officinale), a été remise en faveur par F. Golumna, qui en obtint sur lui-même un avantage marqué , sinon complet. Tissot a surtout préconisé ce médicament j il est allé jusqu'à dire : « Je suis persuadé que quand elle ne guérit pas, le mal est incurable. » La valériane , grâce surtout à M. Chauffard, d'Avignon (1), est peut-être dans ce moment le remède dont la réputation s'est le mieux soutenue en France. Odier la mettait au premier rangj Joseph Frank et Hufeland en faisaient cas , mais ils estimaient sa valeur au-dessous de celle du cuivre.
Le valérianate de zinc ne nous a procuré aucun succès j nous ne l'avons administré, il est vrai, que dans des cas défavorables où beaucoup d'autres moyens avaient déjà échoué.
(I) OEuvres de médecine pratique. Paris, 1848, 1. 1, p. 474.
Le selin des marais a été donné par nous dans 12 cas appartenante 12 malades.
Sur ces 12 cas , il en est un que nous devons éliminer : la jeune fille de l'observation 19 prit le selin immédiatement après une cure de zinc, au moment même oii les accès cédaient. Il est difficile de dire auquel de ces deux médicaments la guérison a été due. Nous devons également écarter le sujet de l'observation 30, qui ne prit, à l'âge de vingtsix ans, que 31 grammes de ce remède en huit jours.
11 reste 10 cas ayant donné les résultats suivants :
^ > ,. . ., ^ (Guéiisons.
Cas u pronostic favorable. . . 5 < ,
^ (Insuccès. .
- ., , (Guérison. .
— — peu favorable. ..il
(Insuccès. .
— — défavorable. . . U \ Insuccès. .
Les deux premières catégories offrent 5 guérisons et 1 insuccès , ou une proportion de succès de 8 1/2 pour 10 (86 pour 100).
Encore faut-il tenir compte d'une guérison dans un cas très peu favorable : la malade dont il s'agit avait dû arriver à 500 attaques environ, coupées, il est vrai, par deux grossesses exemptes d'accès.
Nous croyons que le selin n'a pas encore été employé en France comme antiépileptique. Il n'a point échappé aux consciencieuses recherches de Mérat et Delens (1) et de M. Delasiauve (2) ; mais ces auteurs n'en ont parlé que sur la foi des médecins allemands et suisses. Ce remède a été surtout vanté en Allemagne, et très probablement dans ce siècle seulement; car Henning (3), qui, comme biblio-
(1) Dictionnaire de matiire mtdicale et de thérapeutique. Paris, 1829 A 1834.
(2) Mémoire ciié.
(3) ()i(v. cité.