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sonnes, il n'en est guère de plus petites, et que son m tretien exige une dépense de quinze cents francs. Chaque famille étant composée d'environ quatre personnes, nous avons trois cents familles qui ont à payer chacune cinq francs. Qu'est-ce que cinq francs pour un intérêt aussi grave? Sans compter que la répartition proportionnelle réduirait pour un grand nombre cette contribution presque à rien en la doublant, en la triplant pour les familles qui sont dans l'aisance. Est-il à croire que la population protestante laissât anéantir le culte et la religion de ses pères pour s'épargner un sacrifice aussi léger que celui-là?
Et il ne faut pas que l'on juge de ce qui arriverait alors par ce qui arrive aujourd'hui pour des intérêts beaucoup moindres. Les Églises ne sont point organisées. Depuis longtemps leurs membres ont cessé de regarder les affaires religieuses comme étant leurs propres affaires, ils ne s'en occupent plus. Les appels que
I on fait à leur bourse n'ont rien de régulier, et dès lors ils sont souvent mal accueillis. Les protestants manquent d'esprit public sous le rapport religieux, parce qu'eux-mêmes, et leurs pasteurs, et leurs consistoires sont trop accoutumés à ce que leurs affaires se fassent sans eux, à ce qu'il y soit pourvu par une sorte de providence invisible. Ils sont donc éparpillés, presque séparés de l'intérêt religieux, et ne savent pas ce qu'on veut leur dire quand on leur propose quelque sacrifice pour les étendre, ou les assurer. Je parle en général.
II est de notables exceptions qu'il ne m'est pas permis d'ignorer. Mais que ces circonstances changent; que ceux-là mêmes qui paraissent les plus froids sentent que la conservation du protestantisme ne dépend plus que du zèle et du désintéressement de ses partisans, ils changeront de langage et de conduite, et nous les verrons accorder de bonne grâce beaucoup plus qu'ils ne refusent aujourd'hui. Bientôt tout se dispose, tout s'or-
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ganise, chacun s'intéresse davantage aux affaires de l'Église, on mel de l'amour -prçpre h les faire bien aller. Bientôt chacun se taxe : et cette contribution libre, volontaire, sans contrainte, sans publicité, devient aussi régulière, èj moins pénible à lever, que les contributions publiques. J'en connais des exemples frappants.
L'union des Églises entre elles, que l'affranchissement de l'action administrative permettrait de rétablir; la surveillance récipropre, les comparaisons qui en seraient la suite, et surtout le développement de l'intérêt religieux, quj serait la conséquence du mouvement imprimé par toutes ces circonstances, rendraient encore ces rentrées infiniment plus faciles que nous ne l'imaginons, en raisonnant d'après notre état actuel.
Les frais auxquels il faut pourvoir s'appliqueraient à quatre objets principaux: le traitement <Ms pasteurs et des fonctionnaires subalternes; la construction et les réparations des temples; l'entretien des académies; la correspondance et l'administration supérieure.
Ce que nous venons de dire sulîit déjà pour tranquilliser sur le sort des pasteurs, dans le cas où les Églises seraient livrées à elles-mêmes. 11 pourrait bien y avoir d'abord quélque changement. Certaines parties se classeraient autrement. Quelques endroits peut-être se trouveraient avoir un peu de superflu, tandis que d'autres n'auraient pas tout le nécessaire. Mais, après celte commotion inévitable, tout prendrait une assiette ferme: les pasteurs se rapprocheraient de leurs troupeaux, et les troupeaux de leurs pasteurs. Il y aurait plus d'affeçtk>n, plus d'intimité, plus de vie. Presque partout le troupeau s'en trouverait mieux et le pasteur ne s'en trouverait pas plus mal.
Et faut-il donc compter pour rien la faculté qu'auraient les Églises d'étendre le nombre de leurs pasteurs à proportion de leurs besoins et de leurs ressources, de
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régler les résidences, de modifier les circonscriptions, de diviser, de réunir, suivant les progrès de la population et de l'intérêt religieux? Sans doute, maintenant les consistoires possèdent une portion notable de ce droit; car, que leur resterait-il, s'ils en étaient dépouillés? Mais, pour obtenir de nouveaux pasteurs titulaires, il faut qu'ils s'adressent au ministre, c'est-à-dire, presque toujours, qu'ils surmontent d'abord la résistance des pasteurs déjà établis, pour se trouver, aussitôt après, en contact avec la résistance du ministre, encore plus difficile à vaincre. La chose n'est pas aisée ; et je connais plus d'un consistoire, plein du sentiment des besoins spirituels de son Église, qui n'en est encore qu'au premier acte de cette lutte herculéenne. L'établissement des suffragants payés par les consistoires, offre une ressource plus facile. C'est le consistoire qui connaît la siîuation de l'Église, les distances des divers lieux où se célèbre le culte, les intervalles après lesquels il est célébré dans le même lieu ; les inconvénients qui en résultent pour le développement ou pour le maintien des bonnes habitudes religieuses, pour l'instruction de la jeunesse, pour les consolations apportées aux malades et aux mourants. C'est donc lut qui doit être le juge des modifications à porter dans les circonscriptions existantes, et de la nécessité d'y introduire de nouveaux pasteurs et de nouveaux services, quand les contributions des fidèles lui permettent de les payer. La chose serait toute simple, et ne ferait pas un pli, si quelque pasteur titulaire, froissé peut-être dans son amour-propre, encore plus que dans son intérêt, n'en appelait au ministre, qui ne manquerait pas d'intervenir, comme à l'ordinaire, pour tout paralyser et tout enchaîner. 11 est dur, sans doute, pour un consistoire, de voir des paroisses en souffrance , où la religion dépérit, faute de culte et d'instruction, de posséder abondamment les moyens d'y remédier, et d'être pa-
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ralysé dans ses intentions bienfaisantes, el par le caprice d'un pasteur qui dépend de lui, et par la funeste habitude d'évoquer a Paris les affaires qui ne peuvent se terminer convenablement que devant les autorités locales compétentes.
Le second objet de dépense pour les Églises réformées devenues indépendantes serait la construction et la réparation des temples. Assurément c'est pour cette affaire que les secoures du gouvernement ont été et sont encore parfaitement utiles, car ici la dépense se présente tout. à la fois comme une masse effrayante. Le découragement en est souvent la conséquence. Le gouvernement, en faisant porter sur le même point un secours considérable , surmonte cette ditiiculté ; et son intervention a fait achever des temples, que les Églises, pour lesquelles ils étaient destinés, auraient difficilement entrepris.
Mais au fond, qu'est-ce que ce secours? En supposant, ce qui n'est pas, que les Églises protestantes reçoivent intégralement toute la part que les protestants ont à payer dans les sommes destinées par le gouvernement à la construction des églises et des temples, les fonctions du gouvernement, dans cette affaire, se réduisent à être le collecteur de ces contributions, et à faire construire par elles des temples, d'abord dans les endroits où le besoin en est le plus pressant, et successivement dans les autres. Je suppose que ce moyen de coordination vînt à manquer; je suppose encore que les Églises ne pussent pas parvenir à s'entendre assez bien entre elles, pour y suppléer convenablement; qu'ariiverait-il, au pire? Chaque Église, privée de temples, au lieu de payer pendant dix ans une somme de..., en attendant que son tour vienne d'avoir un temple ' construit aux frais de l'État, et de continuer à la payer pendant un temps indéfini après le temple achevé; chaque Eglise, disons-nous, n'aurait qu'à recueillir,
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pendant quelque temps, la même somme, ou une somme un peu plus forte, parce que l'impôt serait temporaire, et à l'appliquer immédiatement à l'édification de son propre temple. La construction serait plus lente, sans doute; parfois peut-être elle serait moins somptueuse; mais on la commencerait quand on voudrait et où l'on voudrait. Une fois commencée, le désir d'entrer en possession, la vue des efforts tentés et des succès obtenus dans les Églises voisines, tout contribuerait à la soutenir. Et l'on verrait ces constructions sinon plus rapides, du moins beaucoup plus fréquentes qu'elles ne le sont aujourd'hui avec le secours du gouvernement. La France protestante en serait bientôt couverte.
L'on ne peut nier qu'une forte impulsion n'ait été donnée depuis la restauration pour la construction des temples dans les Églises réformées. Avant cette époque, personne ne paraissait y songer. Le réveil de la religion et les secours plus abondants fournis par l'administration ont amené les résultats intéressants dont nous sommes témoins. De beaux temples se sont élevés dans quelques localités importantes. D'autres plus modestes ont satisfait aux besoins de quelques Églises rurales, et quelques-uns sont en construction. Mais de ces bienfaits reconnus, de ces secours bien appliqués ne faut-il pas déduire tous les embarras, tous les retards, et, pour tout dire, les obstacles invincibles, que les entraves sans nombre d'une administration jalouse et minutieuse ont mis à l'érection d'une multitude d'autres temples , qui, sans elle, seraient dès longtemps achevés, sons qu'il en eût coûté un sou à l'État? Tous les protestants d'une commune sont d'accord ; ils font entre eux une souscription authentique pour l'érection d'un temple , après lequel ils soupirent depuis longtemps. Il faut qu'ils surmontent d'abord la mauvaise volonté d'un maire fanatique et jaloux, qui leur suscite d'absurdes