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clergé hiérarchisé Qévites, prêtres et Dontitel Ceux qui raisonnent ainsi, regardent par le mauvais “bout de la lunette. En réalité, le ritualisme juif

. modelée sur un état de choses antécédent, mais pa n’a pu le reconstituer dans son épaisse massi-

- vité ; d’ailleurs, elle ne l’a point voulu ; elle avait | +rop %e sentiment qu’une pareille attitudé serait

une forfaiture à l'égard du spiritüalisme évangé-

lique. Celui-ci liait le salut à la régénération morale,

tandis que le salut, pour les Juifs, était lié à la

. naissance corporelle ; la grande affaire était d’ appar-

tenir à la « semence d'Abraham »,

- Telle était l’atmosphère où surgirent les proobèses. Au vire siècle avant notre ère, un culti- vateur de sycomores, le berger Amos, proclama subitement, auprès du sanctuaire de Bethel, que

* l'Éternel n ’exigeait point de ses adorateurs la

- célébration d’un culte. « Je hais, dit le Seigneur,

vos fêtes religieuses; arrière vos holocaustes ! Les

veaux engraissés que vous offrez en sacrifices

d’actions de grâces (1), je ne les regarde même

pas ! Epargne-moi tes cantiques ! Mais que la droiture coule comme un courant d’eau, et la justice comme une rivière intarissable. » Le prêtre Amatsia, indigné, cria: « Homme à visions, hors

- d'icil Va prophétiser ailleurs. Car c’est ici un

sanctuaire du roi Jéroboam. »

On comprend l’'émoi de l’officiant. Sans He

() En sacrifices € eucharistiques ».

Protestantisme. 4

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n’était nullement destiné à préparer un ritualisme ue chrétien. C’est l'Église, bien plutôt, qui s'est

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vraie direction d'un mouvement nouveau ; SOUS.

un ciel encore bleu, ces inquiétudes annoncent la tempête possible, *avec une sûreté de baromètre. -

Le sacrificateur flaira dans le prophète un révolu-

tionnaire ; car.le prédicant déclarait que l'Eternel

exige une société juste et fraternelle ! En somme,

‘il affirme qu’on touche à l'Etat constitué en touchant à la religion établie ; il dénonce dans le ° voyant un perturbateur de l’ordre social. Fions- | nous à ces réactions instinctives, pour indiquer la

le visionnaire propageait les paradoxes anarchistes

d’une morale «non conformiste », soit sur le terrain

- politique, soit dans le domaine économique.

Il faisait pis encore, il préconisait une piété

«anticléricale ». Il enseignait que l'Eternel regarde. :

au cœur, et que les cérémonies cuituelles restent

.vaines sans la conversion de la volonté au Très- Saint. Dès lors, les fidèles, pour aller à Dieu, se

trouvaient affranchis de tout recours obligatoire à la médiation d’un clergé, prédestiné à pareil

office. En réalité, le salut n’était plus lié à l’accep-

tation de certaines vérités, à la pratique de cer-

{ains rites, à l’obéissance méritoire aux ordres de

certains conducteurs.

Reconnaissons que le prophétisme, à l'état pur,

est ‘un explosif dangereux pour la solidité des

religions organisées. Or, celles-ci ont une mission

immense à remplir. L'homme n'étant pas, icibas, une âme désincarnée, 1l est normal que les serviteurs de l'Esprit saisissent l'être humain, en quelque sorte, par l’anse qui se présente, et qui est de nature corporelle. La Religion essaye de

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