LE « PROTESTANTISME » HÉBREU
sections de l’Ancien Testament doivent même,
sourde, ou de concurrence avouée, entre la religion - cérémonielle du Temple et la religion morale des Écoles de prophètes. A travers les documents de .- la Bible juive, on suit l’un et l’autre courant. æ Pour l’historien des religions, habitué à rappro- = cher, sur le terrain de la psychologie, des états d'âme séparés par les siècles ou par les formules, le prophétisme hébreu fut la première manifes- tation décisive, ici-bas, du « culte en esprit et en vérité ». On se tromperait, néanmoins, j y insiste, en supposant que le prophétisme spiritualiste s __ méconnaît la nécessité pratique du culte et la signification morale du rite. Si les cérémonies . religieuses n’ont point de valeur magique ou mira-. culeuse, elles possèdent une valeur esthétique et __ pédagogique d’une portée incomparable. La pro- = testation des prophètes visait, plus ou moins consciemment, à maintenir le caractère. symbolique __ des manifestations cultuelles, afin de mieux sauvegarder, au service de l'âme, les grandeurs morales ou spirituelles. -
Au fond, les prophètes accordent au rite “une
place d’autant plus assurée, qu’ils refusent de le matérialiser. C’est le fétichisme et la sorcellerie . qu'ils repoussent. Quand ils s’érigèrent, ici-bas, en protestataires, ils s’affirmèrent, avant tout, par
en partie, leur existence à une sorte d’émulation
- - une telle attitude, comme les porteurs d’une e
: k Révélation positive et spirituelle, celle-là même qui devait s'épanouir, dans l'Evangile, en la personne du Fils de l’homme,
SV