CROIRE EN L'ÉGLISÉ
fci l’on nous objectera : « Vous venez d'énoncer - une formule qui vous oblige à compléter votre définition de la foi, En effet, si l'Église est inséparable de son fondateur, le chrétien ne sera pas
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06 LE SPIRITUALISME DANS L'ÉGLISE à S
seulement celui quicroit en Jésus-Christ, mais celui qui croit en l’Église. Obéir à ses ordres, accepter ses enseignements, employer ses sacre-
ments, c'est encore communier avec son.
chef. » ;
Ce raisonnement n’est que spécieux, car le mot … « Église» y est employé dans deux sens différents. . Oui, l'Église organisme spirituel et mystique est
inséparable de son chef ; mais cette union, précisément, est si intime, que Jésus-Christ apparaît comme la Tête de l'Église ; il n’en est plus le simple . fondateur. Dans le domaine organique, la vie agit du dedans au dehors; c’est dans le domaine
matériel des choses, que l'architecte creuse et
construit du dehors. Dès lors, on emploie un langage inexact quand on déclare que Jésus a fondé l’Église. Pareil vocabulaire va nettement à contrefin, il tend à séparer l'Église et son chef, le corps et la tête. |
J'ai dit plus haut : « L'Église est née d’une expérience d'ordre spirituel. » On m'objecte « Donc elle est inséparable de son fondateur. » Cette image du maçon introduit une autre notion de l'Église, incompatible avec la première. Ou bien l'Église est une, spirituellement, avec l'esprit du Sauveur, — et alors, elle est indiscernable de lui, au point qu’il devient impossible d'employer cette expression inadéquate : « Jésus a fondé
-+ l'Église. » Ou bien Jésus a effectivement institué,
du dehors, une organisation ecclésiastique, équipée de pied en cap, avec son clergé, son credo et son
rite, — mais cette Église-là, de par sa constitution
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