PS
- terprétation dans le domaine doctrinal, n’em-.
pêchent point l'accord sur le fond. Le fait est là : . c'est le regard scrutateur et sauveur du Messie,
chrétiens. À cet égard, le chemin de Césarée ne diffère pas du chemin de Damas. L'humanité entière fut, comme Saul de Tarse, terrassée par l'apparition du Seigneur.
Et c’est toujours le même prodige qui se repro-= :
duit. Qui est jamais devenu chrétien par un autre moyen ? Assurément, tout disciple n'est pas honoré d'une vision matérielle du Rédempteur. Mais tout disciple de Jésus a conscience d'avoir été moralement subjugué par l'Esprit qui rayonne de lui, et dans l'Evangile, et dans l'Église. : Montrer qu'il s'affirme dans l'Evangile est — superflu. Il est plus utile d'expliquer de quelle ma- ‘nière ilse manifeste dans l'Église, où par l’Église. Cette proposition ne prétend pas lier la révélation spirituelle du Fils de l’homme, ou du Fils de Dieu, ‘à des moyens proprement « ecclésiastiques », au séns très spécial du terme. Une âme en prière devant l'Evangile ouvert, fût-ce dans une cabane forestière ou dans un dépôt de marchandises, recevra le choc révélateur avec autant d'intensité que dans un sanctuaire, par l'usage du sacrement. PU El Rien là d'’extraordinaire. On peut ne pas fréquenter les églises, et cependant être dans l'Église, une et indivisible, universelle et catholique, corps mystique dont Jésus-Christ est la tête.
Certains objectent : « Vous n'êtes pas hors de
£ PART : LPYESE. K; : F WA) 4 J À TEE | si nt nt LL ris hét ut ii
l'Église, mais vous faites partie seulement de son âme. », — Est-ce là un pis aller ? Cette âme, précisément, forme son corps mystique. Appartenir à l’âme de l'Église, c’est appartenir à sa. substance, qui n’est pas liée au corps visible des églises concrètes. Telle est la doctrine des théologiens romains eux-mêmes : «De notre église font partie, mais invisiblement, toutes les âmes absolument droites, qui ne l'ignorent, ne la méconnaissent, ou ne la combattent, que par un irresponsable et invincible malentendu. » (1).
Dès lors, quand même on compterait, sur la terre,
- autant de clochers que de maisons, il n'y aurait plus d'Église ici-bas, au sens vraiment spirituel et surnaturel du terme, si toutes les églises en exercice étaient vidées de vrais chrétiens. ;
Cette dernière expression surprendra en certains milieux ; ceux où, d'après le catéchisme, on devient chrétien par le baptême. Mais que signifie, au juste, cette affirmation ? — 19 Elle est, souvent, simple affaire de vocabulaire. Si l’on convient, sans plus, que les mots « chrétien » et « baptisé » sont interchangeables, le langage finira par identifier les termes d'homme et de chrétien, comme la paysanne citée plus haut. — 2° On objectera que le terme de chrétien, appliqué au baptisé, est plus qu'une question de lexique ; en effet, le sacrement ; « régénère » le nouveau-né ; il acquiert « la vie spirituelle dé la grâce » et le « titre, le caractère ineffaçable de chrétien, c’est-à-dire de disciple
(1) CH. JoURNET, L'Union des Eglises, p, 48. (Un malentendu peut-il être « irresponsable » Dares
TOB CP ALE SPIRITUAUISME, DANS L'éGusE
de Jésus-Christ. » (1) Mais la dénition n’est pas claire. Le chrétien serait-il, seulement, celui qui est
marqué d’un signe d’appartenance à J' Église ? On retomberait, alors, dans le domaine du diction-
naïre. Ou bien, le chrétien baptisé est-il un régénéré ? Si l’on entend par ce mot un fils d'Adam, lavé miraculeusement du péché originel par l’eau
baptismale, nous ne quittons pas le terrain de
la définition verbale : car il s’agit là d’une affirmation incontrôlable. Mais si l’on entend par la régénération un fait moral, une réalité spirituelle, ‘la « nouvelle naissance » évangélique, alors c’est à l'expérience de justifier l'affirmation. Or, l’expérience est mélancolique. Tandis que le Baptême, - d’après la doctrine, «nous rend enfants de Dieu », il se trouve qu'un sacrement supplémentaire, celui de la Confirmation, est nécessaire, pour nous rendre «parfaits chrétiens ». Et la Confirmation est complétée, elle-même, par le sacrement de la Pénitence, lequel «efface les péchés commis après le Baptême» et après la Confirmation, — en attendant que le sacrement de l’extrême-onction « efface les restes des péchés et quelquefois les péchés mêmes ». Il ressort de cet exposé que, dans les églises strictement sacramentaires, le baptême ne rend pas chrétien au sens oral, mais au sens
ecclésiastique duterme.— 3° Enréalité, le nourrisson
est placé, par son baptême, sous la discipline tutélaire de l’Église. Et s’il doit jamais devenir
effectivement chrétien (au sens classique et nor-.
(1x) Le Paroissial des fidèles, par Mgr Marbeau, avec lettre autographe deS. S. Pie X, en date du 31 janvier r910,
Fr
PAFONS
matif du terme, dans le Nouveau Testament),
cette évolution sera due à l'éducation chrétienne dans la famille, à l'influence d'une école d'inspiration religieuse, à l’atmosphère paroissiale, à. l'ambiance du sanctuaire, à l’emploi des moyens
de grâce traditionnels, en d’autres termes : à-l&
rencontre de Jésus-Christ dans l'Evangile, dans
l'Église, et dans le for intérieur, le Saint des
saints, où ’Esprit parle à notre esprit ».
C'est là, dans l'âme, que s'opère la révélation définitive. Un enfant qui aurait traversé toute la filière des sacrements sans jamais prier, lui-même, d’une manière qui engage sa personnalité profonde, ne serait pas chrétien, au sens plein, efficace, réel et surnaturel du mot. Mais si, par la prière, au
nom de Jésus-Christ, il communiait avec «le Père
des esprits », il serait authentiquement chrétien, même. sans recourir aux sacrements ecclésiastiques, puisqu'ils sont tous la menue monnaie
du seul sacrement, le mystère ineffable de l'union spirituelle entre l'homme (visible) et Dieu (invi- sible), dans le sanctuaire de la conscience.
Au surplus, quelle que soit la manière dont une âme se christianise, elle ne subit pareille métamorphose qu'à travers l'Esprit divin tel qu'il se manifesta en Jésus-Christ ; et cela, directement par l’influx de la Grâce, ou indirectement par les moyens de grâce. D'une façon ou de l’autre, il faut donc, toujours, rencontrer le Sauveur. Le chemin de Damas ! ‘ è
. En résumé, l'acte matériel du baptême n'a,
jamais, transformé. spirituellement une créature