‹ Du protestantismeChapitre 48 sur 85 · SE · texte numérisé non relu

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LE | ROMANISME LPS St EX | süivants : : son romanisme anticatholique et so x infaillibilisme añtiscripturaire.

Le romanisme. = Par cette expression nous ne visons pas, avant tout, le fait que la formule « catholicisme... romain » a presque la valeur d’une. antithèse ; pareil assemblage de mots résonne d’une manière aussi bizarre que les titres suivants : universalisme… provincial, œcuménisme.…. sectaire, internationalisme... nañional. IL va de soi que . le substantif « catholicisme » ne supporte aucune __épithète limitative ; tout adjectif emprunté à la géographie le vide, fatalement, de sa substance. L'esprit ne supporte pas un christianisme autre que «chrétien ». Tout christianisme étant, par définition, universaliste ou catholique, il est intolérable, pour la raison, que le christianisme se contredise lui-même en cherchant une connotation restrictive, empruntée soit à l’espace (christianisme grec, ou romain, ou anglican), soit au temps (christianisme ufhérien, où calviniste, ou wesleyen). On répond que l'expression « catholicisme romain » ne prétend point fixer le catholicisme œcuménique sur un point de la planète ; mais spécifier l’endroit d’où il rayonne sur le globe. Cette observation est inacceptable, si le termé de « catholicisme » romain est interprété dans le sens d’ « église » romaine ; car les prétentions mêmes de ladite église, en ce qui regarde sa fonda : tion apostolique, exigent la fixation topographique . dans le cadre des sept collines ; èt ces prétentions, nous le verrons’ plus loin, équivalent à un simple * postulat. Mais si, d'autre part, le terme de « catho-

licisme » romain est Re a. 2 sens … . christianisme, où encore d’Evangile…. « romain», la

contradiction indiquée plus haut éclate. Certes,

si le Sauveur du monde était né en Italie, s’il aväit vécu dans le Latium, et si on l'avait crucifié à Rome, il existerait un Evangile romain. Mais

c’est en Palestine que le drame de la Révélation en Jésus-Christ s’est déroulé ; c’est le sol de la

Judée que rougit lesang du Rédempteur; et puisque . «le salut vient des Juifs », selon le quatrième évangile, un seul nom de ville évoquera jamais,

pour l’humanité entière, la Terre sainte, — c’est le nom béni de Jérusalem. , - Néanmoins, la géographie n’explique pas notre

opposition au 7omanisme proprement dit. Le terme

exprime, en réalité, un état de choses, une insti-

tution de fait sinon de droit, mais peu à peu maxi-

mée ; un ensemble d’accrétions historiques, de

traditions ecclésiastiques, de privilèges et de

jurisprudences, de prétentions codifiées et de programmes politiques à longue échéance, qui

constituent l’administration cléricale siégeant au: Vatican, la Curie romaine. Celle-ci tient le pape

captif, et par lui elle enserre l'Église, réputée « catholique », dans la camisole de force du « roma-

nisme ».

Un très beau livre de Fogazzaro, Le Saint publié” en Italie par un catholique fervent, vers le début

du présent siècle, essaya de grouper les nostal- :

giques espoirs et les idéals généreux des âmes évan-

géliques, dispersées dans l’église ‘romaine, celles

qui soupirent après un réveil spirituel dans l’éta-

ICS Te Me TE ROMANISME BAPE AUS

DA tique appel au cœur et à la conscience du souverain pontife, père des fidèles ; il le conjurait d'élever - la voix du prophète, et d’arracher l’Église aux

voilés, il le suppliait, pour l’amour du catholie cisme, de desserrer l’étreinte du romanisme. Le

Vatican ferma la bouche au téméraire, et le livre + disparut.

De même que les te réformatrices du tzar, en Russie, se heurtaient au conservatisme implacable des grands Ducs, de même, s’il faut

-en juger par le passé — (mais l’avenir est à Dieu!) — les tentatives d’un pape libéral pour évangéliser l’église romaine seraient brisées, aujourd’hui, par sa garde prétorienne, la Curie, qui veille avec

. jalousie sur les privilèges attachés au règne ponti-

- fical. Non qu’elle y cherche, toujours, un profit personnel, ou une satisfaction patriotique (bien

: blissement Saba Toner eee un pathé-

ornières cléricales où elle s’enlise, pour l’orienter … vers les horizons du Royaume de Dieu. En termes

que le collège des cardinaux, habilement composé

d’une majorité d’Italiens, semble envisager la triple tiare comme le monopole de l'Italie) ; mais l'administration qui siège autour du pape reste

fidèle à l’absolutisme de Grégoire VII et d’Inno- -

‘cent IIL ; elle considère que l'Église déserte son poste et ‘trahit une mission divine, dès qu’elle

cesse de régir d’en haut le muet troupeau qu ‘ele

entoure de chiens vigilants.

. Le romanisme, ainsi compris, est le pire ennemi du catholicisme et, par conséquent, de l’univer- -salisme chrétien, ou du christianisme tout court.

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