‹ Du protestantismeChapitre 51 sur 85 · NE LE ROMANISME MOTOL · texte numérisé non relu

NE LE ROMANISME MOTOL

une bénédiction parfaite pour le genre humain, les textes authentiques ne permettent pas d’affirmer que l'institution papale soit due, expressément, à une volonté formelle de Jésus. Il est inexact que l'Esprit divin fut versé dans les premiers apôtres, et transmis de clerc en clerc, selon le principe physique des vases communicants.

Et c’est pourtant là ce qu’une certaine hypothèse ; exigerait ; car elle postule une tradition opérée corporellement, selon le pointillé d’une juxtaposition d'organismes échelonnés. Comme les soldats romains marchant à l'assaut « en tortue », sous un toit de boucliers, les prêtres avanceraient dans le monde sous un dais de mains imbriquées, dont la seule imposition rituelle projette le fluide sacré. Mais il est impossible de démontrer que la suc-. cession apostolique, ainsi -entendue, soit restée sans brisures. Dans un tuyau d’adduction, long de cinquante kilomètres, une rupture large de cinq centimètres empêche l’eau de parvenir au but. Or, qui oserait soutenir que, durant le premier siècle de notre ère, tous les « anciens » (presbytres), et tous les « surveillants » (évêques), de l'Eglise aient reçu et transmis, selon les règles édictées plus tard, et avec les précautions rituelles jugées aujourd’hui indispensables, un Saint-Esprit de nature spéciale, réservé au clergé ? :

Le romanisme s’est constitué inconsciemment, sans programme élaboré, par opposition au judaïsme et au paganisme,; cependant, il leur emprunta maïnts éléments étrangers à sa véritable essence, à l’authentique génie de l'Evangile. Et une fois

Protestantisme. | II

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| échafaudé son magistère ecclésiastique, il défendit

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ses positions avec une implacable rigueur. Seul, l'instinct de conservation assure pareille ténacité . dans le dessein, pareille dureté dans l'exécution, La Rome impériale, défendant son terrier, avait figure de louve. La Rome papale eut-elle figure de brebis ? . 4 Pourtant, ses pires excès ne furent pas ses froides cruautés, durant de longs siècles, contre les corps, mais ses attentats délibérés contre les âmes, empoisonnées systématiquement de mensonge.

Que de légendes, que de contresens, que de textes manipulés, que de falsifications voulues ! Quels étranges matériaux dans les fondations de l’édi- fice ! Le soubassement du trône pontifical sonne creux, à l'endroit des Fausses décrétales. Avant le Concile du Vatican (1870), un noble fils de : l’église papale, le père Gratry, mena une campagne courageuse contre le dogme imminent de l’Infaillibilité. Il rappela que le pape Honorius, au vire siècle, avait soutenu dés vues contraires à l’orthodoxie sur les rapports de la divinité et de l’humanité en Jésus-Christ, et qu’il fut proclamé hérétique par trois Conciles œcuméniques. L’anathème prononcé contre lui fut inscrit au bréviaire romain. Et le père Gratry de s’écrier : « Nous avons devant nous une école d'erreur, fondée sur la passion, l’aveuglement, l’emportement. Dieu a-t-il ‘besoin de vos. mensonges ? » Une fois promulgué le dogme,

- il fit soumission, la mort dans l’âme,

Depuis lors, le cycle de l’évolution romaine est achevé. L'église papale, concentrée dans son che,

n’a plus besoin pour se guider de récourir À la tradition écrite, ni à la tradition orale : Roma locuta est, causa fimita est. Le pape ouvre la bouche ? Le ciel a parlé. « Voix d’un dieu et non d’un homme! » S’écriaient les courtisans du roi Hérode. « Au même instant, rapporte l'écrivain sacré, un ange du Seigneur le frappa, car il n'avait pas donné gloire à Dieu. » L'impie Hérode persécutait l’apôtre Pierre. Celui-ci, aujourd’hui, sur le trône du Vatican, revendique à son tour le même hommage.

Parlant ex cathedra le pape est, désormais, au-dessus de toute erreur quand il définit la doctrine. Il ne s’y est jamais risqué. Toutefois, le pontife bénéficie, en de multiples domaines, d’un halo d’infaillibilisme. Pécheur lui-même, tenu de se confesser et de recevoir l’absolution au tribunal de la pénitence, il affirme, solennellement, qu'il incarne un Absolu. En ce qui regarde le passé, il ne peut ni se rétracter, ni s’humilier pour l'Église ; il ne peut se repentir, en son nom, pour les crimes perpétrés contre le corps du Christ en la personne des hérétiques et des schismatiques, torturés à la carthaginoise par l'Inquisition. Situation tragique,

Or, avant même le Concile du Vatican, le Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique (1) s’exprimait en ces termes : « Catholicisme. Ce mot désigne une secte, un parti, et par conséquent est injurieux pour l'Église catholique, qui se proclame l’Église véritablement unique. Le

(r) Traduit de l’allemand, en 1869, par le chanoïne GoscuLer, et muni de multiples approbations ecclésiastiques.

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catholicisme » (au sens de l’auteur) « est la pleine |

Æ reconnaissance de l'autorité fondée par le Christ dans son Église, pour tous les hommes et tous les © temps, et la foi absolue en tout ce que l’Église.

__ propose de croire, sans exception et sans distinction, et par cela seul que l'Église l’enseigne. Il est par là essentiellement l'opposé du protestan-

- tisme, qui n’est pas autre chose que la négation de l'autorité instituée par le Christ dans son Église, et l'affirmation de l'autorité individuelle et abstraite de chacun, devant seule être crue, étant l'autorité unique, la seule en vertu de laquelle on croit. »

Depuis le Concile du Vatican, pareille attitude n’a cessé de se confirmer, irrémédiablement.

Ex. Telle étant la définition du romanisme par % lui-même, on ne s’étonnera point que Martin Luther, illuminé par l'Evangile de Jésus, et renou-

__ velant la tradition prophétique, ait jeté au feu la bulle pontificale qui lui signifiait l’anathème.

Le ; 4. LE POSTULAT

Il avait compris que le postulat papal supprime, en définitive, les droits de la personnalité chrétienne à l'inspiration ; d’après la thèse, Dieu ne parlerait pleinement à la conscience individuelle qu'à travers le clergé romain. Celui-ci refuse de . reconnaître l'autorité du Saint-Esprit, soit dans

. les âmes, soit dans la Bible, lorsque l'expérience religieuse lui paraît contredire certaines définitions, constitutives de l’église romanisée. Encore,

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