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D he. es qi. je
es à son catholicisme nel Fréson. À
collectif de toutes les églises chrétiennes, lesquelles forment ensemble le corps mystique de Jésus-
Christ, l’Église une. Ce que l’église « romaine »
a de spécifique, au sein de l’Église universelle, c'est
justement son «romanisme. » Là s’affirme son originalité. En critiquant ce trait particulier, en
essayant de surmonter ou de détruire cette défor-
mation spéciale, la chrétienté non papale, bien loin d’affaiblir le christianisme, l’affermit ; elle restitue l'Evangile, le confirme et le glorifie. Contre une fausse doctrine cléricale du « spirituel », contre un «spirituel » temporel, la véritable Église catholique, aujourd’hui, élève les droits
souverains du surnaturel moral et le devoir de -
la spiritualité.
Protestantisme. 12
no: CHAPITRE II
Ye Le « spirituel » sacramentaire :
FOR Ritualisme
5e I. L'UNIQUE SACREMENT SPIRITUEL ‘FFE | ;
Un théologien a salué, dans l'Église chrétienne,
«la grande Université morale du monde ». Ne lui ,refusons pas l’honneur d’être, aussi, l’école du | EU spiritualisme évangélique. Elle l’est, d’abord, en | principe, malgré les déviations pitoyables et les QUE inquiétantes régressions qui exténuent, trop souvent, son influence ; elle l’est aussi, plus ou moins 10e parfaitement, dans Ja pratique, puisqu ’elle aspire à être un conservatoire de la vie spirituelle ; elle veut protéger et propager l'Esprit. À cet égard, SuPê $ les églises sacramentaires et les églises prophétiques ont le même but : affranchir l’âme de ses liens ; rendre l’homme à la « liberté glorieuse des fils de
lettes : « Déliez-le, et laissez-le aller ! » 2 Mn, Niles Églises de la parole ne prétendent abolir gts = Je rite: niles Églises du rite ne prétendent s’affran- R È chir de la parole. Dans quelle mesure les unes et
‘Dieu » ; dépouiller Lazare momifié de ses bande-
LE RITUALISME 179
les autres, parviennent-elles à Sauvegarder la Suprématie de l'Esprit ? Seule question essentielle, et qui intéresse les destinées Supérieures de l’humanité. :
Cela dit, la vérité oblige à constater les divergences profondes, sinon radicales, entre les deux types d’églises. Différences affirmées, sur le terrain historique, par le fait suivant. Puisque le schisme du xvie siècle fut une réaction catholique du spiri- ‘tualisme chrétien contre l'interprétation papale du spiritualisme évangélique, il semble que les églises de la Réforme auraient dû, logiquement, rejoindre les églises orientales, groupées contre Rome par le schisme du xre siècle. Or, seule une vue superficielle des choses identifierait le protestantisme avec l’antipapisme. En réalité, l’église romaine et l’église grecque forment un même bloc ritualiste, dominé par le concept sacramentaire de la religion ; en face de cette notion sacerdotale du christianisme se dresse la notion prophétique ou protestante (x).
Je m'abstiens de penser que la première est de tendance matérialiste, et que la seconde est de nature uniquement morale : puisqu'il s’agit de deux spiritualismes fonciers, divergents par leurs méthodes et leurs voies d'accès vers l’âme. Cependant, il reste que leurs formules et leurs procédés les différencient gravement, Sans compter qu'ils
(1) L'église qu’on nomme anglicane en Grande-Bretagne, épiscopale aux Etats-Unis, semble concilier, pratiquement, l’une et l’autre notion, juxtaposées par’ une espèce de Concordat « pragmatiste » : Sage compromis où synthèse vivante ?
obtiennent, souvent, des résultats fort divers et de valeur inégale. | +. Avant d’opposer, par contraste, ces deux chris- tianismes, louons les bénédictions, liées au sacre- . ment, qu'ils proclament ensemble. .
__ D'abord, il désintellectualise la religion ; l'axe de la piété ne passe plus par le cerveau, mais par le cœur ; alors que telle formule doctrinale
mettrait en conflit deux esprits sincères, ceux-Ci
communient dans le même acte symbolique.
Mentalement, ils peuvent l’interpréter d’une manière différente ? Moralement, ils s'accordent pour lui attribuer une même orientation vers
un même idéal. — Ensuite, le sacrement, qui rapproche les âmes, rapproche par là même les | classes, les nations, les races, car il saisit l’homme au centre de sa personnalité. Il n’a point besoin
. d’être interprété. On traduit un discours, non un . sourire d'amour ou un regard de souffrance. — Notons encore ce’ fait : le sacrement individualise la Grâce. La prédication vise l’assemblée, le sacrement atteint l'individu ; celui-ci demeurait caché, :
Æ anonyme, dans une collectivité ; le voilà seul, ® __ appelé par son nom, touché par un rayon de. __ Dieu. — Enfin, le sacrement secoue notre somno-
.Jence, il nous arrache à l'attitude auditive et passive, il nous oblige à prendre position par un acte ; au point de vue pédagogique, il rend les … mêmes services, décisifs, que le « banc des péni- | tents » dans une réunion salutiste ; le pécheur F] coupe les ponts derrière soi. Et l'influence du sacre- . ment se renouvelle ; il ne déclenche pas seulement,
LE RITUALISME
mais il soutient, il excite, le travail personnel de > 4 ___ la sanctification par une discipline méthodique a Brede là vie intérieure. 4326
7 Ces rares bienfaits sont absolument indépen- dants d’une théorie quelconque sur l’origine des sacrements chrétiens. Puisque j'ai mis en relief un protestantisme biblique, je suis prêt à découvrir, | également, un ritualisme scripturaire. Mais quelle 7 4 est sa véritable portée ? On peut envisager les deux ; tendances comme les éléments complémentaires À d’une seule réalité ; tels ces gaz qui se combinent pour former un milieu respirable aux poumons. Cependant, une atmosphère devient toxique, dès 208 que les gaz constituants ne sont plus réunis dans : l'équilibre convenable. Qui niera que la Bible __ contienne, côte à côte, une religion sacerdotale et une religion prophétique, une religion du sacrement et une religion de la prière, le culte sacrificiel du temple et le culte parlé de la synagogue ? La question vitale est de savoir dans quelle proportion ces idéals sont respectivement combinés ; lequel doit s'affirmer primordial ?
Pour qu’un «idéal » soit vraiment telle suffit pas qu'il soit antique, indiscernable des élans spontanés de l'ancêtre primitif ; l'idéal majeur est parfois, au contraire, le plus récent, le plus original, le plus combatif, celui qui ne Sens rait pas «monté de lui-même au cœur de l’homme», y un idéal révélé, incarné en des personnalités eréatrices. L’'Ecriture sainte, ainsi interprétée, place en relief les annonciateurs du message spiritualiste, les porteurs du flambeau spirituel, ceux qui
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. phètes et des psalmistes dans l'Ancien Testament,
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renversèrent leur torche dans la jungle des superstitions, et incendièrent le fourré des vieilles religions. « Je suis venu jeter un feu sur la terre |! » clamait le Messie. | Quand on examine certaines pages des pro-
quand on scrute les évangiles et les épitres, on ne peut échapper à l'impression irrésistible que la divine et immortelle nouveauté apportée par le livre inspirateur fut, précisément, la proclamation des inspirés, l'appel à la vie spirituelle, le témoignage rendu à l'Esprit. C’est un fait que George . Fox, au xviie siècle, à force de méditer les Ecritures, aboutit aux conséquences extrêmes du spiritualisme radical : plus de clergé, plus de culte,
plus de sacrements : « Dieu sensible au cœur. »
Visionnaire, comme le diacre Etienne, et pionnier
d’une ère nouvelle, il propagea son radieux message, malgré la persécution, avec une sérénité,
une ténacité douce, une héroïque suavité, une franciscaine tendresse, un pacifisme galiléen, qui lui méritèrent le surnom, ou l’auréole, d’ «illuminé ». En effet, certains visages reflètent la « Lumière du monde ».
L’attitude adoptée, avec lui, par la Société des ‘Amis, est d’une logique impeccable. Les églises les plus sacramentaires l’avouent implicitement, quand elles essayent d'assouplir certains dogmes afin de sauvegarder, en pratique, les droits souverains de l'Esprit. Théoriquement, elles admettent que Dieu n’est pas lié aux sacrements ; et qu’en des
circonstances donnéees, la grâce baptismale et la
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LE RITUALISME 183
grâce eucharistique, par exemple, sont octroyées à l’âme sans recours à aucun rite matériel. Cependant, elles maintiennent que l'institution du sacrement peut se prévaloir de l’autorité biblique. Elles avancent deux postulats, qui se commandent. Voici le postulat primitif : Jésus-Christ a cons-. titué un clergé hiérarchisé, monopolisateur d’un Saint-Esprit de « première zone ». Voici le postulat dérivé : Jésus-Christ a institué un système sacramentel, par lequel est transmis aux fidèles un Saint-Esprit de « deuxième zone », canalisé.
On aperçoit quelque chose d’analogue dans la ruche : les abeilles, fabricatrices de miel, en gorgent les larves. Mais à celles-ci poussent des ailes, annonciatrices de l’insecte adulte. Or, si le clergé nourrit la masse infirme des laïques, il leur interdit l’espérance de parvenir à l’état parfait. Pareil système ecclésiastique n’a point de base dans le Nouveau Testament. ;
Saint Paul, par exemple, éprouva la « présence » de Jésus-Christ en dehors de la théorie des « sept sacrements » du ritualisme oriental et occidental. Toute institution sacramentelle, organisée du dehors, est surajoutée à la réalité spirituelle du sacrement fondamental dont vivent les chrétiens unis au Seigneur.
Ici encore, s’affirme la distinction entre l'Église vue du dehors, et l’Église aperçue du dedans ; la première est l'Église fondée par Jésus-Christ, et donc autre que Lui; la seconde est l'Église née de Jésus- Christ, inséparable de Lui, une avec son Esprit.
La théorie sacramentaire est une rupture avec
la a AREAS ae s re ainsi dans le Nouveau Testament : «Moi et le Père, nous sommes un... Je suis le Cep, vous êtes les sarments.»
Paroles décisives du Maître auxquelles font écho celles du disciple : « Il vit en moi. » D’après
‘ces textes fondamentaux, la réelle Présence est, avant tout, de nature spirituelle (ce qui ne signifie
pas «idéelle »). L” expérience sacramentelle est donc de nature mystique et métaphysique ; tandis que la fhéorie sacramentaire, élaborée par les clergés ritualistes, est de nature sacerdotale et historique. Elle appartient à un plan secondaire.
Assurément, la pratique sacramentaire, au
sens ritualiste le plus fort, n'empêche pas le chrétien authentique, le vrai disciple, de communier spirituellement avec le Seigneur. Et d’autre part,
il ne suffit point de prononcer le mot « symbole »,
au lieu du mot « sacrement », pour être transporté ee le royaume de l'Esprit. Ta réalité reste celle-
: quels que soient les enseignements variés qui
+ cours, dans: la chrétienté actuelle, sur les diverses manières de croire en Jésus-Christ, — la
foi qui régénère, la foi salvatrice, est substantiellement identique, dans son essence intime et son orientation profonde, pour tous les chrétiens sans
exception. Car « Jésus-Christ est le même hier,
aujourd’hui, éternellement. »